Une loi naturelle tenue sous le boisseau

Date: 
03 mars 2014

Une loi naturelle reste cachée dans les replis de l’économie de marché. Le législateur la rendra plus active en recentrant la concurrence sur la comparabilité — un concept dont la rareté actuelle en analyses et prescriptions économiques est révélatrice[1] :

  • C’est cette loi qui justifie le plus rationnellement pourquoi le droit de la concurrence et sa jurisprudence doivent permettre l’empêchement ou le démantèlement de concentrations. Une banque universelle est une concentration, comme l’est une compagnie d’assurances qui a créé ou avalé en son sein une banque, une agence de voyage, demain un opérateur en télécommunications, un constructeur de maisons individuelles, un réseau de cliniques et de maisons de retraite. De même, une super-centrale d’achats concentre des négociations tarifaires. Etc.
  • C’est aussi cette loi qui recèle la résolution d’un problème de gestion réputé sans solution non arbitraire : celui de la répartition des coûts communs à plusieurs sections productrices de marge au sein d’une même entreprise.
  • Et c’est encore cette loi qui ouvre la perspective d’un assainissement de la pratique des « prix de transfert », ces montants qui entre établissements d’un même groupe se créditent à l’instar de ventes et se débitent à l’instar d’achats.

Les énoncés les plus exacts de cette loi restent encore de prime abord ésotériques. Commençons donc par constater que la concurrence est défaillante quand elle ne réduit pas les inégalités des rentabilités directes de même appartenance.



[1] La critique de la néoclassique concurrence pure et parfaite (dont celle de Schumpeter, notamment afin de faire valoir la destruction créatrice qui a rendu fameux le nom de cet économiste) n’a pas encore débouché sur une reprise en main théorique puis juridique de la concurrence telle que la comparabilité des prix et des qualités d'offres à des fins semblables en soit la clé de voûte.