7.2. Les augmentations de capital sont le moyen le plus sain d’augmentation par les entreprises du nombre d’emplois.

1. Un moyen plus sain que tout autre s’établit par comparaison.

Deux entreprises ou deux ensembles d’entreprises, puis deux économies nationales, sont comparées une décennie durant. Au début de la décennie, les deux taux de capitalisation (moyens dans le cas des ensembles d’entreprises et des économies nationales) sont identiques ou plus rapprochés qu’ils ne vont le devenir. Dans le premier tiers de la décennie, l’un de ces taux augmente beaucoup, par nettement plus de mobilisation d’épargne placée en capital que de recours à du crédit. L’autre taux de capitalisation reste, lui, stable ou diminue. Tout au long de la décennie, le taux sensiblement relevé est maintenu ou encore augmenté.

2. Si la comparaison porte sur deux entreprises ou ensembles d’entreprises, les résultats de fin de décennie en matière d’emploi sont le plus souvent très différents.

Dans la première moitié de la décennie environ, les bilans ont pu croître dans la même proportion et cette croissance a pu avoir à peu près le même effet sur l’emploi. Après, il y a décrochage. Le taux de capitalisation le plus élevé se révèle plus approprié à l’élargissement et à l’ouverture de débouchés pourvoyeurs d’augmentations des ventes à marge suffisante, et partant aux reconversions à temps face aux débouchés en train de se fermer. Plus de fonds de roulement fait des dirigeants qui, plus sereins car moins rivés au court-terme, recrutent plus volontiers en contrats à durée indéterminée.

Provenant d’un supplément d’épargne placée en capital, l’élévation d’un taux de capitalisation a sur l’emploi un effet qui va dans le même sens que si ce supplément avait été affecté à la création d’une nouvelle entreprise ou de plusieurs. Ce sens est incontestablement positif bien qu’il ne soit pas encore d’usage, en science et politique économiques, d’en tirer l’entière conséquence.

3. Si la comparaison porte sur des économies nationales, les résultats sur l’emploi sont les mêmes.

Ce qui vaut pour deux entreprises ou ensembles d’entreprises vaut pour des économies nationales. L’élévation du taux moyen de capitalisation dans l’une, alors que ce même taux se maintient ou s’effrite dans l’autre, a pour effet à peine différé que dans l’une la satisfaction de l’aspiration primordiale progresse alors que dans l’autre elle stagne ou régresse.

4. Ce qui se passe dans un pays où le manque d’emplois sévit révèle l’existence de deux lois économiques.

La population de ce pays cherche par tous les moyens à sa disposition à y créer de nouvelles entreprises, fussent-elles le plus fréquemment très précaires et très faiblement rémunératrices (se mettre à exercer un « petit métier » de rue est créer une entreprise). Une loi économique est à l’œuvre et en actionne une autre : la réduction de cette précarité et de cette faiblesse ne s’obtient que par plus de financement à proprement parler permanent, c’est-à-dire de capital, et relativement moins d’endettement pour la réussir.