11.6. Au sein des entreprises juridiquement constituées, les entreprises dans l’entreprise ont des coûts communs.

1. Considérons de nouveau un extrait du tableau gigogne :

 

 

A

B

C

 

 

Fille 1

Fille 2

Mère

2

Chiffre d’affaires

500

400

900

3

Coûts directs

300

240

{540

4

Marge directe (2 – 3)

200

160

{360

 

8

Coûts communs

340

 

9

Marge directe (C4 – C8)

20

             

Quand, dans un tel tableau, la mère est l’entreprise juridiquement constituée, alors sur la période considérée :

  • en ligne 9, la marge directe est le bénéfice ou la perte de cette entreprise ;
  • le total des charges, autrement dit des coûts, amortissements d’immobilisation compris, de cette entreprise est égal à la somme des montants se trouvant dans les cellules C3 et C8 ;
  • cette somme est celle des coûts directs de l’entreprise contractuelle, toutes ses divisions organisationnelles comprises, atelier(s) interne(s) le cas échéant (proposition précédente).

2. Les coûts communs à des sections productrices de marge sœurs sont des éléments de coût direct de la mère de ces sœurs.

Les salaires complets de la direction d’un département (père) producteur de marge par plusieurs rayons (fils) sont des :

  • des coûts communs aux fils que les rayons constituent ;
  • coûts directs du père que ce département constitue.

Il n’y a pas dans l’absolu des coûts les uns directs et les autres communs. Un coût qui a justement été considéré direct à une section, parce qu’il disparaîtrait ou serait réalloué si la section était supprimée, devient fréquemment un coût commun au niveau d’analyse où cette section est la mère de plusieurs sœurs.

3. Les coûts des services généraux sont communs.

C’est particulièrement net quand l’exemplaire du tableau considéré est celui dans lequel la mère est l’entreprise contractuelle. Considérons le cas des sociétés commerciales :

  • Les frais d’administration en amont de la direction générale font partie des coûts communs : assemblées générales, conseils d’administration dont jetons de présence, commissariat aux comptes.
  • La direction générale, à raison de ce qu’elle coûte en frais de personnels, avantages en nature compris, fait partie des communs, de même que l’éventuel secrétariat général.
  • À même raison, le sommet ou la totalité de la direction commerciale ainsi que les budgets de publicité institutionnelle et de relations publiques.
  • Font également partie des coûts communs les frais de personnel et les amortissements d’équipements de la DAF, direction administrative et financière comprenant la tenue de la comptabilité générale et l’organe central de contrôle de gestion (dont comptabilité analytique), de la DRH, direction des ressources humaines, de la DSI, direction du système d’information (informatique).

4. En gestion budgétaire (prévisionnelle) et calculs de prix de revient unitaire, les coûts communs posent le problème de leur répartition.

Tout au long d’une chaîne de tableaux gigognes, allant de celui où la mère est l’entreprise contractuelle jusqu’à l’un où les filles sont des produits vendus par l’entreprise contractuelle, des coûts communs sont à répartir en cascade (et en constat de réalisation, ces coûts sont de fait répartis). À l’extrémité de la chaîne où la mère est l’entreprise contractuelle, de plus le bénéfice de cette dernière, autrement dit sa marge directe, est à répartir avec les coûts communs.

Au final, ces répartitions successives peuvent porter jusqu’à plus de 80 ou 90 % des prix de vente hors t.v.a. d’une partie de l’assortiment ou même de la totalité de ce dernier, avec un effet important sur la compétitivité pour les raisons que nous allons examiner dans la suite du présent chapitre.