11.5. La répartition des coûts directs d’un atelier interne au prorata de quantités physiques est objective.

1. Considérons de nouveau le haut du tableau gigogne d’analyse :

 

Fille 1

Fille 2

Mère

  • Les filles sont les entreprises dans l’entreprise mère.
  • Une mère a toujours au moins deux filles et le plus souvent davantage.
  • Une entreprise juridiquement constituée est mère de filles qui sont elles-mêmes mères, etc., si bien qu’en chaque cas d’espèce le jeu complet des tableaux gigognes comporte au minimum trois exemplaires et, selon la largeur et la profondeur de l’assortiment vendu, jusqu’à des dizaines de milliers.
  • Mères et filles sont des sections productrices de marge et aucune autre division faisant partie d’une entreprise contractuelle n’est une section de cette sorte.

2. Le tableau gigogne est aussi d’analyse des coûts des sections productrices de marge :

 

 

Fille 1

Fille 2

Mère

3

Coûts directs

300

240

{540

Le total des coûts directs de la mère est :

  • au moins égal à la somme des coûts directs des filles ;
  • souvent supérieur à cette somme ;
  • toujours supérieur à cette somme quand la mère est l’entreprise contractuelle (plus à ce sujet en argumentation de la proposition suivante).

3. Une entreprise contractuelle est susceptible de comporter un atelier interne ou plusieurs.

Une usine qui, au sein d’une entreprise contractuelle, fournit en produits à vendre des sections productrices de marge sœurs ou cousines (à différents degrés de parenté) constitue ce que nous appelons un « atelier interne », comportant le cas échéant une chaîne ou une arborescence d'ateliers dans l'atelier.

L’usage est de dire de plusieurs sortes d’atelier interne qu’ils sont des laboratoires, comme en boulangerie, ce lieu où la production de marge se fait au comptoir ou lors des livraisons et non pas dans le fournil.

Un service d’entretien inclus dans l’organisation d’une entreprise contractuelle n’est pas un atelier interne au sens que nous donnons à cette dénomination :

  • il ne fournit rien à vendre par l’entreprise contractuelle ;
  • son statut économique est le même que celui du service de comptabilité générale, ou encore du service de recherche et développement quand ce dernier a pour mission d’initialiser de la mise en production et non pas de produire ce qu’il a initialisé.

4. Les coûts directs d’un atelier interne entraînent l’existence de coûts unitaires.

  • Si l’atelier n’élabore qu’un seul produit, le coût unitaire de ce produit est sur la période considérée la somme des coûts directs de l’atelier divisée par la quantité produite.
  • Si l’atelier élabore plusieurs produits, ces derniers ont en commun une unité d’œuvre qui est souvent, mais pas exclusivement, un temps de production. En ce cas, chacun des coûts unitaires est le résultat de la règle de trois : somme des coûts directs / nombre total d’unités d’œuvre * nombre d’unités d’œuvre du produit.

5. Les coûts unitaires d’un atelier fournisseur d’une section productrice de marge font partie des coûts directs de cette section.

Ces coûts unitaires ne sont pas encore des prix de revient complets, il s’en faut souvent de beaucoup. Néanmoins, ces coûts unitaires partiels :

  • assurent une répartition complète des coûts directs d’atelier interne ;
  • participent à une estimation conceptuellement exacte des marges directes ;
  • fournissent une base objective de détermination des prix de revient vraiment complets, c’est-à-dire non seulement toutes charges comprises mais aussi bénéfice de l’entreprise contractuelle inclus.

6. Les coûts, qu’ils soient d’un atelier ou d’une section productrice de marge ou d’une entreprise contractuelle, sont pour les uns variables et pour les autres fixes.

Rappelons que nous appelons exclusivement « profitabilité » un ratio de la famille de ceux qui figurent sur l’extrait suivant du tableau gigogne, en lignes 7 et 12 :

 

 

A

B

C

 

 

Fille 1

Fille 2

Mère

2

Chiffre d’affaires

500

400

900

3

Coûts directs

300

240

{540

4

Marge directe (2 – 3)

200

160

{360

7

Profitabilité directe (4/1, P’)

40 %

40 %

{40 %

 

8

Coûts communs

340

 

9

Marge directe (C4 – C8)

20

 

 

Si la mère est l’entreprise contractuelle :

 

12

} sa profitabilité P’ (C9/C2)

2,2 %

             

La distinction entre coûts variables et coûts fixes — fixes dans une plage de quantités produites ou vendues — permet d’estimer un seuil à partir duquel la marge directe de la section productrice de marge devient positive ou la marge finale de l’entreprise contractuelle devient bénéficiaire. Ces estimations de point-mort ont très évidemment leurs raisons d’être en gestion d’entreprise et en administration de société commerciale.

Les prix de revient unitaire varient d’autant plus en fonction des quantités produites ou vendues que la proportion des coûts fixes est importante. Ces variations justifient les remises quantitatives introduites dans les tarifs de vente, bien que ce soit selon des barèmes souvent très coûteux à estimer précisément.