2.25. Clarifications sur l'usage des mots «prix» et «coût»

Il est commode d’utiliser le mot « prix » pour désigner la valeur d’échange d’une marchandise selon les dires et dans les comptes de son vendeur et le mot « coût » pour désigner la valeur d’échange de la même marchandise ou d’une autre selon les dires et dans les comptes de son acheteur.

Le vocabulaire de la comptabilité commerciale et du contrôle de gestion utilisent cette commodité. Ce n’est pas systématique mais c’est fréquent. Il en va de même dans la vie courante.

Les prix des vendeurs font les coûts des acheteurs. La valeur d’échange demandée par le vendeur est la valeur d’échange acceptée par l’acheteur, quand la transaction s’établit et se dénoue de cette façon. La valeur d’échange offerte par l’acheteur est la valeur d’échange acceptée par le vendeur, quand la transaction s’établit et se dénoue de cette autre façon.

Qui observe que tels prix de marchandises composées sont ou tendent à être essentiellement des sommes de coûts augmentées de rémunérations du capital ne dresse pas un constat vide de sens : ces prix ne sont pas arbitraires ou, comme cela se dit justement de manière familière, « à la tête du client », c’est-à-dire subjectifs, ou tout au moins ne le sont que résiduellement. Cela étant, ce constat n’est qu’un début d’explication. D’où viennent ces coûts qui sont eux-mêmes des prix ? Qu’est-ce qui détermine les taux de rémunération du capital, ces taux étant eux-mêmes des prix ? Sur ce dernier point et sur celui des salaires, quoi d’objectif ? Pour que l’explication prenne corps, il faut qu’elle comporte la production de deux élucidations, l’une relative à la formation des valeurs d’échange de la marchandise élémentaire et primaire qu’est le travail en tant que produit en contrepartie d’un salaire, l’autre relative à la formation des valeurs d’échange de la marchandise également élémentaire qu’est le placement en capital en contrepartie de sa rémunération.

Mais là se pose un problème d’ordre. D’abord l’élucidation de la formation des salaires ou d’abord l’élucidation de la formation des profits ? Dans le prix de la plupart des marchandises composées, les salaires sont en beaucoup plus grosse proportion que les profits. La recherche dont le présent ouvrage rend compte établit qu’il convient d’abord d’observer le phénomène du profit et de l’emploi de salariés par les entreprises – chapitre 4 – pour ensuite tirer au clair le phénomène de la répartition et du salaire – chapitre 5.