F - La rétroaction EPCE

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Venons-en à ce qui peut réguler le profit et ce qui est de nature à être régulé par le profit, à l’échelle de chaque économie nationale. Une formule, restée fameuse, d’un chancelier allemand, social-démocrate (SPD), met sur la piste : « les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain ».

Quand l’emploi va mal, le taux moyen de profit sur capital tend à monter à cause de la pression sur les salaires exercée par le chômage. En situation de plein-emploi, ce taux, après avoir baissé, se stabilise. C’est ce que nous appelons la relation EP, Emploi Profit.

La hausse du taux moyen de profit sur capital favorise la hausse du stock national de capital, C, étant entendu que la hausse de ce stock est susceptible d’être supérieure à celle de ce taux par placement d’épargne en nouveaux titres de copropriété d’entreprise. La baisse du taux moyen de profit sur capital ralentit la hausse du stock national de capital. C’est ce que nous appelons la relation PC.

La variation du stock national de capital a un effet en retour sur l’emploi E. Quand C varie, E tend à varier dans le même sens. C’est ce que nous appelons la relation CE. Tant que le stock national de capital est trop faible pour établir le plein-emploi, ou le rétablir chaque fois qu’il est compromis, le taux moyen de profit sur capital monte, puis reste, à un niveau qui augmente l’attrait du placement en capital et finance de la création d’emplois.

Ces trois relations forment la rétroaction EPCE[1].

Relation EPCE

Cette boucle fonctionne évidemment d’autant mieux qu’il est de volonté commune qu’il en aille ainsi. Une économie de marché dans laquelle cette rétroaction est entravée et une autre où, au contraire, la règle est de veiller à son plein exercice n’ont forcément pas les mêmes capacités.

Faire fonctionner à plein régime la rétroaction EPCE constitue un axe principal de la politique de l’emploi. Ce n’est pas pour autant une garantie magique. En revanche, il est assuré, l’expérience le confirme, qu’une politique de l’emploi restant figée sur la baisse du coût du travail et sur l’employabilité passe à côté du traitement de fond du chômage structurel.



[1] Une description plus complètement articulée que ci-dessus est l’objet principal du chapitre L’emploi de la section Science économique du site de l’Atelier Paul Fabra.