7.6. L’état de l’emploi tend à être un déterminant principal de la variation du taux moyen de profit sur capital.

1. La variation d’un taux moyen national de profit sur capital tend à être haussière quand il y a sous-emploi.

Le sous-emploi a pour effet de comprimer, voire de bloquer selon sa sévérité, l’augmentation de la plupart des salaires, voire de tous. Quasi mécaniquement, les taux moyens de bénéfice et de profit augmentent.

2. Les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain.

La tendance haussière du taux moyen de profit sur capital enrichit les rentiers par placements en capital, plus ou moins selon la pente et la durée de cette hausse. Mais avant de juger scandaleux cet enrichissement, il faut penser à la suite. Ces rentiers vont contribuer par leurs nouveaux placements à la création d’emplois.

3. La variation d’un taux moyen national de profit sur capital tend à être baissière puis insignifiante quand il y a plein-emploi.

Le plein-emploi a pour effet de favoriser l’augmentation des salaires. Quasi mécaniquement, les taux moyens de bénéfice et de profit baissent.

Cette baisse est asymptotique tant le plein-emploi dure. Elle vient, en effet, buter sur le seuil ci-après indiqué.

4. L’état de l’emploi ne peut pas être le seul déterminant de la hauteur du taux moyen de profit sur capital.

Les considérations suivantes exposent pourquoi.

5. Les placements en capital ont une autre fonction que le financement permanent des entreprises.

Cette autre fonction est de procurer des revenus qui sont, ou qui devraient pouvoir être, en plus ou moins grande partie des pensions de retraite par placements, en complément ou en substitution à de la retraite par répartition. Cette autre fonction est de nature à déterminer un seuil au-dessous duquel un taux moyen national de profit sur capital ne doit pas descendre pour qu’elle puisse être convenablement assurée.

6. L’importance de ce seuil ne doit pas être sous-estimée.

L’importance de ce seuil, élément nécessaire au plein-emploi et à son prompt rétablissement chaque fois qu’il est compromis, est accrue par le fait qu’en règle générale les individus placent une fraction croissante de leurs revenus dans la seconde moitié du parcours professionnel puis après. Assez d’épargne placée en capital en dépend beaucoup.

7. Le discours économique dominant affaiblit ou renforce les effets autorégulateurs des variations du taux moyen de profit sur capital dues à l’état de l’emploi.

Un moyen de s’en apercevoir est d’examiner la perspective qu’ouvre un discours économique dont l’un des centres de gravité est le plein exercice de la relation EPCE. En commençant par indiquer le sens donné à cet acronyme, les trois propositions suivantes procèdent à un examen de cette perspective.