176 - Mardi 20 mars 2012

Dette publique

Deux constats de bon sens

Face aux prescriptions de Stiglitz ou Bernanke, entre autres, deux constats s'imposent par leur bon sens :

  • La dette publique d'un pays ne peut être réduite en valeur absolue que s'il y a, de décennie en décennie dans ce pays, davantage d'excédents budgétaires que de déficits, contraitrement à ce que le Keynes de la Théorie générale a éludé en arguant pitoyablement qu'à long terme nous serons tous morts.
  • Un ménage et toute autre association privée à but non commercial deviennent surendettés dès lors qu’il leur faut emprunter pour amortir un précédent crédit. Ce critère s’applique bien évidemment en finance publique. Quand le Trésor public doit emprunter pour être en mesure de rembourser de précédents emprunts, la preuve est établie qu’il y a surendettement public.

Croissance et rigueur

La France étant un pays en état de surendettement public, ses candidats, élus et nommés aux plus hautes fonctions publiques ont deux devoirs :

  • L'un est est d'entamer au plus vite la réparation du moteur naturel de la croissance économique - la relance par l'épargne directement placée en nouveau capital -, quitte à commencer par faire couler beaucoup d'encre en faisant valoir que l’entreprise n’est pas économiquement un sujet fiscal. Aucun nouvel emprunt, aucun nouvel impôt, aucune nouvelle dépense publique récurrente n'est nécessaire à cette fin.
  • Un autre est, bien entendu, de procéder à des réductions et des suppressions de dépenses publiques et d'incitations fiscales, voire à une refonte de la fiscalité directe. Plus les déficits publics sont grands, en proposition des recettes fiscales, plus annoncer, réduire, puis supprimer complètement, des subventions, dont à terme toutes celles aux employeurs et aux employés, est nécessaire à cette fin.

Devoir primordial

Mais l'accomplissement assez poussé de ces deux devoirs est électoralement périlleux. C'est pourquoi préparer le terrain en tenant un discours renouvelé sur l'économie est primordial. Un peu plus précisément, ce qui est le mieux à même de retenir l'attention des citoyens a trait au profit, à la cybernétique de l’emploi, à la dynamique de la répartition du revenu global, au salaire. Avant que ce soit par des résultats, c'est par des propos qu'une nouvelle politique économique trouve les soutiens nécessaires à son installation et à sa poursuite.

Le défi du plein-emploi et de la surconsommation est considérable alors qu’une leçon de l’expérience s’impose : ce défi ne sera pas victorieusement relevé sans changer de capitalisme. Cela condamne,à répéter, au risque de lasser, les mesures essentielles à prendre jusqu'à ce que ces nouvelles analyses soient politiquement exploitées et académiquement reconnues.

DM & AL