C111 - Lettre ouverte à Dieu et au Diable, objet : l’économie


Chers Nous,

Nos temps modernes doutent de vos existences. Elle est pourtant patente. Au mieux, nous nous efforçons parfois, au pire nous nous adonnons souvent. Vous êtes en nous. Pour ce qui est de l’économie aussi, nous écoutons mal le bien que vous, Dieu, prescrivez et nous faisons bien le mal que vous, le Diable, manigancez.

Ces manigances étant en bas relief ce que Dieu ordonne en haut relief, et inversement, la volonté divine se lit à l’envers dans les œuvres diaboliques. Observons cela d’un plus près dans un cas.

Les États, ces autres nous, se sont jusqu’à présent révélés exemplaires en matières de manigances économiques. Vous, le Diable, avez tout intérêt à fréquenter avec assiduité les allées du pouvoir. Il n’y a pas que là, de bien loin s’en faut, que vous faites démonstration de votre malignité mais votre jeu est, somme toute, toujours le même. Partout où il y a de la simplicité et de l’objectivité possibles, vous faites virevolter des tentations et vous inspirez de la confusion afin que de la subjectivité et de la complexité leur soient préférés. Dans le cas des États, cela donne entre autres réjouissances :

  • Un employeur non soumis aux règles que ses employés, les uns en tant qu’élus et les autres que fonctionnaires, conçoivent et font respecter aux autres employeurs.
  • Des subventions qui faussent le jeu des échanges.
  • Une gestion mensongère des impôts puisque leur base 100 est non pas le PIB mais le total des revenus des contribuables.
  • La fiction de l’entreprise vue en tant que sujet fiscal.

N’allons pas plus loin. Vous ne négligez la gestion d’aucune banque, d’aucune église, etc. Certes vous vous cachez dans les détails mais votre principal subterfuge et votre grand stratagème sont fort simples. Vous faites miroiter que plus de complexité fait moins d’iniquités et de précarités. Vous appâtez par du quantitatif afin de faire passer pour fatale et secondaire la mise à mal qui est votre but, celle du qualitatif.

Pendant ce temps là, nous écoutons si peu Dieu que nous le tenons pour mort. Certes, il est vrai que le mieux est parfois l’ennemi du bien. Cependant, où sont en économie les combinaisons de plus de simplicité et d’objectivité qui font mal du bien ?