174 - Vendredi 10 février 2012

Politique économique : sauter le pas

Une politique bien articulée se remarque à la cohérence des buts qu’elle se fixe. Dans le contexte actuel de notre économie structurellement défaillante, ces buts se doivent, en outre, d’être refondateurs : c’est une remise en marche de l’économie qui est nécessaire et non pas quelques arrangements à la marge.

Buts refondateurs

1. S’astreindre à une stricte discipline budgétaire respectant la volonté majoritaire dans la population d’augmentation, de maintien ou de baisse du poids du prélèvement public (impôts + emprunts).

2. Favoriser la croissance et l'emploi par la levée des freins au placement direct d’épargne en nouveau capital des entreprises, mutuelles et coopératives.

3. Abolir la fiction des cotisations patronales puis décliner complètement la distinction entre les assurances de risques, les retraites par répartition, les allocations instaurées par le législateur.

Thérapie de choc

Pour atteindre ces trois buts, il faut une thérapie de choc fondée sur trois axes majeurs :

  • La remise en place du circuit de l’épargne vers le capital des entreprises par une refonte drastique de l’impôt sur les sociétés et sur les particuliers et par la marginalisation de l’autofinancement : c’est ce que l’Atelier Paul Fabra appelle « la pleine rémunération du capital ».
  • La remise en place du prix du travail par une refonte des cotisations salariales, la suppression des aides à l'emploi en tout genre en vue de favoriser une vraie augmentation des rémunérations : c’est ce que l’Atelier Paul Fabra appelle « la pleine rémunération du travail ».
  • La restriction des pouvoirs économiques de la puissance publique : l’excès de prélèvements public (impôts + déficits, répétons-le) a pour effet de réduire le taux de croissance et d’aggraver le manque d’emplois… qu’empire finalement l’augmentation du nombre d’emplois publics.

Les dernières analyses et prescriptions de Jacques Bichot sur la TVA sociale illustrent parfaitement cette perpétuelle tentation d'intervention de l'Etat français, qui en fin de compte dérègle l'économie et aggrave le déficit public. Mais jusqu’où et comment assainir les finances publiques et les usages qui en sont faits ? Ceci sera l'objectif des prochains bulletins.

Prédiction, stratégie et politique

La campagne présidentielle actuelle s'en tient à des réarrangements qui laissent la sensation que nos politiques et leurs conseillers restent désemparés face au chomage. Les mesures proposées produiront au mieux un redressement précaire de l’économie française, au pire un acroissement de l'interventionisme économique au détriment des autres investissements dont la nation a besoin.
On discerne bien certaines stratégies de réorientation des dépenses, à l'aune de celles faites par le Conseil d’Analyse Économique. Mais ces dernières ne font pas une stratégie de redressement; il manque une vision claire des ressorts de l'économie pour conduire la thérapie de choc qui est nécessaire. Il ne suffit pas d'un capitaine à un bateau; il lui faut aussi un cap.

Réponses à trouver

  • Qui, parmi les destinataires du bulletin de l’Atelier Paul Fabra, est prêt à se déclarer partisan d’une politique économique réinitialisée par la thérapie de choc ? La réponse sera crédible si sa collecte s’effectue aux conditions suivantes : pour se déclarer partisan, il faudra utiliser une adresse de courriel déjà présente dans la liste de diffusion du bulletin ; qui a coché une fois pourra à tout instant décocher ; les totaux affichés seront ceux du nombre de coches et de destinataires du bulletin ; aucune liste d’adresses de courriel ou autrement nominative ne sera diffusée à qui que ce soit.
  • Comment faire en sorte que le nombre de partisans ainsi déclarés devienne, au fil des années, assez important pour constituer, sur le seul sujet de la réinitialisation de la politique économique par la thérapie de choc dont il est ci-dessus question, un groupe de pression citoyenne de moins en moins négligeable par la classe politique et d’autres milieux ?

DM, AL