Europe : pourquoi il faut aller plus loin, Annick Steta

Septembre 2012

Sous ce titre, un point de synthèse est fait sur l’état de la zone euro et, partant, du volet actuellement le plus chaud de la construction européenne. Il faut aller plus loin, conclut ce rappel des faits : « Or si les responsables politiques ne se décident pas très vite à remédier aux défauts de construction de l’union économique et monétaire européenne, l’espoir de voir le continent retrouver le chemin de la prospérité s’éloignera ».

Dans ces défauts, celui qui va le plus à l’encontre de la communauté de point de vue, au sein de la zone euro et plus largement en Europe, est effectivement relatif à la croissance. La relance par encore plus d’endettement, tant public que privé, n’est plus supportable. Mais il y a un autre moteur de la croissance économique, plus naturel, moins polluant et en peu de trimestres de bien meilleur rendement.

Sur ce site, il est tant question de cet autre moteur qu’il devient suspect de remettre une fois de plus le couvert. Mais une question se pose. Pourquoi si peu d’économistes et d’autres citoyens prescrivent d’aller plus loin dans la construction européenne et la politique de l’emploi en changeant le réglage, par trop défectueux, de cet autre moteur ?

« Quelqu’un a-t-il une idée pour relancer la croissance ? » Par cette question, Jean-Marie Colombani a ouvert le samedi 15 septembre l’émission radiophonique hebdomadaire, qu’il coproduit avec Jean-Claude Casanova, La rumeur du monde. Les invités ont été Jean-Hervé Lorenzi, professeur à l'université Paris-Dauphine, président du Cercle des économistes, conseiller du directoire de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild et membre du Conseil d’analyse économique et Éric Le Boucher, directeur de la rédaction d'Enjeux-Les Echos, éditorialiste à Slate. Cela prend une quarantaine de minutes d’écouter la réponse qui ne comporte rien, strictement rien, sur le placement d’épargne en capital social. Rien également venant de Jean-Paul Betbèze dix jours plus tôt, dans un entretien de même durée auprès d'une autre radio qui l'invite à faire un point global sur l'état de l'économie. Etc.

Jacques Sapir, dans son diagnostic et son ordonnance, ne tient lui aussi aucun compte du moteur auquel il est ci-dessus fait allusion. Un retour à des monnaies nationales des pays de la zone euro serait non seulement une défaite géopolitique de première grandeur mais aussi beaucoup plus coûteux en énergie politique et en argent qu’un changement de réglage de ce moteur. Par d’autres moyens, beaucoup plus conformes à ce qu’est une nécessaire autonomie d’une économie nationale en matière de salaires notamment, ce changement apaiserait lui aussi des tensions mais par le grand projet commun de la mise en place d’un nouveau capitalisme.

DM, septembre 2012