116 - Jeudi 10 décembre 2009, épisode 12

warning: Creating default object from empty value in /home/atelierpa/www/sites/all/modules/image_filter/image_filter.module on line 191.

Annonces

  • Un nouveau livre de Paul Fabra vient de paraître. Ses références sont données à la page suivante: le capitalisme sans capital.
  • Tout le chapitre 2, La marchandise, des Propositions premières est maintenant consultable sur le site sans avoir à télécharger un fichier PDF. Le téléchargement n'en reste pas moins possible mais l'édition web offre des possibilités de navigation et de réactions (commentaires) qui sont de jour en jour de plus en plus utilisées par les étudiants de tout âge.
  • C'est pourquoi il en ira progressivement de même des chapitres suivants. Mais patience, c'est un gros travail.

Feuilleton de science économique, épisode 12

Caractéristique 4 : Toute marchandise a une valeur d’usage, ou utilité, et une valeur d’échange, ou prix.

Une valeur d’usage d'un objet est une appréciation sur son utilité, effectivement constatée ou supposée. La valeur d’échange d’une marchandise, ou rapport d’échange d’une marchandise contre une autre ou contre une quantié de monnaie, est son prix. Adam Smith : « Il n’y a rien de plus utile que l’eau, mais elle ne peut presque rien acheter. Un diamant, au contraire, n’a presque aucune valeur quant à l’usage, mais on trouvera fréquemment à l’échanger contre une très grande quantité d’autres marchandises. »

Tout objet, et partant toute marchandise, a presque toujours plusieurs valeurs d’usage. Par exemple, de l'eau sert non seulement à désaltérer hommes et bêtes mais aussi à laver, à faire cuire ou chauffer, à refroidir, à générer de la vapeur, etc.

Représentation graphique de la valeur d'usage

Dans la théorie économique contemporaine (néo-classique), l’accent est mis sur la valeur d’usage. C’est l’utilité qui sert de référence à la théorie des prix selon le schéma simplifié suivant :

1. Besoin, utilité et prix (prix =  valeur d’échange), sont amalgamés. On ne dit plus : « J’ai besoin de 3 litres d’eau pour être désaltéré » mais « Mon besoin est satisfait lorsque j’obtiens l’utilité de 3 litres d’eau pour 1 euro ».

Représentation graphique de l'utilité chez les néo-classique
Le besoin et l’utilité couplés aux prix
 

2. On peut alors construire une courbe de demande, variation selon la hauteur du prix de la quantité de marchandise « demandée » à ce prix. Cette courbe est ensuite mise au regard de celle de l’offre, variation selon la hauteur du prix de la quantité de marchandise « offerte » à ce prix. Le croisement des courbes est censé donner le prix qui va le plus souvent tendre à être pratiqué.

Réprésentation graphique de la courbre offre-demande
Le ciseau à tout expliquer

Eléments d’analyse

1. L'affirmation que la loi de l’offre et de la demande explique la formation de tous les prix élude des questions essentielles, comme celle ayant trait à la nature de la concurrence (entre les acheteurs ou entre les producteurs) ou celle corrolaire sur la place du coût de production et du profit. Par exemple, puisé dans l’actualité : est-il normal que le prix du lait payé à son producteur reste inférieur à son coût de production augmenté d’une marge de profit ? Cela durera-t-il jusqu'à ce que le lait ne soit plus plus produit que par un tout petit nombre de grandes et très grandes entreprises qui le conditionnent et le transforment tout en se livrant à plus en plus de manipulations commerciales et financières qui leur permettent de prendre part au maximum de « création de richesse pour leurs actionnaires » ? Où sera donc passé la concurrence entre les producteurs?

2. Dans la « loi » de l'offre et de la demande, tous les prix sont censés avoir un déterminant commun; en réalité ce n’est manifestement pas le cas: penser aux prix respectifs du sel, d’un ordinateur, d’une œuvre d’art, d’un placement d’épargne (intérêts, profit), du travail (salaires).

3. Ce déterminant réputé commun est de nature subjective afin de faire de l’économie politique la « science de la satisfaction des besoin des hommes ». Le risque est grand de passer à la trappe des déterminants objectifs. Ce risque se réalise sur le terrain quand de plus en plus d'entreprises fixent leurs prix de vente bien plus à la tête du client comme on le dite familièrement, qu'en fonction de coûts et d'un profit normal. Et c'est également ainsi qu'on en vient à des salaires sensiblement différents jusqu'au sein d'une même organisation pour exactement les mêmes services fournis en contrepartie par les salariés : la cote d'amour fait pendant à la tête du client.

4. Dans l'univer de l'offre et de la demande, la spiritualité et la sexualité deviennent des activités économiques potentiellement tarifables puisqu’elles sont utiles à l’homme. La porte est grande ouverte à ce qu’il est convenu d’appeler « l’économisme » et à la perte de valeurs par confusion des genres qui s'en trouve cultivée.
 

La valeur d'usage condition indispensable à l'existence d'une valeur d'échange

En partie chez Adam Smith et d’une façon logiquement mieux établie chez Ricardo, l’un des fondements des prix de la majorité des marchandises vendues par les entreprises est un rapport de quantités de travail -- une valeur d’échange marchand est par définition un rapport de quantités. La notion d’utilité n'est pas rejetée pour autant. L’existence d’une valeur d’usage d’une marchandise est au contraire considérée comme étant une condition indispensable à la survenance d’un échange dont cette marchandise est l’un des termes.

Périodicité du bulletin, évolutions du site et de l'Atelier

  • Il reste prévu de parvenir dès que possible à l'envoi du bulletin tous les dix à douze jours. En nous organisant mieux, nous allons y arriver.
  • Sur des évolutions du site et de l'Atelier en cours de choix, voir Appréciations et suggestions de Lucien Contrepoint. Des commentaires constructifs à cette contribution sont autant d'aides à l'instruction de ces choix.

DM & AL

REAGIR