10.3. Supposons instaurée la publication périodique du Taux Moyen National de Profit, TMNP.

1. Le numérateur du TMNP est la somme des bénéfices distribués par les entreprises sur la période considérée.

Obliger les entreprises à distribuer la totalité de leurs bénéfices, tout en ne soumettant ces bénéfices à l’impôt qu’auprès de ceux qui les ont perçus, rend le numérateur du TMNP fiscalement connu. Mais cela n’adviendra que si un chemin, ci-dessous rappelé, est pris.

2. Le dénominateur du TMNP est la somme du capital exploité des entreprises au début de la période considérée.

Le concept de capital exploité est défini, ci-dessus, progressivement, dans l’argumentation des propositions 5.7, 5.10 et 6.6. En tout état de cause, la publication périodique du TMNP suppose que l’amélioration de l’organisation du marché du capital par la normalisation de la publicité du taux de profit sur capital ait été réalisée.

3. Que fait une société commerciale quand, de sa propre initiative ou par le devoir que lui en fait le législateur, elle distribue année après année la totalité de ses bénéfices ?

Que cette société soit par actions négociables ou par actions restituables, ou par un capital social comprenant ces deux sortes d’actions, elle procure à chacun de ses actionnaires le pouvoir de décision individuelle d’allocation ou non de plus ou moins que sa part entière de bénéfice à l’achat de nouvelles parts sociales. Ce faisant, elle se met en situation d’élever plus rapidement son taux de capitalisation, puis de le garder haut, en ayant mis fin à une confiscation de pouvoir.

4. C’est un cas dans lequel l’aspiration au moins possible de confiscations de pouvoir est systémiquement décisive.

C’est un système en partie replié sur lui-même que celui dans lequel l’oligarchie des conseils d’administration décide arbitrairement la part des bénéfices allouée aux réserves non obligatoires. C’est un système plus ouvert que celui dans lequel il revient à chaque membre de la population entière des épargnants ayant placé en capital social de se prononcer sur l’emploi fait de ce qui lui appartient. Outre cette vertu morale, que ce le dispositif le moins confiscatoire soit le plus approprié au plein-exercice de la relation EPCE, ainsi qu’à la plus grande diffusion de la propriété directe de parts de capital social, ne fait aucun doute.

5. Que fait une société commerciale quand, dans la publicité de ses résultats, elle applique une norme universelle de taux de profit sur capital ?

Elle se plie à une règle élémentaire que l’organisation de la concurrence honnête impose : le plus possible de comparaisons sans avoir de calcul à faire. Il n’y a, en effet, de norme universelle de taux de profit sur capital que si elle est applicable à tous les éléments de l’univers entier des entreprises, qu’elles soient en nom propre ou en société et, dans ce dernier cas, qu’elles que soient les modalités qui régissent leur capital social.

6. Les volontés appariées d’un moins et d’un plus pavent le chemin qui conduit à l’instauration de la publicité périodique du TMNC.

Moins de confiscations de pouvoirs par des oligarchies, tant privées que publiques, et plus de comparaisons sans avoir de calcul à faire, notamment à raison de revenus et d’autres prix, ne pavent une voie qui fait plus que conduire à l’instauration de la publicité périodique du TMNC et de l’autorégulation de l’économie par des taux de profit sans cesse ramenés, tant à la baisse qu’à la hausse, vers leurs niveaux suffisants au regard notamment du besoin de création d’emplois par les entreprises. Dans ce qu’il est dans la nature de l’économie de plein-échange de produire, il y a une réduction d’inégalités. Désirer que cette production reste entravée est un parti-pris idéologique ; substituer à cette production naturelle (logique) un forçage en est un aussi.

7. Il faut à l’économie mieux organisée un renouveau de principes.

Tant en économie qu’en politique, l’intérêt général est celui la population. Or voici que ce qui fait l’essentiel de cet intérêt tient en quelques principes parmi lesquels se trouvent :

  • le minimum de confiscations d’arbitrages qui sont de nature à être directement rendus par la population ;
  • le maximum de comparaisons de rémunérations et d’autres prix sans avoir de calcul à faire.

8. Subordonner les intérêts de la population à ceux de factions nécessite de larges manquements à l’application de ces principes.

C’est pourquoi revendiquer le comblement de ces manquements fait partie de la production au long cours d’une économie mieux organisée.

9. Cette revendication doit être soutenue jusqu’à ce que les cercles d’économistes, les partis politiques et les organisations patronales se tiennent obligés de se prononcer sur des questions de fond.

Une économie dont les taux directeurs sont, officiellement et effectivement, de profit sur capital est-elle systémiquement mieux à même de procurer à l’ensemble de la population plus de pouvoirs sur son cours qu’une autre dont les taux directeurs sont d’intérêt procuré par un principal prêté ? Peut-il être exclu que le plein-emploi, bien plus souvent et longuement que le sous-emploi, soit à cette condition ? Une économie de marché est-elle aussi sociale qu’elle le peut en étant plus centrée sur ce qui rapporte de l’argent à des banquiers qu’à ce qui procure du revenu et du pouvoir d’arbitrage aux épargnants qui ont placé en capital social ? Les nouvelles techniques de transmission et traitement de l’information ne sont-elles pas exploitables à cette fin ?