177 - Lundi 23 avril 2012

Le possible fait impossible

L’émission télévisée C dans l’air  du 19 avril 2012 a eu pour thème La crise n’aime pas les élections. Ses invités ont été quatre personnalités qui contribuent notoirement à l'esprit du temps en matière de politique économique : Philippe Dessertine, Jean-Pierre Gaillard, Bernard Maris, Guillaume Roquette.

L’eau et l’huile

Pour Jean-Pierre Gaillard, la croissance et la rigueur « c’est mélanger l’eau et l’huile » . La possibilité d’une relance par de l’épargne directement placée en nouveau capital des entreprises, complètement conciliable avec plus de rigueur dans la gestion des finances publiques, est ou bien ignorée ou bien tenue pour illusoire.

Le coût du travail

« La réduction du coût du travail est indispensable au redressement » de l’économie française (Roquette). Cette antienne patronale, pendant de l’antienne syndicale de la réduction du temps de travail, n’a produit et ne produira qu'un accroissement des subventions publiques et du déficit, tout en éloignant les entreprises de leur vraie mission : s'appuyer sur l'expérience et le savoir faire des français pour déliver des produits de qualité différenciants et compétitifs.
Dans ses dernières interventions radiophoniques, Jean-Louis BEFFA, président d'honneur de Saint Gobain ne disait pas autre chose : «
il faut avoir une avance technologique et viser les produits haut de gamme permettant de produire avec des coûts salariés élevés .. ».

Pas avec des recettes simples

« On ne s’en sortira pas avec des recettes simples » (Dessertine). La confusion entre simple et simpliste va souvent de pair avec l'impossibilité de distinguer entre  compliqué et complexe. La pleine rémunération du placement en capital et dans la foulée l’extension du plein-échange relèvent de mesures simples à mettre en oeuvre avec des résultats immédiats sur la relance de l'activité. Ces mesures s'appuient, certes, sur une vision synthétique du système complexe qu'est l'économie, mais n'est-ce pas justement le travail des économistes ?

Inventer un nouveau modèle

« Il faut aller vers une économie différente (Maris) — « il va falloir inventer un nouveau modèle » (Dessertine). Bien, fort bien, mais il faut être capable d'aller au delà des incantations et passer aux propositions concrètes porteuses de solutions sur le long terme. L'atelier travaille actuellement à la formulation d'un manisfeste qui synthétisera l'ensemble des propositions de politique économique permettant de nous orienter vers un capitalisme nouveau.

DM, AL