2.18. L'ensemble des marchandises élémentaires constitué par des placements d’épargne comporte deux sous-ensembles qui ont respectivement pour contrepartie des intérêts et des profits.

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Premier cas : le particulier P prête une somme d’argent ou une autre sorte d’objet moyennant l’engagement pris par l’emprunteur de restituer à P le prêt à l’échéance convenue.
Deuxième cas : le particulier P apporte à l’entreprise E une somme d’argent ou une autre sorte d’objet qui lui procure la propriété partielle ou totale de l’entreprise E.

Hiérarchie des placements

Dans les deux cas, il y a placement. Dans les deux cas, P reste propriétaire de ce qu’il a placé. Dans les deux cas, il n’y a échange marchand que si le service fourni est rémunéré.
Dans le premier cas, il y a placement limité dans la durée et sous engagement de restitution par l’emprunteur de la chose prêtée.
Dans le deuxième cas, il y a placement illimité dans la durée et sans engagement de restitution de la chose apportée.
Parler de prêt dans le premier cas et d’apport en capital ou en fonds propres dans le deuxième cas paraît être la convention de vocabulaire la plus spontanément utilisée pour rendre compte de cette différence. Tenons-nous en à cette convention, quitte à la compléter si le besoin s’en fait sentir.

Un prêt peut être sans intérêt et l’est souvent dans la vie privée. Cette gratuité en fait un acte non marchand. Le remboursement de la somme d’argent prêtée ou le rendu de l’autre sorte d’objet prêté n’est pas la contrepartie d’un échange marchand. C’est une restitution à son propriétaire de ce qui lui appartient et n’a pas cessé de lui appartenir.
Pour qu’il y ait échange marchand, il faut qu’il y ait deux objets (deux termes) dont chacun donne lieu à cession en échange de l’autre objet (l’autre terme). Le service d’un prêt ne devient le terme d’un échange marchand que quand l’autre terme est un intérêt proportionnel, en valeur absolue, au montant du principal et à la durée du prêt.

Echange marchand : prêt 

Les dons volontaires et imposés, dont les vols, ne sont pas des échanges marchands. Ils restent cependant des actes économiques en tant que transferts de pouvoir d’achat.
Changer une quantité de monnaie en une autre quantité de monnaie est aussi un acte économique qui n’est pas un échange marchand, mise à part l’éventuelle commission prélevée par le changeur.

Le prêt d’un principal devient un terme d’échange marchand dès lors qu’il a une contrepartie sous forme d’intérêts périodiques, payés par l’emprunteur au préteur. Prêt et intérêts périodiques sont ainsi les deux termes d’un même échange marchand.

Anticipons sur la théorie du capital et du profit : l’apport en capital devient un terme d’échange marchand dès lors qu’il a une contrepartie sous forme les profits périodiques versés par l’entreprise aux actionnaires. Apport en capital et profits périodiques sont ainsi les deux termes d’un même échange marchand.
Voir dans le profit le terme d’un échange marchand, permet d’inscrire le profit dans la discipline de l’échange auquel le salaire et le prêt contre intérêt sont eux-mêmes astreints.