A.1.3. … en nouveau capital social.

Lier la croissance premièrement aux placements directs en nouveau capital social.

1. Je participe, par l’argent que j’y mets, à la création d’un capital. Cet apport est un placement en nouveau capital.

Je souscris à une augmentation de capital. Cet apport est également un placement en nouveau capital. Je vends des actions. Le placement de leur(s) acheteur(s) n’est jamais en nouveau capital.

La capitalisation boursière a augmenté. Le flux de placement en nouveau capital coté en bourse n’a peut-être pas varié par rapport à ce qu’il était auparavant. La capitalisation boursière a baissé. Ce n’est pas pour autant qu’il y a eu destruction nette de capital exploité coté en bourse.

2. Les apports en nouveau capital social contribuent à la hausse du stock national de capital. Simultanément, ce stock est constamment affecté par des pertes.

La redirection vers la consommation de l’épargne ainsi perdue participe à la destruction créatrice. C’est cependant à une condition. De l’épargne est à nouveau placée en capital. Il le faut pour que la destruction, souvent par obsolescence, aille de pair avec de la création. Il le faut en abondance pour que cette création soit financée solidement.

3. Un avantage est incontestable. La croissance alimentée principalement par l’épargne placée en nouveau capital ne l’est que complémentairement par du prélèvement public (impôts + emprunts).

Pour ne pas y voir un avantage, il faut faire l’impasse sur trois certitudes. Le gonflement persistant du prélèvement public asphyxie la croissance. Dans ce qui fait la solidité d’une entreprise, la structure de son financement est déterminante. Le sous-ensemble le plus créateur et destructeur d’emplois stables est celui des petites et moyennes entreprises.

4. Une objection ne tient pas. Les conditions auxquelles l’épargne populaire serait massivement attirée par le placement en capital ne sont pas réunies.

C’est vrai. Cela le restera tant que la rémunération, la sécurisation et la liquidation des mises en capital n’auront pas été sensiblement améliorées. L’objection des conditions trop peu attractives ne tiendrait que si cette amélioration était à jamais irréalisable. Ce n’est pas le cas.

5. Une ambition s’impose. Elle a trait aux bulles spéculatives.

Ces bulles sont d’autant plus ravageuses qu’elles sont massives. Et elles le sont d’autant plus que du crédit participe à leur gonflement. Quand, de plus, ce crédit est lui-même massivement insufflé par de la création monétaire, le plein-emploi est au bout d’un chemin tellement miné qu’il devient impossible de l’atteindre durablement. C’est pourquoi déminer ce chemin par des réformes s’impose.

6. Rétablir ne suffira pas. Le ver était déjà dans le fruit avant la déréglementation financière des années 1980.

En arriver un jour à éliminer ce ver se peut-il ? En tout état de cause,  postuler cette impossibilité est fautif. Tenir pour intangibles les modalités des placements en capital l’est également.