A.1.2. … aux placements directs …

Lier la croissance premièrement aux placements directs …

1. Un particulier P, ou une association à but non commercial A, fait un placement d’argent.  Ce placement est direct quand entre P, ou A, et l’entité E qui en fera un élément de son financement et en assurera la rémunération, ainsi que le cas échéant le remboursement, ne s’interpose pas un intermédiaire, notamment sous la forme d’un fonds commun de placement.

P, ou A, souscrit à l’augmentation de capital ou à l’émission d’obligations d’un établissement financier. C’est un placement direct. P, ou A, place sur un livret d’épargne géré par un intermédiaire. Ce n’est pas un placement direct.

2. L’intermédiation financière augmente le risque de crise systémique.  Plus la part des établissements financiers dans le financement de l’économie est grande, plus ce risque est élevé.

Bien conçue et strictement appliquée, la réglementation de l’industrie financière réduit ce risque. Mais s’en remettre trop à elle est imprudent. C’est pourtant ce qui est d’autant plus fait qu’il y a régression de la part des placements directs d’épargne dans le financement des entreprises et de la dette publique.

3. Il est devenu techniquement possible que les placements directs soient de plus en plus pratiqués. C’est l’une des retombées de l’utilisation intensive de moyens télématiques par les personnes tant morales privées et publiques que physiques.

Le coût d’une relation directe entre une organisation et un grand nombre de souscripteurs, les uns potentiels et les autres actifs, s’en trouve considérablement réduit. Simultanément, cette relation peut être rendue plus immédiatement et continument interactive.

4. Une population faisant grand usage du placement direct accroît ses pouvoirs économiques.  L’un de ces pouvoirs est celui des arbitrages que, dans un circuit plus long, l’intermédiation financière capte. Un autre de ces pouvoirs est de régler en meilleure connaissance de cause la part de ses revenus que cette population alloue à ses placements financiers.

En cette matière, la convergence des intérêts particuliers avec l’intérêt général est incontestable de bonne foi. C’est cependant à la condition de se rendre à une réalité définitive. Trop peu d’argent placé en fonds de roulement d’entreprises freine la création d’emplois pérennes.

5. Les placements directs ne sont pas créateurs de monnaie.  Cela a pour conséquence que ces placements ne sont pas une cause de dépréciation monétaire. Un prélèvement public (impôts + emprunts) qui n’augmente plus en proportion du total des revenus n’est, également, plus une cause de dépréciation monétaire.

Plus cette dépréciation est faible, plus il est facile à tout un chacun de se constituer un portefeuille de placements directs dont la base, ou la totalité, a deux qualités. Elle est peu risquée. Son rendement est positif en dépit de la dépréciation monétaire. En outre, ce n’est pas négligeable du tout, ce portefeuille est transmissible aux héritiers de son propriétaire.

 


Jacques Bichot, 18/1/2013. J’ai apprécié votre plaidoyer pour la finance directe, mais il faut quand même avouer que l’intermédiation a du bon en produisant liquidité et sécurité. Il me semble que la finance directe est surtout recommandable pour les fonds propres. Dominique Michaut, 21/1/2013. Oui, bien entendu, de l’intermédiation dans la fourniture de services financiers a du bon à cause des commodités et des sécurités qu’ils procurent. La finance directe est recommandable, nous en sommes d’accord, pour les fonds propres des sociétés commerciales. Elle l’est également pour la partie du prélèvement public qui est de l’emprunt. Nous en sommes aussi d’accord à raison de ce qu’indique une autre de vos réactions.