9.2. L’état de salarié n’est pas économiquement défini par un lien de subordination.

1. Le salariat a historiquement comporté une subordination de l’employé à l’employeur.

Cet aspect historique ne légitime en rien l'assimilation du salariat à un lien de subordination. Bien au contraire, la logique de l’échange marchand offre une autre vision du contrat de travail..

2. Un salarié est tenu d’obéir à des ordres de son employeur qui est économiquement son client.

Ou bien ces ordres sont de même nature que ceux passés par un client à un fournisseur. Ou bien ils sont assortis d’injonctions d’une autre nature et alors ces injonctions sont, littéralement parlant, par-dessus le marché.

3. Le contrat de travail a pour objet la fourniture d’une prestation en échange d’un salaire.

Il n’y a rien, dans cet objet, qui ne relève pas économiquement d'un contrat d’échange marchand, autrement dit d'un contrat commercial.

4. Cela reste vrai quand l’employeur est une administration publique.

Un fonctionnaire est, en qualité de salarié, un marchand qui vend à son employeur le produit de son travail.

5. La légalisation du lien de subordination fait d’une sorte de salariat la seule forme juridiquement reconnue de l’état de salarié.

Dès lors, toutes les autres rémunérations du travail sont considérées comme étant des catégories séparées soumises à des régimes différents. Il en résulte des distorsions de concurrence et des impossibilités artificielles.

6. Le marché du travail est mieux organisé si toutes les rémunérations du travail y sont rendues aisément comparables.

Actuellement et notamment en France, ce n’est même pas le cas pour toutes les rémunérations du travail que le droit considère comme ayant pour spécificité un lien de subordination à un employeur. Cela l’est encore moins quand la comparaison est étendue aux autres rémunérations du travail, dont par exemple celles des professions libérales et des patrons « à leur compte ».