8.13. La tendance de longue période de la profitabilité du revenu global est à la baisse.

1. Cette baisse résulte des tendances respectives de la RDP et la PDP.

Puisque les équations :

RDP = PDP * P’RG

P’RG = RDP / PDP

sont toujours satisfaites par les définitions dont elles procèdent, la tendance à la stabilité de la rentabilité des placements, RDP, et la tendance à la hausse de la productivité de ces mêmes placements, PDP, ont pour conséquence la tendance à la baisse de la profitabilité du revenu global, P’RG. Cqfd.

2. Le tableau suivant illustre cette loi économique de toute première importance.

Tendances de longue période

Rentabilité
RDP
RP / SDP =

Productivité
PDP
(RG / SDP) *

Profitabilité
P’RG
(RP / RG)

Flèche
horizontale
à tige
ondulante,
pointe à droite

Flèche
montante
à tige
ondulante,
pointe à droite

Flèche
descendante
à tige
ondulante,
pointe à droite

 

3. Quand ces ratios sont exprimés en pourcentage, la P’RG est le complément à 100 du revenu total du travail, RT, rapporté au revenu global, RG.

Puisque, avec RP pour le revenu total des placements RT = RG – RT :

(RT / RG) *100 = 100 – ((RP / RG)*100)

Le pourcentage (RP / RG) * 100 étant une expression de la P’RG, il est le complément à 100 du pourcentage du RT par rapport au RG, (RT / RG) *100. Si par, par exemple, la P’RG est de 15 %, le RT est de 85 % du RG.

4. La baisse du pourcentage du RP par rapport au RG est compatible avec une hausse en valeur absolue du RP.

Il peut fort bien y avoir, notamment, une hausse du revenu total des placements, RP, moins que proportionnelle au revenu global, RG. Alors le poids du RP dans le RG baisse cependant que non seulement le poids du RT dans le RG augmente mais aussi que la hausse du RT est plus que proportionnelle à celle du RG.

5. Schématiquement, les évolutions respectives de RG, RP et RT en valeur absolue et relative sont normalement les suivantes.

[Ce schéma, destiné à prendre place ici, comporte l’un à côté ou au dessous de l’autre deux cercles. Le premier est le revenu global en début de longue période, le second le revenu global en fin de longue période. Les légendes l’indiquent.

La surface du premier cercle est plus petite que la surface du second : RG a augmenté. Deux traits joignent les centres de ces cercles à leur circonférence. Cela fait deux tranches très inégales dont l’une représente le RP et l’autre le RP. Celles de ces tranches qui représentent le RP en début et fin de période sont nettement plus petites que celles qui représentent le RT en début et fin de période. La surface de ces tranches est moins augmentée en fin de période que la surface des cercles. Les angles aigus qui ont pour sommets les centres des cercles sont plus petits en fin de période qu’en début.7

Un exemple numérique se trouve en argumentation de la proposition suivante.]

6. Cette normalité entretient une supériorité durable.

Cette supériorité est celle de l’augmentation du revenu total du travail, RT, non seulement par rapport à l’augmentation du revenu total des placements, RP, mais aussi à l’augmentation du revenu global, RG.9

7. Tourner le dos à cette normalité est fautif.

Il n’y a peut-être pas d’estimation économique fausse plus dommageable socialement que celle affirmant, explicitement ou implicitement : il est dans le cours naturel du capitalisme de maximiser le revenu du capital moyennant la compression du revenu du travail. Et il n’y a peut-être pas d’enseignement économique de plus grande portée politique que celui qui, démonstration à l’appui de ce qu’il en est, dénonce cette erreur.

Si le revenu total du travail s’approchait de trop près du revenu global, la stagnation puis la contraction de ce dernier faute d’assez de nouveaux placements entraînerait celle du premier. Cela se produirait avec la circonstance aggravante d’avoir à restaurer un revenu total des placements suffisant.