1.8. La finalité majeure de la théorie économique est politique.

[Rédaction provisoire]

La théorie économique reposant sur une vraie définition de son objet est une recherche de normes aussi favorables que possible aux libertés d’autrui, au plein exercice de la démocratie et à une prospérité générale durable, trois thèmes éminemment politiques. Un peu plus précisément, les pratiques prescrites ont trait : 1) aux échanges marchands, 2) aux transferts dont en premier lieu ceux que le législateur impose, 3) aux dépenses publiques, 4) aux monnaies. Or l’organisation des marchés est un ouvrage éminemment politique, l’organisation d’un système fiscal et des autres modalités économiques de gestion des affaires publiques de même, l’organisation d’un système monétaire tout autant.

– Tu préjuges comme beaucoup que la liberté des échanges marchands produit le maximum de prospérité générale et, de plus, de prospérité durable.

– Je revendique le parti pris du maximum de libertés et de démocratie économique. Je ne vois pas, en effet, comment se prononcer en assez bonne connaissance de cause sur ce qu’il faut empêcher ou corriger, dans ce que la liberté des échanges marchands produit, sans avoir d’abord étudié objectivement ce qu’il est dans son cours normal de nécessiter et de fournir.

– Il est dans son cours normal de produire des injustices sociales et des dégradations de l’environnement. C’est pourquoi la redistribution au moyen de confiscations fiscales de revenus s’est imposée cependant que des renchérissements réducteurs d’impacts écologiques sont entrain de s’imposer.

– Ne nous prononçons sur la redistribution qu’à la lumière d’une théorie objective du profit, du salaire et de la répartition (chapitres 4 et 5) et sur les renchérissements qu’à la lumière d’une théorie des prix des produits industriels (chapitre 7). Nous ne traitons au moins mal des lourds problèmes politiques inhérents à l’économie qu’à la lumière du schéma explicatif et prédictif scientifiquement le moins défectueux.

– Avec la grande difficulté qu’il faut avoir le goût et les moyens de se faire expert ès idées économiques théoriquement articulées pour juger de ce « scientifiquement le moins défectueux » !

– Ce que je vais te répondre vaut pour aujourd’hui et jusqu’à ce que les économistes en soient venus à un nouveau consensus sur ce qu’est et n’est pas la science économique ainsi que sur son socle, à savoir la théorie générale des prix, de l’emploi et de la répartition. Ce qui fait la différence la plus déterminante des courants de pensée économique continue à se trouver dans leurs commencements. Si, dans ce qu’admet de plus fondamental un courant qui ne fait plus ou pas encore autorité, tu mets la main sur un lot cohérent de considérations objectives qui ne s’accordent pas avec le courant qui, lui, fait autorité, alors tu as trouvé un schéma scientifiquement moins défectueux.

– Si le plus fondamental est la théorie générale des prix, de l’emploi et de la répartition, c’est bien ce que je dis, il faut être expert ès idées économiques théoriquement articulées.

– Tu t’enquières de ce qu’un courant qui ne fait pas aujourd’hui autorité soutient principalement sur l’économie globalement considérée et la science économique de même puis sur le travail, l’entreprise, le capital et le profit. C’est, dans un premier temps, suffisant pour juger en assez bonne connaissance de cause si tu as affaire à un schéma scientifiquement moins défectueux.

– Après quoi, devrais-tu ajouter, l’attachement à des habitudes de pensée sociale et politique a des raisons sur lesquelles la raison n’a pas toujours prise, c’est le moins qu’on puisse en dire.

– Comment ne pas être complètement d’accord avec ce jugement de fait ? À cause de cet attachement, il faudra peut-être encore beaucoup de temps avant que les économistes renouvellent leur consensus de base et que des politiciens, des entrepreneurs et des syndicalistes deviennent de plus en plus nombreux à les suivre. Mais ce n’est qu’un peut-être. Personne ne connaît ce scénario.

– Soit. Mais quand même. Ricardo était tory, Marx rouge, Walras socialiste, Barre centriste. Fabra et Michaut ?

– Fabra et Michaut et consorts. D’une part les attitudes sur la scène politique sont catégorisées au moyen de vocables dont, en français et dans l’ordre alphabétique de leurs suffixes puis de leurs préfixes, libéral, conservateur, capitaliste, progressiste, socialiste. D’autre part, il y a deux manières d’être socialiste, progressiste, capitaliste, conservateur, libéral : l’une subjectiviste et l’autre objectiviste. Cela fait dix manières mais dont cinq sont identiques : capitaliste objectiviste, conservateur objectiviste, libéral objectiviste, progressiste objectiviste, socialiste objectiviste. Cet ordre d’énumération ne change rien par rapport à n’importe quel autre, dont l’inverse commençant par socialiste objectiviste et se terminant par capitaliste objectiviste.

– Objectiviste, c’est-à-dire ?

– Il se dit que l’objectivismeconsiste à écarter les données subjectives pour ne s’en tenir qu’aux données objectives. L’objectivisme dont je viens de faire état est moins sommaire. Il consiste à étendre autant que faire se peut l’îlot de l’objectivité au milieu de la mer de subjectivité dont cet îlot est lui-même une construction. Cet objectivisme ne consiste pas du tout à considérer que la vertu de l’objectivité a pour pendant systématique le vice de la subjectivité. Il ne vise pas davantage à refouler quelque expression subjective que ce soit. Seule réserve pour ce qui est du statut de cette expression : qu’elle ne se fasse pas passer pour un savoir objectif, ainsi que cela se pratique excessivement en « sciences humaines ».[1]

– Cette vue très générale ne suffit pas à faire en sorte que l’identité politique « objectiviste » ne sonne pas creux.

– C’est juste. Cette identité politique n’en est pas une si elle n’a pas pour substance l’articulation, méticuleusement mise au point et scrupuleusement entretenue, d’une pensée économique objective. L’un des accomplissements de cette pensée est de tirer de la notion de capitalisme un concept de même nom désignant par un seul mot les dispositions objectives de la loi systémique de l’offre en échange de l’offre. La nature même de cet accomplissement le met hors de portée du libéralisme subjectif et du socialisme subjectif, entre autres. L’histoire des idées économiques et celle des faits politiques ne dément pas cette incapacité et ne la démentira jamais.

Parmi les trois appellations synonymes « économie politique », « science économique » et « théorie économique », la première fait état de la finalité majeure de cette discipline.

La première partie de la présentation du présent ouvrage situe les origines de l’économie politique dont il est ici traité. À partir des considérations rassemblées dans le présent chapitre, la part la plus fondamentale des élucidations, sans lesquelles l’économiste, par défaillances de son « analyse primitive des faits », reste incapable de donner à sa discipline une assise scientifique, est exposée au chapitre suivant.

Une enquête de l’économie politique porte sur la répartition des richesses marchandes entre leurs fournisseurs de dernier ressort, à savoir les investisseurs en échange de la rémunération de leurs prestations et les travailleurs en échange de la rémunération des leurs. Cette enquête est la plus centrale de l’économie politique parce qu’elle traite de la question économique socialement la plus importante : si la pratique normale des échanges marchands maximise un revenu total, quel est-il et sous quelle contrainte principale cela se fait-il ? En l’absence d’une réponse claire et en présence d’une réponse fausse, il est inévitable que, mal instruit, le corps social, dont ses élus, ses entrepreneurs et ses syndicalistes, se trompe sur ce qu’il faut faire et ne pas faire pour tirer le meilleur parti du moteur des échanges marchands et des appareils de transfert qu’il permet de faire fonctionner.

Les investisseurs de dernier ressort sont les épargnants qui effectuent des placements pour en tirer des revenus. Le travailleur et cet investisseur sont désormais souvent le même individu. L’enquête centrale de l’économie politique porte sur la répartition des richesses marchandes entre des rôles économiques et non pas entre des classes sociales.

Autour de cette enquête s’ordonne nécessairement une investigation sur les valeurs d’échange marchand, c’est-à-dire sur les prix de toutes les grandes sortes de richesses marchandes. Dans ce qui fait le préjudice considérable d’une réponse inexacte à la question de ce que maximise principalement la pratique normale des échanges marchands rentre ce qu’admet d’inexact l’investigation sur les prix qui va avec.

Le préjugé qui tient lieu de théorie de la répartition de loin aujourd’hui encore la plus commune repose sur l’affirmation qu’il est dans le cours normal de l’économie de marché de maximiser les profits sous contrainte de salaires juste suffisants pour assurer la subsistance des travailleurs ; cette subsistance devenant cependant de moins en moins inconfortable grâce à l’élévation des rendements du travail ; cette élévation étant elle-même provoquée, circularité suspecte, par la recherche incessante du maximum de profit. Bien que la relation entre l’élévation des rendements du travail et celle du pouvoir d’achat des salaires soit réelle,[2] ce préjugé est une pétition de principe. Il tient, en effet, pour vrai que la recherche du maximum de profit est une loi économique sans que cela soit non seulement démontré mais aussi démontrable.[3]

Toute théorie générale de l’économie est elle aussi un système qui est un schéma partiel de régime social. Considérer que la finalité majeure de la théorie économique est sociale convient aussi bien que de dire qu’elle est politique.

Si, tout au moins en français, l’expression « économie sociale » n’était pas aussi idéologiquement connotée qu’elle l’est, l’économie politique pourrait être aussi bien dénommée « l’économie sociale »... ce qui renvoie au doute sur ce que cette dernière expression désigne de généralisable quand son point d’appui conceptuel n’est pas une théorie générale de l’économie aussi complètement articulée qu’une économie politique doit l’être.

Il y a lieu de craindre que préférer l’emploi de l’adjectif « sociétal », pour qualifier le schéma que constitue une théorie générale de l’économie et la finalité majeure de cette théorie, vise à perpétuer un déni de réalité. Ce déni consiste à entretenir l’identité « n’est vraiment social que ce qui est non marchand », voire non économique, ce qui va à l’encontre du fait que tout ce qui est relatif aux rapports des hommes entre eux est à proprement parler social. Tant que ce déni perdure, on ne répète jamais assez que les échanges marchands sont tout aussi sociaux que les transferts publics et privés. Une vulgate qui entretien le préjugé d’une supériorité qualitative du don sur l’échange est, sur ce point, pernicieuse.

S’il est possible de tirer de la notion de démocratie le concept de démocratie économique, il y a lieu de s’attendre à ce qu’une économie politique atemporelle – non asservie au temps présent ou à un époque révolue – soit la plus appropriée pour y parvenir.

Des indices manifestes donnent à penser que cette possibilité existe. Un usage sine qua non de la démocratie politique est la mise en concurrence alors que toute une part de la vie économique exploite le même principe d’organisation. Un bulletin de vote glissé dans l’urne est un choix entre plusieurs annonces alors que des actes économiques sont des choix entre plusieurs annonces, qu’il s’agisse, par exemple, de « faire son marché », de trouver un employeur ou un employé, de souscrire un placement, de donner à une œuvre plutôt qu’à une autre. Le constat de ce parallélisme suggère deux observations dont le développement trouve sa place dans une enquête approfondie sur la pratique des échanges marchands et des transferts de termes d’échange marchands. Le concept de démocratie économique est définissable en extension : démocratie fiscale, démocratie financière, démocratie salariale,[4]démocratie industrielle (ventes et achats des marchandises non rares commercialisées par les entreprises). Chaque sorte de démocratie économique paraît bien pouvoir faire l’objet d’une définition en compréhension par l’énoncé des normes qui l’établissent. Or le socle de la science économique digne de ce nom est l’écriture de ces normes car toutes les stipulations de la loi systémique de l’offre en échange de l’offre en font partie.

Une économie politique atemporelle est comme un compas (une boussole) qui indique le nord constamment, y compris au milieu des pires dépressions. Ce n’est pas le cas d’une pensée économique asservie à la mentalité et aux usages du lieu et du temps de son élaboration. L’art de la politique économique et des réformes qu’elle étaye consiste beaucoup à prendre appui sur une pensée économique atemporelle. Une pratique plus accomplie de la démocratie en dépend.

« Définitivement » s’emploie à bon escient à la place de « scientifiquement » alors que « scientifiquement » et « actuellement » ne s’emploient pas à bon escient de façon interchangeable. Quand le site internet de Météo France annonce que « les situations météorologiques ne sont pas scientifiquement prévisibles à plus de 10 jours », la démonstration scientifique de cette impossibilité existe ou n’existe pas. Si elle existe, « scientifiquement » est, dans cette annoncé, employé à bon escient et « définitivement » le serait aussi. Si elle n’existe pas, « scientifiquement » est utilisé fallacieusement pour signifier « actuellement ». Ce qui vaut, à cet égard, pour la météorologie et le météorologue vaut pour l’économie et l’économiste.

L’atemporalité dont il vient d’être fait état est une propriété d’autant plus précieuse que la finalité politique de la théorie économique expose cette dernière à être manipulée pour donner en représentation des illusions qui font obstacle au plus possible de démocratie économique et de prospérité générale de la population.

Le moral et la morale d’une population font partie de sa prospérité générale. Cette partie n’a rien d’accessoire pour ce qui est de la qualité de vie des individus et des collectivités dont ils sont membres. Garbage in, garbage out [5] répètent volontiers les informaticiens pour signifier que les défauts de qualité font système. Il faut être enfermé dans une adulation quasi obsessionnelle de la modernité pour ne pas éprouver, encore plus aujourd’hui qu’hier semble-t-il, de l’inquiétude quant à l’évolution de la morale et du moral qui se respirent dans l’air du temps, ainsi que pour balayer d’un revers de main l’existence des causes et des conséquences économiques de cette évolution.

L’une des illusions encore beaucoup trop donnée en représentation est celle de la prétendue vertu, quand un bas conjoncturel s’amorce, du déficit budgétaire creusé en faisant financer des dépenses publiques de fonctionnement [6]par de l’emprunt. La preuve qu’il s’agit d’une illusion est à portée de main de qui veut bien s’en emparer. Il existe, en effet, en complément du théorème de différence (page 21) et du théorème de réduction (page 22), le théorème du temps économiquement perdu – ce temps ne se rattrape jamais – et le théorème des relances illusoires – toute autre relance que par davantage de financement permanent d’entreprises et secondairement de dépenses publiques d’équipement est illusoire. Que ce soit pour un particulier ou pour l’ensemble des particuliers d’un pays, un temps économiquement perdu est celui pendant lequel la différence entre le flux de ses revenus et le flux de ses dépenses, tous débours fiscaux compris, est moins positive (ou plus négative) que ce qu’il aurait pu être. En conséquence son patrimoine net – sa situation nette de toute dette – est moindre que ce qu’il aurait pu être. Au terme de n’importe quelle période suivante, ce patrimoine net restera inférieur à ce qu’il aurait été s’il y avait eu moins de temps économiquement perdu. Les ruines déblayées par les reconstructions restent à jamais les pertes économiques qu’elles ont été. Dans ces conditions, toutes les relances macronomiques qui ont pour effet d’augmenter du temps économiquement perdu sont illusoires pour ce qui est de leur contribution à terme à l’augmentation du patrimoine, net de tout endettement, de l’ensemble du secteur privé et public d’un pays. Pour qu’il en aille autrement, il faudrait que le temps économiquement perdu puisse se rattraper, ce qui est impossible. Seule une sorte de relance macronomique ne présente pas ce défaut. Des observations exposées plus loin dans cet ouvrage, particulièrement dans son chapitre quatrième sur le capital, le profit et l’emploi, établissent que cette sorte consiste avant tout en davantage de financement à proprement parler permanent d’entreprises. Quitte à ce que ce soit au moyen de davantage d’épargne des particuliers. Ce davantage, quand sa plus grosse part est placée en fonds propres d’entreprises, lesquelles utilisent ces placements pour financer leurs fonds de roulement et des dépenses d’équipement, et quand sa plus petite part est placée en emprunts finançant des dépenses publiques d’équipement, lesquelles alimentent les ventes d’entreprises, 1) n’est pas une cause de dépression du niveau général d’activité, 2) ou bien engendre une augmentation de la masse des revenus des particuliers, 3) ou bien atténue la décroissance de cette masse.

On est alors loin de l’illusionnisme qui donne à croire qu’un gouvernement privé du financement par l’emprunt public d’une augmentation des dépenses publiques de fonctionnement ne dispose plus d’une marge de manœuvre conjoncturellement indispensable. Surtout quand un bas de conjoncture s’amorce, ce qu’est une politique économique digne de ce nom (loi dite des 20/80, page 20) fait obligation à un gouvernement de concentrer son action avant tout sur la levée structurelle des entraves, notamment fiscales et entrepreneuriales, à l’augmentation du stock de capital proprement dit (fonds propres des entreprises) – et, qui plus est, à l’augmentation de la partie « qualité retraite » de ce stock. Autre diagnostic, autre pronostic, autre pharmacopée.

Cette autre médecine nécessite une cohérence conceptuelle dans laquelle la relance par la consommation, les subventions aux entreprises et la négligence de l’évidence du désamorçage (page 23) font, entre autres, partie de ce qu’il ne faut pas faire pour servir au mieux l’intérêt général. Même quand l’opinion publique est enfumée d’illusions, l’intérêt de la population est que l’instauration puis la conservation d’un haut degré de démocratie économique ne fasse pas l’objet d’incessantes procrastinations pour cause de manipulations conjoncturelles.  La résistance à ces manipulations et à d’autres défauts des pilotages du système de l’offre en échange de l’offre n’en apparaît que plus remarquable mais il est inconcevable que ces défauts ne participent pas à ceux de notre qualité de vie. Garbage in, garbage out : du défaillant en entrée fait du défaillant en sortie qui, lui-même, etc.  



[1]L’expression « sciences humaines » ne prend, en l’absence de sciences inhumaines, un sens franc que s’il est sous entendu qu’il s’agit des sciences des mœurs humaines. La science économique est une branche des sciences des mœurs humaines.

[2]Mais ce n’est pas la hausse de la prétendue « productivité du travail » qui détermine l’élévation du revenu global du travail, nous le constaterons au chapitre 5.

[3]Chapitre 3.

[4]Salariale et non pas sociale. Pas une seule des autres branches de la démocratie économique ici énumérées ne peut être, comme l’économie elle-même dans tous ses composantes, asociale et, point discuté un peu plus loin, amorale.

[5]Garbage : ordures, déchets, détritus. Du défaillant en entrée fait du défaillant en sortie. Partout dont en analyses économiques.

[6]La distinction entre dépenses de fonctionnement, ou « charges » en terminologie comptable, et dépenses d’équipement, ou « actifs » dans cette même terminologie, est beaucoup moins incertaine que cela se dit. Les premières sont des flux, les secondes des constitutions de stocks à prendre en compte dans tout inventaire sincère. Exemple : le « coût du travail » des enseignants, à savoir leurs salaires complets, est un flux de dépenses de fonctionnement cependant que la construction et le gros entretien d’une école sont des dépenses d’équipement. Prétendre que ces salaires sont en réalité des dépenses d’équipement de la nation parce qu’elles contribuent à la constitution d’un « capital humain » (sic) est une histoire à dormir debout dont ceux qui la racontent ne font rien de moins que prescrire une authentique malversation comptable, contre productive socialement et culturellement – quand tout est possible, plus rien de sensé ne le devient – et notoirement immorale (proposition suivante et son commentaire).