147 - Mardi 23 novembre 2010

Le texte placé ci-après sous le trait continu n'est plus, dans la section Science économique, celui de la proposition 4.2.2. Ce que cette argumentation comporte de bien venu sur le fond est susceptible d'être repris dans une révision ultérieure de la proposition 3.2 de la même section.

Réforme de la sous-traitance, finances publiques

Réforme de la sous-traitance :Thierry Charles nous tient informés.

Finances publiques : étude de Jean-Bernard Mattret en réponse à la question : Un État peut-il faire faillite ?

Chemin faisant

Chemin faisant, l’organisation de l’Atelier Paul Fabra se précise. Cela se constate par la consultation de la section But et organisation du site. D’autre part, est aussi à lire sur le site, venant de Jacques Bichot, une remarquable réponse (qui comporte un lien permettant à de faire connaissance avec cet économiste). 

DM  


 

Ce qu’une définition du profit ne postule pas contribue à la rendre recevable.

1. Le plus possible de profit n’est pas une norme que l’économie de marché oblige les entreprises à respecter.

Une théorie construite sur le postulat contraire n’est pas, sur ce point, scientifique. Deux raisons au moins font qu’il en va ainsi.

D’une part ce plus possible n’est pas un impératif objectif : les entreprises ne sont pas inéluctablement asservies à un maximum à l’avantage de leurs propriétaires ou dirigeants (proposition 3.2et, sur la définition de l’entreprise, proposition 3.1). D’autre part, le postulat contraire enferme dans une pétition de principe, ce paralogisme qui consiste à tenir pour vrai ce qui est à démontrer.

2. Un taux suffisant de profit sur capital est-il une norme qu’une économie de marché est à même de faire prévaloir ?

Il est méthodologiquement fautif de postuler une réponse positive à cette question. Mais il l’est également de placer au commencement de la théorie de l’économie de marché un a priori qui détourne de l’apport, au cours de l’élaboration théorique, d’une réponse positive.

3. Une affirmation sur une sorte de gain est une définition à une condition.

La propriété que cette affirmation énonce doit indiquer ce que ce gain a de spécifique et qui le perçoit, faute de quoi il n’y a pas définition au sens de ce concept en logique des ensembles non flous.

4. Ce qui est avéré pour n’importe quel gain n’est pas un élément de définition de l’un d’entre eux.

Tous les gains, ceux aux jeux de hasard compris, ont en commun de constituer un but pour quelqu’un (en toute rigueur, une chose n’a pas de but et une entreprise est une chose) ; d’être exposés à la recherche de leur plus possible ; de nécessiter la prise d’un risque de perte d’une mise et, ou, d’une situation ; de pouvoir être considéré comme une « récompense ».

5. Les propos sur le profit qui ne font que reprendre ce que tous les gains ont en commun nuisent à la qualité du « dialogue social ».

Au premier rang de ces propos, il y a : « Le profit est le but de l’entreprise » ou « Le maximum de profit est le but de l’entreprise » (sic, dans les deux cas, pour ce qui est « de l’entreprise »). Sa variante « L’entreprise est une association pour le profit » (Medef, 2007) conforte plus cette croyance qu’elle ne contribue à la faire évoluer. Dans la même veine, la « prime de risque » et la « récompense » sont convoqués pour justifier le profit.

La mise en avant de considérations objectives spécifiques à la problématique de la propriété d’entreprise s’en trouve laissée de côté. Une augmentation du nombre de points d’accord de fond entre « partenaires sociaux » est reportée sine die.

6. La « refondation sociale » sans une refondation de la doctrine du profit butte sur une impossibilité.

La « refondation sociale », qui comme auparavant la « réforme de l’entreprise » a été à l’ordre du jour, vise à faire reculer la systématisation d’abus de pouvoir et de rapports de force, dans les relations entre employeurs et salariés notamment. Il faut à sa réussite des discours sur l’entreprise, cette institution charnière de l’économie, moins arbitraires ainsi que, bien entendu, des actes joignant le geste à la parole.

La propagation de tels discours et actes est bloquée tant que ce qu’il y a de plus objectif sur le profit est sacrifié à la perpétuation de traditions idéologiques. Il est, en effet, logique que les tenants de la fatalité ou de la lutte des classes, même sous sa forme la plus réformiste, ou de la guerre économique, même sous la forme la plus policée que lui donne l'existence d'un système monétaire international digne de ce nom, et à plus forte raison des deux, fassent semblant de ne pas voir que ce plus objectif existe.