2.2. Le travail en tant que dépense d'énergie humaine n'est pas une marchandise.

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Le travail, en tant que dépense d’énergie humaine, est et restera un moyen indispensable à l’échange de toutes les marchandises. Le vendeur, le chaland et l’acheteur dépensent de leur énergie et de leur temps dans l’exercice de leurs fonctions respectives.

Ce moyen indispensable n’est cependant jamais lui-même une marchandise pour la raison suivante : c’est un produit – un résultat – d’une dépense d’énergie et de temps qui est échangé, contre de l’argent ou directement contre un autre produit – un autre résultat – d’une dépense d’énergie et de temps.

Travail (dépense d’énergie) et travail (ouvrage)

DÉFINITION : Travailleur

Personne exerçant une activité dans le cadre d’une organisation afin de produire un ouvrage aussi appelé produit du travail.

Attirons de nouveau l’attention sur le fait que les expressions « prix du travail » et « coût du travail » ne veulent rien dire quand il s’agit du travail en tant que dépense d’énergie humaine. Elles ne prennent un sens que quand il s’agit du travail en tant qu’ouvrage fourni en contrepartie d’un salaire.

Précisons par un exemple la distinction entre le travail en tant que dépense d’énergie humaine et le travail en tant que produit échangeable :

Une très grande pièce montée est commandée à un pâtissier. Ce dernier entreprend la fabrication la veille au soir du jour de livraison. Il y passe toute la nuit, au sous-sol car c’est là que se trouve son laboratoire. Le matin, le client qui a passé cette commande arrive à la boutique. La femme du pâtissier le lui dit depuis le haut de l’escalier. Le pâtissier, qui venait de s’assoupir, se réveille en sursaut et entreprend de monter à la boutique le produit de son travail. Mal réveillé et trop fatigué par sa nuit de labeur, il rate une marche, la pièce dévale l’escalier, le chien qui a déjà fait de forts bons goûters en se tenant de préférence au bas du dit escalier, engloutit illico une grosse part de la pièce de toute façon défoncée par sa chute et jonchée de débris de porcelaine. Résultat ? Il y a bel et bien eu dépense d’énergie humaine mais il n’y a plus, pour l’heure, de produit de cette dépense en échange de son paiement par le client.

La non distinction, entre travail (ouvrage) et travail (dépense d'énergie) a eu des conséquences prodigieuses en économie et en politique. C'est sur cette base que Marx a monté toute sa théorie de l'exploitation avec les conséquences que l'on sait. De même, les néo-classiques parlant de "facteurs de production" mettent sur le même plan le "travail", le capital et les ressources naturelles.
C'est ainsi la place même de l'homme qui est en question dans le circuit de la production et de l'échange marchand.