Demain l'économie, Aa

Avril 2013

Chloé et Rémy sont cousins, deuxième et troisième dans l’ordre de naissance des huit petits-enfants de Josiane et de Dominique. Née le 5 octobre 1993, Chloé est actuellement à Shanghai pour y poursuivre des études supérieures de commerce, avant de revenir les terminer en France. Né le 11 octobre 1994, Rémy est en première année de sciences économiques à Paris I.

Chère Chloé, cher Rémy,

Sur ce que sera demain l’économie, vous allez agir en prenant part aux choix que votre génération a commencé à instruire. C’est pourquoi je désire vous en entretenir.

En France et en Europe, un fait est aujourd’hui particulièrement manifeste. Il n’y a pas de consensus sur le principal à faire afin de retrouver assez de croissance pour que le plein-emploi puisse en résulter.

La technicisation et la mondialisation auraient pour effet que le plein-emploi ne se pourrait plus chez nous. La solution serait d’assurer à tous une allocation de subsistance, tout en laissant à chacun la liberté d’y ajouter un revenu de son travail et de ses placements. Le total déclaré de ces revenus devrait être assez élevé pour que, sans trop le ponctionner fiscalement, cette allocation universelle puisse être financée. Bien que cette économie sociale de marché suppose ce « sans trop » atteignable avant qu’une asphyxie en résulte, ce qui est un pari fort imprudent, l’allocation universelle continuera à séduire.

Or voici que moins de chômage structurel puis le plein-emploi reviendront si assez d’épargne est directement placée en capital proprement dit. Une innovation à disposition de votre génération est de lier la croissance premièrement aux placements directs en capital social. Si ce changement intervient, la notion d’économie sociale de marché prendra un sens plus sûrement salubre.

Encore vous faut-il assez tôt comprendre qu’il s’agit bien là d’une innovation ; pourquoi elle est faste ; quelles réformes sont nécessaires à sa mise en œuvre. Je vais tenter de vous le faire apparaître. Si le temps m’en est donné, d’autres considérations suivront. Chemin faisant, d’une façon ou d’une autre vous me ferez part de vos appréciations. J’espère ainsi mieux percevoir ce qui est le plus favorable et défavorable à la mise en circulation de ces vues prospectives dans les réseaux dont vous êtes et serez parties prenantes.

Bien affectueusement, Dominique