10.2. Supposons établie la volonté politique d’un fort Taux Moyen National de Capitalisation, TMNC.

1. Ce que nous appelons « taux de capitalisation » est, entreprise par entreprise, un ratio d’autonomie financière.

Ce taux est défini, dans un chapitre précédent, pour attirer l’attention sur le fait que le taux de capitalisation d’une entreprise importe plus que le montant de son capital.

2. Ce qui vaut sur ce point pour une entreprise vaut pour l’ensemble des entreprises domiciliées dans un pays, qu’elles y exercent complètement ou partiellement leurs activités.

Les sociétés plus ou moins complètement propriétaires d’autres sociétés font que, pour un tel semble, les sommes des fonds propres et des totaux de bilan (actif ou passif) ne sont pas des agrégats pertinents. Le rapport entre ces deux sommes n’en est pas moins significatif de ce qu’est, dans ce pays, le taux moyen national de capitalisation, TMNC.

3. Un stock national doit augmenter plus vite qu’un autre pour qu’il y ait élévation du TMNC.

Le stock national de capital des entreprises doit augmenter plus vite que le stock national d’endettement des entreprises pour qu’il y ait élévation du TMNC. S’il se trouve que c’est le second de ces stocks, celui de l’endettement, qui augmente plus vite que le premier, celui du capital, il y a baisse du TMNC.

4. Vouloir un fort TMNC est un élément d’un choix de régime économique.

Dans ce régime, en matière de financement d’entreprises la préférence pour le capital au détriment du crédit va de pair avec la pleine rémunération du placement en capital social, au moyen de la distribution par les sociétés commerciales de la totalité de leurs bénéfices périodiques. De plus, la préférence pour le capital s’exerce également au détriment du recours au quasi-capital.

5. Une caractéristique de ce régime est d’être de financement direct.

À la limite, toute l’épargne auparavant placée auprès d’intermédiaires financiers chargés de la faire fructifier est, dans ce régime, directement placée d’une part en capital social, d’autre part dans des livrets rémunérés.

6. Le financement direct change la répartition de pouvoirs.

Des pouvoirs d’arbitrage exercés auparavant par des intermédiaires financiers et l’autorité publique le sont maintenant davantage par la population elle-même, en fonction de ce que lui apparaissent être ses intérêts dans un système économique dont elle comprend mieux comment il fonctionne.

7. C’est pourquoi l’instauration d’un régime économique de financement direct est un progrès politique.

Mais il semble bien que ce progrès n’émergera que quand l’opinion publique l’imposera à la classe politique. Cela ne se produira que si se répand dans le grand public une initiation aux vertus du financement direct, malgré la pression des organisations et factions qui ont intérêt à ce que leurs pouvoirs restent entiers.