9.9. La compensation de la faiblesse des bas salaires par de la redistribution est temporaire.

1. Jacques et Pierre sont salariés.

Le salaire de Jacques est nettement plus élevé que celui de Pierre. Or voici qu’une redistribution publique est instaurée pour compenser la faiblesse des salaires du niveau de celui de Pierre.

Dans un premier temps, l’instauration de cette redistribution, qui réduit la pouvoir d’achat de Jacques et augmente celui de Pierre, peut rester sans effet sur l’évolution du rapport entre les salaires de Jacques et Pierre.

2. Mais ce rapport est régi par la subjectivité collective.

Les arbitrages rendus par la subjectivité collective dans le réglage de la répartition de la rémunération totale du travail tiennent compte, au fil du temps, de considérations dont la compensation de la faiblesse des bas salaires par de la redistribution fait partie. Le resserrement de l’écart de salaires entre Jacques et Pierre s’en trouve ralenti, voire stoppé ou remplacé par son contraire.

3. Les inconvénients de la compensation de la faiblesse des bas salaires par de la redistribution durent autant que cette redistribution.

Les alourdissements de la réglementation et de l’administration de la répartition compensatrice des bas salaires sont l’un de ces inconvénients. Un autre est qu’un dispositif durable de subventions à l’emploi est mis en place, avec les effets pervers inhérents à cette instauration (proposition suivante).

4. La compensation de la faiblesse des bas salaires par de la redistribution n’est pas une nécessité organique.

Elle le serait si la répartition, ou distribution, du revenu total du travail n’était pas réglable par le corps social au moyen des mesures d’organisation ci-dessus indiquées.

5. La fermeture graduelle du robinet des redistributions compensatrices de la faiblesse des bas salaires est possible.

C’est, cependant, à condition d’aller de pair avec une hausse des bas salaires plus rapide que celle des hauts salaires, jusqu’à ce que le resserrement qui en résulte soit le réglage voulu par la subjectivité collective en matière de répartition du revenu total du travail.