1.7. Convenons de distinguer, en tant qu'échelles d'observation des phénomènes économiques, la mésonomie, la macronomie et la micronomie.

1. L'histoire de la théorie économique a voulu que la microéconomie comporte sa propre macroéconomie.

Elle a aussi voulu que « la » macroéconomie soit érigée en discipline présumée se suffire à elle-même, particulièrement à des fins économétriques (comptabilité nationale) et politiques.

Le réel instauré par la pratique des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges (sommes d’argent, objets vendables) fait qu’il existe des échelles d’observation des phénomènes économiques. C’est d’ailleurs pour distinguer deux de ces échelles que les notions de microéconomie et de macroéconomie sont désormais spontanément utilisées.

2. Les investigations dont cet ouvrage rend compte usent de trois échelles.

Afin de ne pas prêter à confusion, des néologismes sont utilisés pour désigner ces échelles : la « mésonomie » pour la moyenne, la « macronomie » pour la plus grande, la « micronomie » pour la plus petite.

3. L’entreprise étant la seule institution qui n’existe qu’à des fins économiques, calons l’échelle mésonomique sur l’entreprise.

Les concepts de la comptabilité générale commerciale sont mésonomiques. L’entreprise en tant qu’entité juridique et son capital sont, entre autres, des objets mésonomiques.

4. Quand l’analyse économique prend en compte ce qui se passe sur une ère géographique, elle se fait macronomique.

Alors que le taux de profit sur capital d’une entreprise est une grandeur et un régulateur mésonomiques, le taux moyen de profit sur capital pour l’ensemble des entreprises d’un pays est une grandeur et un régulateur macronomiques. Le stock global de capital et le stock global d’emplois sont également des grandeurs et des régulateurs macronomiques. Le phénomène de la répartition du revenu global est macronomique.

5. Les concepts de la comptabilité analytique sont micronomiques.

Plusieurs de ces concepts sont définis et exploités au chapitre 12. Le problème de la part de coûts communs à faire entrer dans un prix de revient complet est micronomique.

6. Nous verrons que ce problème est à tort réputé sans solution objective.

La portée de cette solution micronomique, nous le constaterons également, est mésonomique et macronomique. Une théorie homogène et complète des prix est faite de constats dont les uns sont macronomiques, les autres mésonomiques et les derniers micronomiques.

La théorie des valeurs d’échange marchand admise en économie politique objective se doit d'aller jusqu’au calcul des prix objectifs de vente des marchandises non rares commercialisées par les entreprises. C'est une preuve de son utilité et une mise à l’épreuve de sa cohérence.