Ae – Modèle actionnarial

Quel est le modèle actionnarial économiquement le plus pertinent du point de vue de l’intérêt général ? Des principes d’économie de plein-échange doivent comporter une réponse claire, concrète et convaincante.

Le plus favorable à l’emploi

— Le début de réponse qui s’impose logiquement aux autorités, et aux économistes, ne fait aucun doute. Le modèle actionnarial le plus pertinent est celui qui est le plus favorable à l’instauration du plein-emploi puis à sa restauration chaque fois qu’il est compromis.

Je reformule. L’offre d’emplois dépend beaucoup de la hauteur du taux moyen de capitalisation des entreprises[1]. C’est pourquoi le modèle actionnarial le plus pertinent est celui qui est le plus favorable à l’élévation de ce taux puis à l’évitement de son affaissement.

— Avançons. Il n’y a que le modèle actionnarial le plus ouvert à l’augmentation du nombre d’actions et, autant que besoin au cas d’espèce d’actionnaires, qui puisse avoir cette vertu. Il n’y a que lui, en effet, qui puisse drainer autant d’épargne placée en capital qu’il en faut au plein-emploi gagné sur les reconversions qu’imposent les évolutions techniques et les déplacements de courants commerciaux.

Libertés divergentes

Mais ce modèle ouvert est fermé au refus de dilution. Or il fait partie de la liberté de s’associer à titre commercial afin d’en tirer le plus-possible de plus-value.

— Il fait également partie de la liberté de s’associer à titre commercial sous une forme telle qu’il n’y a aucune plus-value à en attendre (ce qui ne veut pas dire aucune protection contre l’érosion monétaire).

Un instrument de l’exercice de cette seconde liberté est, nous nous en sommes déjà entretenus, les actions restituables, par distinction d’avec les actions négociables.

À l’encontre de l’usage

—Le modèle actionnarial le plus pertinent a une caractéristique, surplombante par rapport à la différence entre actions négociables et restituables. Mais elle est difficile à faire approuver par les décideurs tant elle va à l’encontre de l’usage.

Cette caractéristique est la pleine rémunération du placement en capital, à savoir la distribution aux actionnaires de la totalité de ce qui reste du bénéfice après intéressement au résultat des salariés.

— La distribution partielle de ce reste aux actionnaires, c’est bien admis, sans s’attarder à ce que cela comporte d’arbitraire et de néfaste à la concurrence car un chiffre clé s’en trouve manipulé par les conseils d’administration.

— En revanche, l’élimination de l’autofinancement par les bénéfices non distribués, ça ne passe pas.

— C’est jugé contraire à l’ordre, à la religion et à la science. Cela durera jusqu’à ce qu’il en soit dit qu’il y longtemps que tout le monde savait que c’est préférable.

Scénario de travail

Tu m’as dit qu’un scénario de travail qui t’attire est celui de la mobilisation générale. Comment vois-tu que nous puissions l’utiliser pour exposer nos propositions de dynamisation de la croissance par une réforme de la rémunération du placement en capital ?

Le scénario que je dis être celui de la mobilisation générale consiste à imaginer ce qu’un candidat à la plus haute fonction gouvernementale pourrait annoncer, puis une fois nommé faire, pour obtenir que son pays entre en économie de plein-échange à cause du mieux être et avoir que cela va lui procurer.

— Comment vois-tu que nous puissions nous livrer à cet exercice ?

— Je vais préparer un début de déclaration de mobilisation générale. Je te le lirai et tu réagiras. Puis si cet exercice nous semble fécond, nous le poursuivrons de la même façon.

— La magie du verbe ne se convoque pas sur un claquement de doigts. Essayons quand même. La frustration que les politiciens français procurent à leurs compatriotes et à maints autres Européens est trop grande pour dédaigner ce qui peut se révéler être à même de la faire reculer un jour.



[1] Voir dialogue précédent.