2.10. En résumé, une marchandise est un objet qui a quatre propriétés.

Ces quatre propriétés sont :

  • être le produit d'une dépense d'énergie humaine.
  • comprendre toujours la fourniture d'au moins un service et parfois d'un bien.
  • avoir une autre valeur d'usage que de posséder une valeur d'échange.
  • ne pas être un moyen élémentaire de production.
  • avoir été mis en vente et de ne pas avoir encore trouvé preneur.

Chacune des propositions 2.1, 2.4, 2.5, 2.8 et 2.9 énonce un critère d’appartenance à l’ensemble des marchandises. Au moyen de ces cinq critères, la proposition 2.10 définit en compréhension la marchandise. Cette définition est complétée de quatre exclusions qui permettent d’éviter de préciser le champ de la sphère marchandes et d’éviter ainsi que graves erreurs de science économique et de politique économique :

  • Le travail en tant que dépense d’énergie humaine n’est pas une marchandise et n’a pas de prix.
  • Les monnaies ayant cours ne sont pas des marchandises mais ont une valeur d’échange marchand.
  • Les ressources naturelles ne sont pas des marchandises et n’ont pas de prix.
  • Le savoir, ou si l’on préfère la connaissance, n’est pas une marchandise et n’a pas de prix.

Illustration 1 : économie de la connaissance

Ce qu’il est aujourd’hui bien porté d’appeler « l’économie de la connaissance » n’indique en rien que la connaissance est devenue une marchandise. La proposition 2.7 a indiqué que, par nature, la connaissance ne pouvait en être une.

L’économie de la connaissance n’est rien d’autre qu’une augmentation de la proportion du nombre de marchandises dont l’élaboration et la commercialisation, ainsi qu’assez souvent l’utilisation, ont été rendus possibles par la dématérialisation de l’information et la mise en place de « réseaux sociaux ».
Ces deux facteurs multiplient les échanges possibles à pro-pos du savoir. Enseigner, publier, conseiller ont trouvé des nouveaux supports et ouvrent la porte à de nouvelles possibilités d’échange. La loi systémique de l’offre en échange de l’offre ne s’en trouve pas modifiée. En revanche, il y a augmentation des besoins de financement permanent pour les entreprises voulant prendre part à ces échanges.
 

Illustration 2 : économie de la santé

L’expression « économie de la santé » a, elle aussi, un tout autre sens que celui dans lequel elle est désormais quasi officiellement utilisée. Il s’agit, en fait, de l’économie des soins médicaux et paramédicaux au moyen de la pra-tique d’échanges marchands dont un terme est la fourniture de cette sorte de soins.

La santé n’est effectivement pas une marchandise. Elle n’est pas transmissible et ne peut faire l’objet d’aucun échange. Elle n’a donc pas de prix (valeur d’échange). .Les prestations médicales, quant à elles, ont bien un prix, hors les cas dans lesquels elles sont fournies bénévolement (aux indi-gents le Serment d’Hippocrate y oblige).

Elles sont donc aussi, pour ce qui est de leur aspect économique, des marchandises. Le progrès dans la fourniture des soins médicaux et même paramédicaux fait que les besoins de financement permanent des entreprises de ce secteur d’activité s’en trouvent, eux aussi, augmentés.
 

Plus largement …

L’éducation n’est pas non plus une marchandise. La justice n'est pas une marchandise. Etc.