Ab — Constat initial

Les entreprises sont d’autant plus créatrices d’emplois stables qu’elles sont financièrement solides. Les entreprises en société sont d’autant plus financièrement solides que le placement d’épargne en nouvelles parts de capital social est abondant. C’est pourquoi davantage de placement d’épargne en nouvelles parts de capital social participe au comblement du manque d’emplois.

Ce constat soulève une question.  Que faire pour que davantage d’épargne soit placée en nouvelles parts de capital social ? Selon la réponse la plus en vigueur, le comblement du manque d’emplois va plus ou moins bon train.

— Le constat est incontestable, la question qu’il soulève appelle une réponse. Est-ce pour autant selon cette réponse que le comblement du manque d’emplois va plus ou moins bon train ? Ce manque ne serait complètement résorbable, laissez-vous entendre, qu’au moyen de davantage d’épargne placée en nouvelles parts de capital social. Je doute qu’il soit possible de le démontrer.

— Comment ce manque est-il résorbable le plus sainement possible ? Ces trois derniers mots importent beaucoup. Qu’il faille de la croissance pour faire moins de chômeurs n’est pas douteux.

— J’en conviens.

— Quelle croissance est à terme la moins vulnérable ? Ce n’est pas celle qui est alimentée par toujours plus d’endettement par tête d’habitant. Une autre se peut à condition de la vouloir. Elle est alimentée par un surcroît d’épargne directement placée en capital tant qu’il n’y a pas plein-emploi ; et chaque fois qu’un manque généralisé d’emplois réapparaît. Par des mesures d’organisation stable de ce type de placement, ce surcroît est fait d’autant plus important que l’endettement par tête d’habitant doit être baissé parce qu’il est à un niveau qui est devenu un frein à la croissance.

— Voyons si ce que vous donnez pour réalisable ne butte pas sur une fatalité qui l’empêche d’advenir.