9.8. L’ajustement, par le prix, de l’offre et de la demande d’emplois n’intervient que complémentairement dans la fixation des salaires.

1. L’excès de la demande d’emplois à hauts salaires sur l’offre de ces emplois n’est pas une cause de réduction de ces salaires.

Il n’en irait pas ainsi si les inégalités de salaires provenaient principalement d’un ajustement par le prix entre la demande et l’offre d’emplois.

2. Soit une pénurie de cadres et autres employés parlant, lisant et écrivant couramment aussi bien un bon français qu’un bon russe.

Tant que cette pénurie dure, il y a lieu de s’attendre à ce que les cadres et les autres employés qui ont cette qualification tendent à être mieux payés que leurs homologues qui ne parlent, lisent et écrivent couramment que l’une de ces deux langues. Si ce cas se présente, c’est l’un de ceux dans lesquels des inégalités de salaire ont pour cause complémentaire un ajustement par le prix de l’offre à la demande d’emplois.

3. Soit de bons vendeurs et de bons comptables également payés.

Or il se trouve, supposons-le, que le recrutement d’un bon vendeur devient plus difficile que celui d’un bon comptable. Ce fait a pour conséquence de mettre fin à l’égalité de rémunération antérieure. Si cette occurrence se présente, c’est l’une de celles dans lesquelles les inégalités de salaire ont pour cause complémentaire un ajustement par le prix de l’offre à la demande d’emplois.

4. Il n’existe pas de rendement commun à tous les emplois.

Faire état de « la productivité du travail » peut en donner l’illusion. Mais c’est là un montage verbal et non pas une réalité. Au sein d’une entreprise, le chiffre d’affaires ou la valeur ajoutée par personne employée est un quotient qui se prête, bien que dans des limites étroites, à des comparaisons interentreprises significatives. Il n’est pas pour autant une moyenne autour de laquelle se disperseraient les « productivités » propres à chaque personne employée et toutes exprimées aux moyenne des mêmes numérateurs et dénominateurs. S’ajoute à ce fait que tous les employeurs ne sont pas des entreprises et que, quand c’est le cas, il n’y a fréquemment pas de rendement à proprement parler économique par personne employée. C’est, par exemple, le cas d’un juge, d’un policier, d’un militaire, d’un enseignant.