7.5. La variation du taux moyen de profit sur capital participe à la variation du stock de capital.

1. La relation entre ces deux variations n’est pas rigide.

Cela provient de deux faits. Percevoir du profit et placer de nouveau sont deux actes différents. Le montant annuel des placements en capital peut être, selon les appels des entreprises à ces placements, supérieur ou inférieur au montant annuel des profits.

2. Quand l’attrait du placement en capital est-il nettement affecté par une variation du taux moyen de profit sur capital ?

Dans les paramètres à prendre en compte, il y a la durée sur laquelle le changement de rendement du placement en capital a été constaté. Il semble qu’on puisse s’attendre à ce que cette durée soit le plus souvent comprise entre trois à sept ans, selon que ce changement a été plus ou moins important.

3. Une hausse du taux moyen de profit sur capital incite les épargnants à placer davantage en capital.

La création et la croissance d’entreprises en sont favorisées. Du coup, la concurrence entre les entreprises sur leurs débouchés s’intensifie. De plus, avec moins ou plus du tout de chômage structurel, les salaires augmentent davantage que dans la précédente phase de ce cycle. Les marges en valeurs relatives (profitabilité, rentabilité) se tassent. Pour cette phase, la hausse du taux moyen de profit sur capital prend fin.

4. Les entreprises devenues structurellement déficitaires ou trop faiblement rentables sont fermées ou reconverties.

Celles de ces reconversions qui se révèlent réussies ralentissent, voire conjointement à des créations d’entreprises qui se révèlent elles aussi réussies, retournent la baisse ou la stagnation du taux moyen de profit sur capital en une hausse.

5. Avant ce retournement, le stock national de capital, après avoir possiblement baissé, augmente moins que pendant la phase précédente.

L’attirance des épargnants vers le placement en titres de copropriété des entreprises est moindre que ce qu’il a été parce que son rendement moyen a baissé.

6. Les tendances de longue période des taux moyens nationaux de profit sur capital et des stocks nationaux de capital sont différentes.

Sur une période d’au moins cinquante ans d’une économie nationale où le pouvoir d’achat des bas salaires a sensiblement augmenté, la tendance qui affecte le taux moyen de profit sur capital est une oscillation. Graphiquement représentée, la tendance autour de laquelle ces oscillations se produisent est la stabilité.

Pour, dans le même cas, le stock national de capital, hors des catastrophes qui ont pour conséquence son effondrement temporaire, la tendance est à la hausse.

7. La baisse tendancielle des taux de croissance est, elle, normale.

Le pourquoi de cette normalité et une considération fiscale attenante font l’objet de l’argumentation de la proposition 1.12.

8. La priorité donnée à la plus-value des placements en capital plutôt qu’à leur rendement distend la relation entre le taux moyen de profit sur capital et le stock de capital.

Cette priorité, qui à la limite là où elle sévit fait disparaître cette relation, prend appui sur l’assimilation d’intérêts particuliers à l’intérêt général. Dans la mesure où il est réalisable de faire d’un plus fort taux de capitalisation un instrument principal d’un fort taux d’emploi, cette assimilation est abusive.

La négligence de la possible normalisation de la publicité des taux de profit sur capitalet la non moins possible production de leurs moyennes nationales (par secteur, tous secteurs confondus) vont dans le même sens.