B - La relance par le capital

Le meilleur moteur de la croissance économique est le placement d’épargne, par des particuliers et des associations privées non commerciales, dont des fondations, en nouveau capital d’entreprise.

Le fonctionnement de ce moteur ne coûte rien aux finances publiques. Sa montée en régime peut, certes, sembler faire la part trop belle à l’actionnariat. Mais, en part du revenu global, c’est le salariat qui est normalement[1] le plus gagnant, nous allons indiquer pourquoi.

Les débats sur la conciliation de la sortie du surendettement public et de la croissance ne font encore presque pas état de ce moteur. Ce qu’il reste convenu d’appeler « capitalisme » est une économie tellement financée par de la dette que l’appeler « créditisme » serait plus exact. Dans ce régime, le capital n’est pratiquement plus qu’un point d’appui du levier de l’endettement. Le rendement du placement en capital y est tenu pour subsidiaire, la plus-value pour principale.

Une réalité, que personne n’a le pouvoir d’abolir, n’en demeure pas moins. La seule contrepartie en échange de la mise en capital est sa rémunération périodique par du bénéfice. Ce n’est pas la plus-value, fût-elle maquillée en « création de valeur ». Deux raisons, dont chacune est impérative, font qu’il en va ainsi :

1) Une plus-value par l’achat d’un titre de propriété ou de copropriété ne s’encaisse qu’à la vente de ce titre. C’est la liquidation de ce titre qui procure ce gain et non pas sa conservation.

2) L’entité qui procure la plus-value n’est pas celle avec qui la prestation a été contractée. Songeons au locataire allant trouver son loueur pour lui dire : « Désormais je cesse de vous payer un loyer. Cet appartement est très bien placé, il prend de la valeur. La plus-value que vous allez faire va vous rémunérer largement du service que vous me fournissez. » C’est ce que les dirigeants de société font quand ils tiennent ce langage : « Achetez des actions de notre entreprise. Elles ne sont pas rémunérées mais nous faisons mieux. Notre gros autofinancement et notre expansion augmentent la valeur de l’entreprise. Vous allez réaliser une très confortable plus-value. »


[1] Normalement mais conditionnellement car les lois économiques, hors de celles qui s’expriment par des équations comme recettes – dépenses = excédent ou déficit stock ou encore début + entrées – sortie = stock fin, sont du type : si … alors …