8.8. N’appelons « profitabilité » qu’un taux de revenu ou de marge sur flux.

1. Le G de gain est de nouveau utilisé ci-dessous.

Il l’est déjà dans l’argumentation de la définition de la rentabilité, proposition 8.6. Il continue à désigner dans ce chapitre exclusivement un revenu de placement ou une marge, même quand elle est négative.

2. Notons P’ toute profitabilité.

L’argumentation de la proposition précédente attribue la notation générique P à la productivité.

3. Seul un ratio entre un revenu ou une marge G et un flux F est une profitabilité P’ telle que P’ = G / F.

Tout rapport entre un revenu ou une marge G et un stock S est une rentabilité R telle que R = G / S et non pas une profitabilité P’ telle que P’ = G / F.

4. Les montants monétaires qui déterminent ces trois ratios sont eux-mêmes au nombre de trois.

La conséquence, en sus d’être algébriquement évidente, x / y = z / y fois x / z, est économiquement de si grande portée qu’il y a du réel essentiel négligé dans une initiation à l’économie qui n’en fait pas état.

5. Les numérateurs, notés G, d’une rentabilité et de la profitabilité qui lui correspond sont les mêmes.

Le dénominateur d’une rentabilité, noté S, est le même que celui de la productivité qui lui correspond. Cette dernière a pour numérateur, noté F, le dénominateur de la profitabilité qui lui correspond. L’application de la règle de trois qui s’en trouve établie est, avec ces notations : G / S = F / S fois G / F.

6. Il y a une bonne habitude à prendre.

Elle consiste à se poser la question suivante. Dès qu’un ratio a pour numérateur un revenu, dont notamment du profit, ou une marge, dont notamment du bénéfice d’entreprise, s’agit-il, certainement ou probablement, d’une rentabilité ou d’une profitabilité ou, faute d’indication sur le dénominateur, des deux à la fois ?

7. Deux usages sont notamment à éviter.

L’un consiste à dire d’un taux de profit sur capital qu’il mesure une profitabilité au lieu de dire qu’il mesure une rentabilité. L’autre consiste, inversement, à dire d’un taux sur la valeur-prix ou la valeur-coût de ventes qu’il mesure une rentabilité.

8. L’économie n’est pas qu’une affaire de mots.

Elle en est cependant une aussi. Un petit nombre de mots clés utilisés de façon trop imprécise donnent le sentiment tantôt d’une complexité qu’une terminologie plus précise dissipe sur toute une série de points élémentaires, tantôt d’une simplicité dont la fausseté fait commettre des erreurs d’analyse et de politique économiques.