11.4. Comme les entreprises juridiquement constituées, les entreprises dans l’entreprise ont des coûts directs et dégagent une marge directe.

1. Appelons, à ce niveau d’analyse, « mère » l’entreprise contractuelle et « fille » chacune de ses divisions productrices de vente.

Appelons également « mère » toute fille qui vend plusieurs fournitures aux clients de l’entreprise contractuelle, parce que juridiquement constituée. Les filles sœurs sont de même appartenance directe.

Par exemple, une entreprise contractuelle a pour plus haut niveau de ventilation de ses ventes les sections A à G. Chacune de ces sections a elle-même pour plus haut niveau de ventilation de ses ventes des sous-sections. Désignons par les lettres AA et GC deux de ces sous-sections.

  • Les sections A à G ont la même mère et sont de même appartenance directe.
  • Les sous-sections AA et GC n’ont pas la même mère et donc ne sont pas de même appartenance directe.

2. Au sein d’une entreprise contractuelle, le nombre d’appartenances directes peut être très grand.

Chaque référence de l’assortiment vendu est, en effet, la fille d’une mère, elle-même fille d’une mère, autant de fois que ce chemin de l’arborescence des entreprises dans l’entreprise comporte de niveaux.

Désormais, ces appartenances sont enregistrées dans des fichiers informatiques. Le plus possible des autres données de gestion le sont également. Les exemplaires du tableau dont il va être question sont devenus des requêtes sur écran dont les résultats ne donnent qu’exceptionnellement lieu à des impressions sur papier.

3. Le nombre d’appartenances directes est aussi celui des exemplaires du tableau gigogne situés sur le même chemin.

  • Sur un exemplaire de ce tableau se trouve le chiffre d’affaires de la fille identifiable par une référence de l’assortiment — un article — et le chiffre d’affaires du plus petit regroupement qui est la mère de cette fille, comme ceci avec plus de deux filles autant que nécessaire :
     

 

A

B

C

 

Fille 1

Fille 2

Mère

Chiffre d’affaires

500

400

900

  • Sur un exemplaire de plus haut niveau de ce même tableau se trouve le chiffre d’affaires du plus petit regroupement, fille du plus immédiatement grand regroupement qui est sa mère, de nouveau avec autant de filles que nécessaire.
  • Etc. jusqu’au tableau où le plus grand regroupement est l’entreprise contractuelle, mère de l’arborescence des entreprises dans l’entreprise.

4. Filles et mères ont des coûts directs.

Les coûts directs d'une entreprise contractuelle sont l’ensemble de ses charges, telles que la comptabilité générale en établit le montant.

Les coûts directs d’un sous-ensemble d’une entreprise contractuelle sont ceux qui seraient supprimés ou autrement employés si ce sous-ensemble était supprimé. Les prix d’achat des produits revendus en l’état sont, entre autres, des coûts directs. Le salaire entier d’un chef de département ou de rayon est un coût direct du département ou du rayon. Des amortissements d’immobilisations font partie de certains coûts directs. Il n’y a en économie aucun organe sans coût direct.

5. La somme des coûts directs des filles de la même mère n’est pas forcément égale aux coûts directs de la mère.

Sur un chemin d’appartenances, les coûts directs sont eux aussi gigognes. Par exemple, les salaires entiers des chefs de rayons d’un département sont des coûts directs du département mais dans ces derniers il y a de plus le salaire entier du chef de département. Il en va de même pour d’autres coûts.

C’est pourquoi dans le tableau ci-dessous, puis dans ses tracés plus complets, en cellule 3C (ligne 3, colonne C) le montant est précédé du caractère { signifiant : ceci n’est que la somme des montants figurant à gauche sur la même ligne et non pas forcément le montant des coûts directs de la mère :

 

 

A

B

C

 

 

Fille 1

Fille 2

Mère

2

Chiffre d’affaires

500

400

900

3

Coûts directs

300

240

{540

En règle générale, le montant des coûts directs de la mère est supérieur à la somme des montants des coûts directs des filles.

6. L’existence de coûts directs détermine celle de marges directes.

Une marge directe est la différence entre un chiffre d’affaires et des coûts directs :

 

 

A

B

C

 

 

Fille 1

Fille 2

Mère

2

Chiffre d’affaires

500

400

900

3

Coûts directs

300

240

{540

4

Marge directe (2 – 3)

200

160

{360

En cellule 4C (ligne 4, colonne C), le caractère { signifie également : ceci n’est que la somme des montants figurant à gauche sur la même ligne et non pas forcément le montant de la marge directe de la mère. En règle générale, le montant de la marge directe de la mère est inférieur à la somme des montants des marges directes des filles. C’est ainsi que les marges directes, souvent dites « brutes », font par agrégations et soustractions successives de coûts la marge de plus bas niveau qu’est le résultat bénéficiaire ou déficitaire de l’entreprise contractuelle.

7. Dans le tracé complet du tableau gigogne, le montant des coûts directs de la mère ne figure pas.

Ce n’est pas nécessaire. Montrons-le en reprenant l’exemple des départements et des rayons. En allant du général au particulier :

  • Sur le tableau où la mère est l’entreprise contractuelle, les filles sont les départements et les montants de leurs coûts directs s’y trouvent.
  • Sur chacun des tableaux où la mère est un département et les filles les rayons dans ce département, les montants des coûts directs de ces rayons se trouvent.
  • Etc.

8. La suite de ce chapitre complète le tableau gigogne en plusieurs étapes.

Après un complément d’analyse sur les coûts directs du fait de l’éventuelle existence d’ateliers internes fournissant plusieurs centres producteurs de marge frères ou cousins (proposition suivante), l’étape suivante de construction du tableau gigogne prend en compte l’existence de coûts communs qui participent généralement à la détermination de la marge directe de la mère :

 

 

A

B

C

 

 

Fille 1

Fille 2

Mère

2

Chiffre d’affaires

500

400

900

3

Coûts directs

300

240

{540

4

Marge directe (2 – 3)

200

160

{360

 

8

Coûts communs

360

 

9

Marge directe (C4 – C8)

20

             

9. Cette modélisation de la formation du résultat final d’une entreprise contractuelle ne prend pas en compte une réalité pourtant primordiale.

Ce qui est laissé de côté trouvera sa place en ligne 1. Il fait que seul l’un des trois ratios de la relation de Brown, ci-dessus appelée RPP’, est estimable (en se prêtant à des erreurs de jugement, nous rappellerons plus avant pourquoi) : les profitabilités P’, en l’occurrence rapports entre chacune des marges directes et le chiffre d’affaires correspondant comme en ligne 7 ci-dessous.

 

 

A

B

C

 

 

Fille 1

Fille 2

Mère

2

Chiffre d’affaires

500

400

900

3

Coûts directs

300

240

{540

4

Marge directe (2 – 3)

200

160

{360

7

Profitabilité directe (4/7, P’)

40 %

40 %

{40 %

 

8

Coûts communs

340

 

9

Marge directe (C4 – C8)

20

             

En cellule 7C (ligne 7, colonne C), le caractère { signifie : la valeur relative qui suit est la moyenne pondérée (360/900) de celles qui se trouvent à gauche sur la même ligne. La profitabilité directe, P’, de la mère est dans cet exemple numérique de 6,7 % (60 en 9C / 900 en 2C).