E - La voie sûre de l’économie de l’échange

En économie de marché remise sur sa voie la plus sûre, il n’est plus considéré que les entreprises non coopératives soient fatalement asservies à des maxima à l’avantage de leurs propriétaires et dirigeants. Mais alors, quid du profit ? Faut-il renoncer à la doctrine du profit maximum, but de l’entreprise capitaliste ? Faut-il prendre la même position sur la « création de valeur pour l’actionnaire » ? La voie sûre du capitalisme est celle de l’économie de l’échange, avec pour fondement conceptuel l'économie politique objective. Or l’économie objective n’existe encore qu’à l’état d’ébauche tant que le profit, c’est-à-dire le bénéfice distribué au(x) propriétaire(s) d’une entreprise, n’est pas conçu et pratiqué dans le schéma de l’échange d’une prestation, la mise en capital, contre son entière rémunération.

L'élimination de ce vice de construction conduit à voir dans le profit un prix car il est la contrepartie d’un échange. Mais voici que les profits ne sont des prix comparables qu’exprimés en valeur relative, comme les intérêts ne sont des prix comparables qu’exprimés en valeur relative du principal d’un prêt. Les taux d’intérêt des crédits octroyés à leurs clients par les établissements financiers font l’objet d’une normalisation — le taux effectif global, TEG. L’équivalent n’a pas encore été instauré pour les taux de profit sur capital. Or il est possible qu’une telle norme soit fixée, ainsi que le traité d’économie politique objective en cours de montage sur le site de l’Atelier Paul Fabra le montre. Le capitalisme, sans taux normalisé de profit sur capital et sans publication systématique de ces taux, est en déficit d’organisation au regard de ce qu’il y a de plus élémentaire en matière de concurrence : mettre en mesure de comparer sans avoir besoin de supputer.