Les échanges sociaux

Nos dictionnaires les plus riches rendent compte de la variété des échanges entre les hommes.[1]

Les échanges de propos suivent souvent les échanges de poignées de main et en certaines occasions de cadeaux. Les affinités se cultivent par des échanges de marques d’affection. Les sports par échanges de balles ont leurs adeptes et leurs champions. Les échanges d’intentions scellent les mariages et bien d’autres contrats. Des échanges d’accusations ponctuent presque toujours l’exécution de ces engagements. Les militaires et les gardiens de l’ordre font profession de devoir échanger des coups le cas échéant. La politique se règle pour beaucoup par des échanges de promesses contre des voix. Etc.

Et dans l’ensemble des échanges sociaux, voici que trône de fait le sous-ensemble des offres en contrepartie d’argent. Les bienfaits que ce sous-ensemble procure et les préjudices qu’il inflige le font dominant.



[1] Quand il est ici question d’échanges sociaux, il est entendu qu’ils sont entre des hommes. Ces échanges ne sont eux-mêmes qu’un sous-ensemble de ceux qui se produisent entre les êtres vivants et avec leur environnement. Au demeurant, quelles transformations biologiques ne sont pas réglées par des échanges physico-chimiques ? Et quelles transformations physiques ne le sont pas par des échanges thermodynamiques ? Au commencement serait le don. Peut-être, mais après quelle profusion de transformations par des échanges en cascades et en boucles !