10.7. La centralisation de la création monétaire implique un renforcement de la réglementation financière.

1. « Zone monétaire » désigne ci-après un territoire ayant trois caractéristiques.

  1. Une nation ou plusieurs le compose.
  2. Une monnaie y a cours légal : aucun paiement dans cette monnaie ne peut y être refusé.
  3. Une banque centrale y est établie.

2. Le degré de centralisation de la création monétaire est réglable.

Ce degré est porté à son maximum quand seule la banque centrale est en mesure de créer ou de détruire légalement de la monnaie de la zone. En ce cas, la banque centrale est mieux à même de contribuer à la faiblesse de la dépréciation monétaire, tout en ayant aussi pour mission de contribuer à l’élévation du TMNC, ou en cas de zone monétaire plurinationale des TMNC.

3. Pour fournir cette dernière contribution, il faut à la banque centrale une extension de ses pouvoirs de réglage.

Cette extension a trait aux taux d’intérêt, plafonds pour la collecte d’épargne, planchers pour les prêts accordés par les établissements financiers. L’indexation de ces plafonds et planchers au TMNP fait qu’ils sont susceptibles d’être différents par pays en cas de zone monétaire plurinationale.

4. La plus grande élévation possible du ou des TMNC dans une zone monétaire passe par un changement des taux les plus directeurs.

Faute de la volonté générale de cette élévation et largement en héritage d’une tradition, les taux directeurs sont d’intérêt. Si cette volonté générale est établie, son exécution n’est assurée que si les taux les plus directeurs de l’économie de la zone monétaire deviennent de profit sur capital.

5. Une seule autorité législative est nécessaire à la viabilité d’une zone monétaire.

Pour qu’il en aille autrement, il faudrait que la banque centrale de la zone puisse n’avoir constamment pour mission effective que la faiblesse de la dépréciation monétaire. Il faudrait aussi que la finance trop faiblement réglementée ne soit pas source de crise.

6. L’autorité législative de gouvernement d’une zone monétaire est trop faible si elle s’en remet aux marchés sur trois points.

L’un de ces points est celui des réglages prudentiels de l’industrie financière de la zone. Puisque de ce ces réglages dépendent le degré de centralisation de la création monétaire, ce qui est en cause est l’organisation générale de l’économie de la zone. Où conduit de trop s’en remettre aux intérêts de l’industrie financière quant à cette organisation ?

Un autre point est celui des cloisonnements de l’industrie financière. La recherche de plus-values pousse à demander leur levée. Or ils se révèlent nécessaires tant pour des raisons de sécurité qu’afin de rendre la concurrence plus régulatrice.

Un troisième point est celui des mises sur le marché de produits financiers, toutes sortes d’assurances comprises. Faut-il en venir à tenir pour interdits ceux qui ne sont pas autorisés ?

7. La nécessité de confinements et de simplifications n’est pas que financière.

Elle est, plus généralement, commerciale et sociale. La progression des moyens de stockage et de traitement de données l’accroît considérablement. Ces moyens sont, en effet, utilisables pour nuire à la comparabilité des offres commerciales. Ces mêmes moyens servent à corrompre le corps social dès lors qu’ils sont utilisés pour rendre clients, usagers et contribuables captifs de dispositifs qui les manipulent sous couvert de la fourniture d’une meilleure qualité de service.