9.7. C’est à la subjectivité collective qu’il revient de régler la répartition du revenu total du travail.

1. L’échelle des salaires est un dispositif d’incitations à l’assomption de responsabilités.

Cette assomption, avec ce qu’il en coûte en efforts d’apprentissages, participe grandement aux jugements portés sur les écarts de salaires et leur évolution.

2. Le corps social aspire à un réglage des écarts de salaire borné par deux refus.

Le corps social refuse trop peu d’inégalités des salaires horaires parce qu’elle désamorcerait des incitations qu’il estime nécessaires. Il refuse également que les écarts de salaire s’accroissent non seulement de plus en plus mais aussi bien au-delà de ce qu’il juge suffisant.

3. Une approbation ou une désapprobation majoritaire de l’évolution des écarts de salaires prend inévitablement corps.

C’est cependant peu ou prou manifestement selon que les écarts de salaires horaires et leurs évolutions font l’objet d’une publicité récurrente fiable.

4. Ces opinions majoritaires ont vocation à influencer les négociations collectives de salaires et des révisions de tarifs.

Cette influence est cependant très dépendante de la doctrine du salaire la plus enseignée. Ce n’est, en effet, que si cet enseignement y pousse que les pouvoirs publics et les syndicats veillent à ce que :

— les comparaisons de salaires horaires soient l’une des statistiques économiques les plus régulièrement établies et les plus complètement diffusées dans le grand public ;

— ces comparaisons fassent l’objet de sondages d’opinion statistiquement fiables et dont les résultats sont eux aussi largement publiés.