167 - Jeudi 29 septembre 2011

Face à la crise

Dans Pour un modèle de sortie de crise : la relance par le capital, l’Atelier Paul Fabra, par la voix d’Antoine Lonjon, commence par dresser un constat. Il y a, au moins, « une faille majeure dans le raisonnement économique contemporain ». L’ampleur du désarroi sur les orientations à prendre pour se sortir au moins mal de la crise en cours est à la hauteur des erreurs de jugement commises.

Et si l’on s’était lourdement trompé ?

La question posée par Éric Le Boucher dans Les Echos du 23 septembre 2001 — Et si l'on s'était lourdement trompé ? Les politiques de relance de 2008-2009 ont stoppé la chute de nos économies mais n’ont pas entraîné leur remontée — est édifiante, voir pathétique. Mais voilà ! Éric Le Boucher termine sa chronique en nous appelant à prendre conscience du « problème d’un État providence qui est sapé dans ses tréfonds par la mondialisation, l'individualisme et le grippage des mécanismes de la redistribution ». Si cette sape a en réalité pour cause majeure une erreur de raisonnement sur le ressort naturel de l’économie de marché, et partant sur sa dynamique sociale naturelle (le plein emploi et l'élévation des revenus), c’est le tréfonds du catéchisme en vigueur qui est à changer.

Le bien public de l’organisation de l’économie

Certains adeptes du grand soir aimeraient jeter le bébé avec l’eau du bain. L’économie de marché, sans laquelle certaines libertés fondamentales sont bafouées, est bien évidemment un acquis à conserver. Mais il y a un grand ménage à faire dans les idées qui ont configurée l'économie. Ces dernières décennies celle-ci est devenue bien trop financiarisée, bien trop inégalitaire et bien trop impotente sur le front de l'emploi. C’est certes à des économistes que ce grand ménage incombe. Cependant, ils ne peuvent ni ne doivent être seuls à se prononcer. L’organisation de l’économie est un bien public : la vie de tout citoyen en est affectée. En dépit de ce qu’on dit être la dictature des marchés, le législateur a la haute main sur cette organisation.

Le ressort naturel de la relance par le capital

C’est à force de croire que la demande est le ressort naturel de la croissance économique qu’il est devenu de plus en plus périlleux, puis en maints pays impossible, de soutenir cette même demande par un accroissement sans fin de la dépense publique et des dettes. La banqueroute guette !

L'Atelier Paul Fabra indique une autre voie : celle d'une relance par le capital, c'est à dire par la remise en place du circuit de l'épargne vers le capital social des entreprises ; là réside le ressort naturel de l’économie de marché.

Les prochains bulletins reprendront, à partir des arguments mis en avant par Antoine Lonjon, les propositions de réformes rétablissant la voie de relance par le placement d’épargne en nouveau capital social. Ces propositions sont porteuses en elles-mêmes d'une redynamisation de l'activité aujourd’hui encore insoupsonnée.

La refondation sociale de l’économie de marché

Opter pour l’économie de marché plutôt que pour l’économie planifiée c'est renoncer à la fiction qui rend nécessaire de corriger l'économie à coups de subventions et de redistributions. Certains politiques veulent en faire leurs choux gras. En vérité, il y a tout lieu de penser que l’économie de marché peut être organiquement orientée vers le plein emploi et vers la maximisation du revenu total du travail.

C’est pourquoi, après la série des bulletins sur le thème de la relance par le capital en viendra une autre sur le thème de la refondation sociale de l’économie de marché.

Une fin qui va d'elle-même

La théorie de l’économie politique objective montre qu'il existe des solutions structurelles aux plus lourds de nos problèmes économiques. La première tâche à accomplir est de bien exposer et expliquer les tenants et aboutissants de ces solutions. Au delà des explications, l'objectif à atteindre est clair : faire en sorte que les réformes d’organisation économique qui mettront ces solutions en œuvre en viennent à être soumises au verdict des urnes.