L'économie en bon état

strict warning: Only variables should be passed by reference in /home/atelierpa/www/modules/book/book.module on line 559.

Qu’est, pour l’essentiel, une économie nationale en bon état ? Un pays se porte mieux quand une réponse claire et juste y prévaut.

Moteur et stabilisateurs

Dans une économie nationale en bon état, la croissance a un moteur principal et deux stabilisateurs. Le moteur principal est le placement d’épargne directement en financement permanent d’entreprise. L’un des stabilisateurs est le poids des investissements publics tenu chroniquement stable. L’autre stabilisateur est la série des budgets publics consolidés tenue chroniquement excédentaire.

De ces idées directrices et de deux autres découlent une politique économique cohérente. Il n’est pas excessif de dire que son adoption fait changer de régime économique.

Représentation normative

Il n’y a de diagnostic que par rapport à des normes. Nos compatriotes le savent. Autant leur faire part clairement de la représentation normative qui sert de point d’appui au diagnostic. En France, le moteur qu’il faudrait principal est bien trop poussif. Quant aux stabilisateurs, ils sont détraqués. C’est au point que l’endettement public, résultat de l’accumulation de déficits, est manifestement devenu un ralentisseur de croissance.

Des représentations prétendues descriptives mais en réalité normatives abondent en théorie économique. L’une des plus fameuses est le carré magique de Kaldor. Il a pour axes la croissance, l’emploi, l’inflation et la balance commerciale. Cette macroéconomie tactique a été et reste servie aux Français. Elle ne suffit pas pour, comme le dit Hollande, « nous redresser » puis « nous dépasser ». Il nous faut davantage de hauteur de vue.

Le levier d’obtention du plein-emploi que le schéma général comporte doit être tel que ce soit nous qui le manœuvrions. Nous individuellement considérés, pas des appareils, pas des fatalités. Nous dans notre diversité et avec notre propension aux querelles et aux désinvoltures. Nous heureusement incapables de prendre collectivement en main ce levier si ce dernier est poisseux de partialité.

Loi d’airain et maximisation

Les échanges marchands procurent des revenus. Ces revenus sont pour les uns de placements, pour les autres du travail. La répartition du revenu global entre les sommes des uns et des autres est régie par une relation inviolable. Le revenu total du travail est lui-même réparti en salaires individuels.

Les salaires, dit-on, sont des prix comme les autres, régis par la loi de l’offre et de la demande. C’est beaucoup plus faux que vrai. Des prix n’ont les mêmes déterminants que par catégorie d’échange, y compris en ce qui concerne leurs variations en fonction de l’offre et de la demande. Mais n’entrons pas ici dans cet examen. N’entrons pas davantage dans l’examen de la relation inviolable qui régit la répartition du revenu global. Sautons aux idées directrices que ces investigations dégagent.

Dans une économie nationale en bon état, deux reconnaissances ont cours. L’une a trait à la vraie loi d’airain des rémunérations du travail, l’autre à la maximisation qui est dans la pente naturelle de l’économie de marché.

La loi d’airain est que, nation par nation, les rémunérations du travail diminuent celles qui leur sont inférieures, quand il y en a. Ces mêmes rémunérations augmentent celles qui leur sont supérieures, quand il y en a. L’inégalité des rémunérations du travail est une clé de répartition. Cette répartition est réglable par le corps social. De fait, ce réglage varie dans le temps et l’espace.

Quatre assomptions

La maximisation est celle du revenu total du travail. L’histoire confirme qu’elle est dans la pente naturelle de l’économie de marché. La porter à son plus haut nécessite qu’elle soit sous contrainte. Le revenu des placements en financement permanent d’entreprise et l’emploi sont les objets de cette contrainte. Ce revenu doit être suffisant pour rétablir ou maintenir le plein-emploi. La contrainte de la rentabilité est un détour de relance permanente.

C’est à cause de la mise à mal de ce détour que la maximisation du revenu total du travail est bloquée par le socialisme étrangleur de la liberté d’entreprendre. C’est aussi à cause d’elle, la mise à mal de ce détour, que cette même maximisation est freinée par l’étatisme gonfleur d’impôts. C’est encore à cause d’elle que le placement en capital, quand il est désaxé de la fourniture d’un rendement pour être axé sur le ratissage d’une plus-value, freine la maximisation naturelle, celle du revenu total du travail et non pas de la prétendue création de valeur pour l'actionnaire..

Cette dernière distorsion pousse à son tour au traitement du chômage par son partage, dit trompeusement du travail, ainsi que par un alourdissement des taux de prélèvements obligatoires. L’équipage à la manœuvre est d’autant moins apte à faire face qu’il n’a pas clairement en tête les quatre assomptions collectives qui font une économie nationale en bon état :

1) le moteur du placement d’épargne directement en financement permanent d’entreprise ;

2) les stabilisateurs du poids des investissements publics tenu chroniquement stable et de la série des budgets publics consolidés tenue chroniquement excédentaire ;

3) le réglage permanent, par l’opinion publique, de l’inégalité des rémunérations du travail ;

4) la maximisation du revenu total du travail par la levée des entraves à la pleine rémunération des placements en capital.

Avril 2013