3.3. Les principales responsabilités de l'entrepreneur sont économiques et ce faisant sociales.

1. Il est inutile de passer en revue ces responsabilités pour s'en assurer.

Ce qui vaut, à ce niveau de généralité, pour les responsabilités économiques des entrepreneurs vaut pour celle des épargnants et des salariés. Plus largement encore, elle vaut pour tous les rôles joués sur la scène de la vie économique.

Les responsabilités économiques des pouvoirs publics sont elles aussi autant de responsabilités sociales.

2. Alors que tous les actes sociaux ne sont pas économiques, tous les actes économiques sont sociaux ou ont un effet social.

Embaucher et débaucher sont des actes sociaux, tout le monde en convient. Tout le monde convient également que vendre et acheter sont des actes économiques.

Embaucher est commencer à acheter, débaucher est arrêter d'acheter. Embaucher et débaucher font partie des actes sociaux qui sont économiques. Il en va plus généralement de même d'acheter et de vendre.

Placer de l'épargne dans le financement de telle entreprise plutôt que telle autre est un choix économique. Ce choix a des effets sociaux. Rémunérer plus ou moins les apports en fonds propres est un choix économique. Ce choix aussi a des effets sociaux.

Faire entrer dans la comptabilité d'une entreprise une dotation aux amortissements  est un acte économique. C'est nécessaire pour conserver l'épargne placée en capital. Que cette conservation soit finalement réussie ou ratée, tenir compte d'amortissements a un effet social.

3. L'opposition du social à l'économique est dommageable.

Elle légitime des pratiques économiques affranchies de la prise en compte de leurs effets sociaux. L'économie s'en trouve plus exposée aux crises provoquées par la manière de la pratiquer.

Un fait social est ou n'est pas aussi un fait économique. Quand il l'est, ce qu'il comporte de socialement faste ou néfaste provient de sa configuration économique. L'opposition du social à l'économique masque cette provenance.