Politique économique : changer la donne, Roland Verhille

Janvier 2012

La compétitivité d’une économie est fonction d’un ensemble de facteurs qui caractérisent une société. Elle conditionne sa capacité de se fournir à l’étranger en biens et services qui lui manquent en échange de ses propres productions, favorisant ainsi sa croissance économique et ses emplois.

Le niveau des coûts de production dans le pays comparé à celui des pays étrangers est seulement l’un des principaux éléments de cette compétitivité.

Les charges sociales ne sont que l’une des composantes de ces coûts de production. Elles couvrent seulement en partie l’acquisition par le salarié de droits. Car elles sont truffées de financements de prestations dites sociales bénéficiant à d’autres qu’au travailleur. De plus, elles privent le salarié de l’exercice par lui-même de son droit de choisir au bénéfice d’organismes collectifs bénéficiant d’un monopole ou de quasi-monopoles. Les autorégulations sont ainsi neutralisées, la pertinence des choix de dépense est plus que douteuse, leur efficacité au regard du développement de l’économie est altérée par des emplois de ressources relevant du gaspillage.

L’efficacité économique de la gestion de l’entreprise par ses dirigeants est une autre composante importante des coûts de production. Il ne suffit pas d’avoir reçu la formation d’une grande école pour être chef d’entreprise efficace. Il ne suffit pas non plus de suivre les conseils de prétendus « spécialistes en gestion d’entreprise ». Là également, ce sont les autorégulations qui trient parmi les entrepreneurs ceux qui sont efficaces du fait de leurs qualités personnelles et ceux qui se révèlent ne pas l’être.

Le coût du financement de l’appareil d’État est une autre composante importante des coûts de production. Quelles que soient les voies empruntées pour lever ces financements, ils aboutissent inéluctablement par une voie ou une autre à alourdir les coûts de production. Et on sait que la France est championne du monde des prélèvements obligatoires. L’ensemble des cotisations sociales se monte à environ 37% du produit intérieur corrigé, ce qui n’est pas loin de seulement la moitié du coût total de notre appareil d’État qui grève nos coûts de production.

D’autre part, les mentalités conditionnent aussi la compétitivité du pays. Il n’est pas d’emploi à défaut d’employeur, et pas d’emploi viable à défaut d’employeur performant engageant sa fortune et sa famille dans le sort de son affaire. Fustiger systématiquement les employeurs en leur faisant la condition d’exploiteur et de profiteur les chasse ailleurs, leurs emplois avec eux. Les paralyser en les privant de la possibilité d’adapter la gestion de leur entreprise aux conditions des marchés auxquelles elles sont soumises fait de même. Les dogmatismes dominants en France qui sont le lot des politiciens et des syndicats, et qui conditionnent notre appareil d’État, sont le plus puissant des facteurs contrariant la compétitivité de l’économie française.

Au total, la France est un pays non pas capitaliste, mais étatisé. C’est le vice rédhibitoire congénital de notre économie, de son « modèle social ».