9.10. Les subventions à l'emploi renforcent des incapacités collectives et faussent des prix particulièrement importants.

La meilleure solution est de subventionner les emplois peu qualifiés et mal rémunérés en versant une prime aux patrons pour chaque embauche à plein temps. »

C’est ce qu’Edmund Phelps, lauréat 2006 du prix Nobel d’économie, a prescrit afin de ne plus autant « exclure de l’emploi les moins qualifiés » (tribune parue dans Le Figaro du 23 juin 2006). Les dispositifs français d’ « abaissement des charges » et de « prime pour l’emploi » sont des subventions à l’emploi « des moins qualifiés ».

Ces subventions renforcent des incapacités qui ne sont pas inhérentes à l’économie de marché.

  • Elles rendent moins comparables les salaires entiers horaires et, partant, plus approximatif le réglage de leurs écarts par le corps social.
  • Elles instrumentent la maximisation des bénéfices au détriment de la maximisation des revenus du travail.
  • Elles créent des effets d’aubaine qui détournent d’efforts, dont ceux d’augmentations de capital.
  • Elles contribuent à rendre l’équilibre budgétaire (dépenses publiques de fonctionnement entièrement couvertes par les recettes fiscales) plus difficilement réalisable.

Les bas salaires sont des prix particulièrement importants.

Les bas salaires, et particulièrement le salaire minimum horaire quand il a été instauré, participent, au sein de chaque économie nationale, à l’étalonnage non seulement des salaires plus élevés mais aussi de bien d’autres prix. Toutefois ce repère est d’autant plus approximatif que les salaires des « moins qualifiés » sont subventionnés. Inversement, moins ce repère est approximatif et mieux la subjectivité collective règle en bonne connaissance de cause le degré d’inégalité des rémunérations du travail.

Le raccourcissement de l’échelle des salaires est une meilleure solution que le subventionnement des emplois les moins bien rémunérés.

La solution du resserrement de l’écart entre les plus hauts et les plus bas salaires, outre qu’elle ne contribue pas aux incapacités ci-dessus indiquées, repose sur la reconnaissance du fait que le revenu total du travail est un résultat collectif qui donne lieu à une répartition, autrement dit à une distribution, dont le réglage revient à la collectivité toute entière.