Demain l’économie, Af

Octobre 2013

Chers jeunes gens,

Parmi vous se trouvent bien entendu Chloé et Rémy, historiquement en têtes de liste voir pages précédentes. Car par eux et d’autres la liste va progressivement s’allonger, jusqu’à constituer un réseau en expansion.

Ni commencer ni poursuivre la construction de ce réseau ne sont choses aisées. Son point d’ancrage, l’Atelier Paul Fabra, est un lieu austère. Les pages qui se trouvent sur ce site et vont en compléter le fonds conceptuel et politique sont au premier abord pour la plupart exagérément difficiles à lire, l’avancement en âge et en grade au-delà de l’adolescence ne rendant généralement pas plus disponible à des analyses et prescriptions venues d’un horizon inattendu.

Lisibilité, austérité, prospérité

La lisibilité de ce fonds peut et doit être améliorée. Nous y travaillons dur, avec la certitude que nos successeurs auront à faire de même pour que l’austérité intellectuelle du lieu fasse de moins en moins obstacle à sa prospérité sociale.

Cette prospérité est encore chétive. Le réseau n’est pas encore en expansion de par son propre dynamisme. La notoriété de l’Atelier Paul Fabra parmi les économistes et les syndicalistes, ainsi que dans la classe politique, est encore balbutiante. Les mains que nous tendons pour nous présenter nous valent encore presque toujours de rester suspendues dans le vide, comme par peur de se compromettre dans un complot réactionnaire. Il faudra peut être encore des lustres, c’est-à-dire des quinquennats, pour que cela change.

La foi des pionniers

Fort vraisemblablement, ce changement ne surviendra pas rien que parce que le vent a tourné. Aux pionniers, il faut une foi. Demain l’économie ne sera pas en bien meilleur état rien qu’en prolongeant des tendances déjà à l’œuvre. Si votre génération est encline à se rassurer par l’opinion contraire, soyez, vous, assurés que sur ce point elle se trompe lourdement. L’économie, et partant beaucoup de la vie en société, ne sera demain en bien meilleur état que si votre génération et les suivantes prennent à bras le corps le redressement des erreurs les plus fondamentales d’analyse, de dénominations et d’encadrements législatifs qui, commises par les générations précédentes dont celles aux manettes du pouvoir et de votre formation, font le mauvais état actuel.

Qu’en ce domaine (et d’autres ?) votre foi ait donc deux articles : 1) il y a du grain à moudre, 2) ce grain est difficile à moudre, la preuve en étant que les générations précédentes n’ont pas réussi à en tirer meilleure farine. Ne vous contentez donc pas d’aiguiser votre esprit critique, y compris à l’égard de ce que l’Atelier Paul Fabra produit ainsi que de son stratagème au long cours. Soyez donc constructifs, sans hésiter à sortir du carré où vos prédécesseurs ont cru voir de bonnes solutions. Mais aussi sans hésiter à vous installer progressivement dans un autre carré, à condition toutefois de ne pas faire l’impasse sur l’enrichissement de votre curriculum vitae par des diplômes qui ont la réputation d’attester de vos compétences.

L’esprit d’abord, la lettre ensuite

Du plus concret, complètement compatible avec la condition que je viens de rappeler, j’en ai à vous livrer, comme j’ai à vous faire part du stratagème. Mais, outre que c’est à quelques semaines près prématuré à cause de l’exercice dans lequel Rémy s’est bravement embarqué et par d’autres considérations tactiques, commencer à le faire faire maintenant allongerait trop cette missive. L’esprit d’abord, la lettre ensuite, si vous voyez ce que je veux dire. La rupture, en matière de politique et de savoir économiques — savoir dont fait partie la technologie de gestion d’entreprise et d’association à but non commercial ainsi que d’administration publique (technologie au sens premier du mot : le discours, logos, sur de la technique, tekhné métier, procédé) — la rupture, ai-je commencé à dire, qu’il deviendra progressivement à votre portée de promouvoir est avant tout affaire de motivation. En vous y prenant adroitement, votre participation à cette promotion non seulement ne vous ostracisera pas mais deviendra un plus dans votre profil.

La motivation qu’il y faut ne tient cependant qu’à un fil d’abord ténu, avant de s’échiner à le renforcer : les deux articles de foi dont le précédent paragraphe fait état. Fréquenter l’Atelier Paul Fabra renforcera peu à peu ce fil, premier lien entre les membres du parti des braves.

DM

Accès et réponses aux commentaires

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Cette ligne, au service d’une pensée et d’une politique économiques, est comme la corde d’un arc dont l’esprit constructif est la flèche. Critiques et questions, ainsi que reformulations, ont leur place dans les contributions à ce travail. C’est cependant à condition qu’elles procèdent du désir d’aider à la construction et à la diffusion d’une conception rigoureusement circonscrite de l’économie et de ses applications principales.

À cette fin, les questions postées en commentaire sont d’autant plus bienvenues qu’elles sont posées par des jeunes gens. La pensée et la politique économiques travaillées par l’Atelier Paul Fabra procèdent d’un recommencement. Les idées et le vocabulaire qui l’articulent ne deviendront plus faciles à cerner que quand des voix qui font autorité dans la classe politique et l’opinion savante se seront prononcées en leur faveur, contribuant ainsi à les mettre en circulation dans l’air du temps. Et même alors, bien les comprendre passera par des questions et des réponses.

Comme cela a été notre intention dès le départ mais qui a été contrarié par des rodages, tous les nouveaux commentaires autres que ceux postés par les membres du secrétariat feront l’objet d’une réponse par l’un de ces membres. Ce dispositif de correspondance ouverte à qui cliquera pour la consulter, donc à tout utilisateur d’internet, vise évidemment l’établissement puis le développement d’un réseau de sociétaires actifs. Moins évidemment, il vise également le recrutement au long cours de membres déclarés du parti des braves, appellation qui pour le moment et peut-être encore longtemps n’est qu’un ballon d’essai à transformer.