Commentaires récents

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  • Le business et la morale, Paul Fabra   Il y a 3 an 24 semaines

    Un Gosplan éclaté... La conclusion de cette chronique Paul Fabra devrait être source de réflexion sur le type de libéralisme auquel mène la concentration des grands groupes avec son corrolaire de contrôles et de procédures. La course à la centralisation, aussi bien celle des états que celle des entreprises, s'approche dangeureusement des modes de gestion des anciens pays de l'Est.

  • Introduction à l'économie définie   Il y a 3 an 24 semaines

    Pierre Manent cite dans son Cours familier de philosophie politique[1] Carl Schmitt (La notion du politique, 1932) : « Schmitt reprend explicitement la conception de Hobbes concernant la natural condition of mankind. » Cette conception de la condition humaine conduit à soutenir que, comme Schmitt l’écrit et Manent le cite (plus largement) : « [La] défiance critique [de la pensée libérale] à l’égard de l’État et de la politique s’explique aisément par les principes d’un système qui exige que l’individu demeure terminus a quo et terminus ad quem.[2] » L’économie définie ne découle pas de cet axiome. Scientifiquement, est-ce une faute ou une nécessité ? Si c’est une nécessité, quelle en est la conséquence politique ?

    Dans quelle mesure une pensée politiquement libérale est-elle indispensable à l’articulation de l’économie définie ? Rien qu’à raison, somme toute, de la concurrence quand la comparabilité en est le critère ? Dans quelle mesure aussi une pensée politique qui aura dans ses fondations l’économie définie sera inextricablement individualiste et collectiviste ? Qui aujourd’hui n’est pas pris au dépourvu par la profondeur de la rupture entre l’économie définie et « les sciences », en réalité les doctrines, économiques et politiques en vigueur et moribondes ?

    Pourquoi dans l'axiomatique de l'économie définie il n'y a pas l'individualisme méthodoloqique, à savoir l'affirmation que les individus sont les seuls organes moteurs des entités collectives et qu'on peut donc toujours élucider du collectif par de l'individuel ?


    [1] 2001, Gallimard collection Tel. Les citations faites se trouvent dans le chapitre VIII Les puissances de l’échange, p. 154.

    [2] Terminus a quo et terminus ad quem : borne (terminus) initiale (a quo, depuis laquelle) et finale (ad quem, vers laquelle).

     

  • 200 – 19 février 2014   Il y a 3 an 25 semaines

    Dans le périmètre du capitalisme de rendement, faites-vous entrer les coopératives ? 

    Réponse (DM, 20 février) - Oui, mais à condition qu’elles distribuent des dividendes quand elles sont bénéficiaires. Les coopératives, qui ont une grande place dans l’économie (française notamment : agriculture, assurances, banques, distribution, petite et moyenne industrie), se situent volontiers aujourd’hui encore comme étant non capitalistes. Effectivement, elles ne donnent pas aux détenteurs de leurs parts de capital social accès à la réalisation d’une plus-value. Ce n’est pas pour autant qu’elles font le choix d’être ouvertement des acteurs du capitalisme de rendement. La plus grosse branche du capitalisme est devenue celle des entreprises qui ont un capital social —, autrement dit celle des sociétés établies afin d’être principalement des foyers d’échanges marchands : de fait toutes les coopératives font partie de cette branche. Mais cette branche est en réalité créditiste quand il y a dans le financement de ces sociétés (dans leurs passifs, donc) le moins possible de capital social au moyen du plus possible de crédits. Particulièrement en France, les coopératives sont encore souvent dans cette situation, défavorable à la création d’emplois.

  • Non à l'économétrie de camouflage   Il y a 3 an 27 semaines

    Un expert en économétrie macroéconomique m'objecte que la Comptabilité nationale repose depuis sa création sur les constats, factuels selon lui, que les revenus de la propriété sont une répartition des revenus du travail et que la consommation équivaut à une destruction de revenus. Chacune de ces affirmations est une pétition de principe, cette faute qui consiste à tenir pour vrai ce qu'il s'agit justement de démontrer.

    Personne ne peut démontrer que les revenus de la propriété sont une répartition des revenus du travail sans différencier l'une de ces sortes de revenu de l'autre. Or une élucidation est à portée de main dès que cette différenciation est admise, avant de se livrer à toute quantification comptable ou autrement statistique. Bien que ce soit vexant d'être pris la main dans le sac à petitions de principe que l'économie non définie remplit comme d'elle-même à profusion, cette élucidation se révèle :

    • expérimentalement confirmée,
    • cruciale car elle indique ce qu'il est dans la nature du capitalisme libéral d'être,
    • ordonnatrice de ce que la Comptabilité nationale ne doit pas biaiser pour être impartiale,
    • aisée à enseigner comme cela peut se constater en parcourant ce sommaire.
  • Articles   Il y a 3 an 28 semaines
  • Le pari   Il y a 3 an 28 semaines
  • Le pari   Il y a 3 an 30 semaines
  • Le pari   Il y a 3 an 31 semaines
  • Le pari   Il y a 3 an 34 semaines
  • Le pari   Il y a 3 an 34 semaines
  • Le pari   Il y a 3 an 34 semaines

    Sans avoir fait de recherche là-dessus, il me semble que l’économie manque...

    Le webmestre éditorial prie le lecteur des interventions de Roland Verhille de noter que ce dernier, après des études supérieurs de sciences économiques puis de spécialisation professionnelle, fit sa carrière dans l'expertise comptable et ensuite dans la direction administrative et financière d'entreprises ainsi que dans le commissariat aux comptes, tout en menant des recherches et en publiant sur l'histoire et la théorie de la comptabilité. Aujourd'hui, c'est un large spectre d'actualités économiques qu'il continue à étudier et éclairer par des études qualitatives et quantitatives publiées sur le net par Le Cercle Les Echos.

  • Le pari   Il y a 3 an 35 semaines
  • B.1.1. Entreprises : trois obligations de publicité sur leur rentabilité et leur financement   Il y a 3 an 41 semaines

    Les entreprises en nom personnel qui dépassent le stade de la survie sont de plus en plus nombreuses à être en phase de devenir des sociétés commerciales. Placer en capital, dit social parce qu’il est celui d’une société, ne doit pas procurer qu’une éventuelle plus-value au moment de la liquidation du placement — cette liquidation : vente en cas d’action négociable, remboursement en cas d’action restituable. Tant qu’un placement en capital social est conservé, il doit le plus souvent avoir un rendement, autrement dit un Taux Annuel De Dividende positif, autrement dit un TADD supérieur à zéro.

    Pour bien s’apercevoir qu’il est d’ordre public qu’il en aille ainsi, faisons la supposition suivante. Les législateurs ont eu enfin la bonne idée d’obliger toutes les sociétés commerciales, donc y compris coopératives, à 1° distribuer aux détenteurs des parts de leur capital social la totalité de leur bénéfice annuel après intéressement des salariés, 2° annoncer, exercice après exercice, le TADD correspondant. Tous les placements en capital social sont devenus comparables par la rente qu’ils procurent, indépendamment des éventuelles plus-values auxquels certains d’entre eux donnent accès au moment de leur liquidation. Les placeurs savent mieux à quoi s’en tenir. La concurrence fait le reste.

    Ce reste n’a vraiment rien d’anecdotique. Les sous-rentabilités sont sanctionnées par une difficulté accrue à pourvoir à des augmentations de capital ; les sur-rentabilités sont sanctionnées par l’attrait qu’elles exercent et qui tôt ou tard font chuter les taux de marge. Le spectateur impartial ne peut qu’applaudir.

    Plus exactement, sous-rentabilités et sur-rentabilités sont sanctionnées plus vite que sans les deux obligations dont le législateur a pris l’initiative. C’est suffisant pour être décisif. S’ajoute l’élimination d’une anomalie. Qui emprunte à un établissement de crédit doit être informé par ce dernier du TAEG, le taux annuel effectif global. Qui place en capital social d’une entreprise n’a pas encore à être informé de ce que le TADD a été, de ce qu’il est quand un dividende est payé, de ce qu’il est prévu qu’il soit.

    Les pouvoirs publics ont la responsabilité des poids et mesures en usage sur les marchés. Des mesures les plus nécessaires aux comparaisons qui font la concurrence, le TAEG fait certes partie. Mais aussi et tout autant, le TADD.

  • B.1.1. Entreprises : trois obligations de publicité sur leur rentabilité et leur financement   Il y a 3 an 42 semaines

    Les indicateurs de rentabilité des entreprises sont nombreux. Il y a, entre autres, l'EBE, excédent brut d'exploitation, rapproché des capitaux propres. Pourquoi privilégier ce que vous appelez le TADD, taux annuel de dividende ? Vous soutenez qu'il est le plus important taux de profit. Pourquoi ?

  • Les assurances dites sociales sont, en fait, de nature économique   Il y a 3 an 43 semaines

    Question 1 : Pourquoi ne m'a-t-il pas été appris dès le lycée que tous les emplois rémunérés sont marchands ? Un indice de malfaçon dans notre culture économique se trouve dans un détail apparemment insignifiant. Les marchandises sont, selon l’expression consacrée, des biens et services. En réalité et depuis la nuit des temps, les marchandises sont des services et des biens, biens dont ventes et livraisons et réparations sont des services. Les deux services primordiaux dont découlent tous les autres échanges marchands sont les fournitures rémunérées de travail humain et de financement par mises en principal de prêts ainsi que, dans les entreprises, par mises en capital. Au lieu de faire état, dans ce qui est à proprement parler économique, des biens et des services, il est plus conforme à la réalité de faire état des services et des biens. Les échanges marchands, à savoir ceux dont l’un des deux termes au moins est une marchandise, constituent un sous-ensemble définissable des échanges sociaux parce que l’ensemble des marchandises est lui-même définissable. En y regardant de plus près, la malfaçon apparemment mineure se révèle être un vice majeur de fabrication. L’inévitable et indispensable théorisation de l’économie la plus admise ne comporte pas encore dans son commencement logique la théorie de la marchandise, avec la division de l’ensemble d’abord défini des marchandises en autant de principales catégories homogènes qu’il y en a. Et pour catégories primordiales, les services du travail humain et des services de financement. D’où ici le chapitre 2 de la section Science économique, chapitre comme les autres pensé en français et restant à mieux écrire en français d’abord (des jeunes gens qui font ou ont fait des études littéraires et en communication écrite sans en être devenus des infirmes de l’esprit scientifique sont les bienvenus pour contribuer à ce mieux !).

    Question 2 : Qu'est-ce que cela changerait si tous les Français admettaient que tout salarié est en cette qualité partie prenante dans un échange marchand ? Beaucoup de professeurs et de membres des professions médicales et autrement vouées au secours d’autrui ainsi qu’à la sécurité et à la justice, entre autres mais particulièrement dans la fonction publique, se mettent à part des travailleurs du secteur marchand, là où les employeurs tirent d’une activité commerciale de quoi continuer à payer du travail. Outre que dans les professions médicales c’est souvent hypocrite car activité commerciale il y a même dans les établissements publics de soins, ces Français se mettent à part alors qu’eux aussi sont parties prenantes à de l’échange marchand au titre de leur emploi. Dégager l’intérêt général des intérêts catégoriels en est rendu plus difficile. Simplifier et éliminer des inégalités qui contreviennent à l’équité en est aussi rendu plus difficile. Les Français sont pourtant épris d’égalités. Mais en matière économique, trop d’entre eux ne reconnaissent pas l’égalité naturelle dont il est ici question. La politique économique de la France sera moins encombrée de dénis de réalité, au point d’exposer ce pays au déclin, quand la mentalité française se sera faite plus réaliste et sincère sur ce qui est inévitablement et salutairement marchand et non marchand. Pour nous Français, traditionnellement brasseurs d’idées universalistes, il y faudra un nouveau catéchisme économique… par avance repoussé tant par les plus idéologues que par les moins courageux, ce qui fait hélas beaucoup de monde dans toutes les catégories socioprofessionnelles de la France ne voulant très sottement plus de nouveau catéchisme que de facture non francophone : Paris School of Economics en réplique servile à la London School of Ecoonomics comme s’il ne pouvait plus y avoir de génie économique et politique à la hauteur des défis à relever que de facture anglophone.

    NB. Il est en tout état de cause fautif de parler d’emplois marchands, pour distinction d’avec les emplois non marchands. C’est comme par paresse puisqu’il suffit de distinguer les emplois dans les entreprises et hors des entreprises pour éviter d’entretenir l’illusion qu’il peut n’y avoir aucun échange marchand de fait dans un emploi rémunéré. Que ceux qui l’ont compris s’appliquent à en tenir compte dans leur façon de s’exprimer et les journalistes finiront par suivre.

  • Les assurances dites sociales sont, en fait, de nature économique   Il y a 3 an 43 semaines

    Pourquoi ne m'a-t-il pas été appris dès le lycée que tous les emplois rémunérés sont marchands et qu'est-ce cela changerait si tous les Français admettaient que tout salarié est à ce titre partie prenante dans un échange marchand ?

  • Demain l’économie, Af   Il y a 3 an 43 semaines

    Rappelons que l’insertion d’un commentaire est réservée aux correspondants qui se connectent par leur identifiant (un prénom et un patronyme, de préférence) et leur mot de passe. L’enregistrement de cet accès permanent ne prend toutefois effet qu’après sa validation par le secrétariat de l’Atelier, par sécurité et en application de la ligne éditoriale.

    Cette ligne, au service d’une pensée et d’une politique économiques, est comme la corde d’un arc dont l’esprit constructif est la flèche. Critiques et questions, ainsi que reformulations, ont leur place dans les contributions à ce travail. C’est cependant à condition qu’elles procèdent du désir d’aider à la construction et à la diffusion d’une conception rigoureusement circonscrite de l’économie et de ses applications principales.

    À cette fin, les questions postées en commentaire sont d’autant plus bienvenues qu’elles sont posées par des jeunes gens. La pensée et la politique économiques travaillées par l’Atelier Paul Fabra procèdent d’un recommencement. Les idées et le vocabulaire qui l’articulent ne deviendront plus faciles à cerner que quand des voix qui font autorité dans la classe politique et l’opinion savante se seront prononcées en leur faveur, contribuant ainsi à les mettre en circulation dans l’air du temps. Et même alors, bien les comprendre passera par des questions et des réponses.

    Comme cela a été notre intention dès le départ mais qui a été contrarié par des rodages, tous les nouveaux commentaires autres que ceux postés par les membres du secrétariat feront l’objet d’une réponse par l’un de ces membres. Ce dispositif de correspondance ouverte à qui cliquera pour la consulter, donc à tout utilisateur d’internet, vise évidemment l’établissement puis le développement d’un réseau de sociétaires actifs. Moins évidemment, il vise également le recrutement au long cours de membres déclarés du parti des braves, appellation qui pour le moment et peut-être encore longtemps n’est qu’un ballon d’essai à transformer.

  • L'orthodoxie des économistes atterrés, Dominique Michaut   Il y a 5 an 20 semaines

    La loi de l'offre et de la demande reste très ancrée dans l'esprit du public, économistes compris. C'est une évidence sur laquelle on ne se pose plus de question.
    Ce qui est en jeu est tout simplement de savoir d'où viennent les prix.
    Il est tout de même étonnant que ceux qui dénoncent l'économie casino s'en remettent au principe de fonctionnement d'une salle des ventes comme modèle de fonctionnement de l'économie.

    Quand j'apprenais les courbes d'indifférence (le mécanisme sensé mathématiser la courbe de demande) dans mes cours de micro-économie à Dauphine, la comparaison avec l'Anticapitalisme avait vite fait de séparer le bon grain de l'ivraie.

    Les économistes attérés sauront-ils relever le défi, c'est à dire s'affranchir véritablement du dogme fondateur du néo-libéralisme ?

     

  • Crise de la science économique, Michel Rocard et Jacques Gallus   Il y a 5 an 47 semaines

    Dans les premiers paragraphes du texte cité ci-dessus, Michel Rocard fait sienne la thèse de Paul Fabra sur la théorie économique contemporaire:

     L’Anticapitalisme de Paul Fabra, par une argumentation implacable, clôt la controverse sur la loi psychologique de la valeur.

    Dans la mouvance des années 70, la réponse de Michel Rocard à cette mise au pilori de l'économie politique subjective est la remise en valeur des propositions de Marx.

    C'est mettre de côté que Paul Fabra, dans l'Anticapitalisme, met à jour aussi bien les erreurs des économistes néo-classiques que celle majeure de Marx sur la "force de travail" dont découle toute sa théorie de l'exploitation. Dans l'interview donné à l'Express en 1974, Paul Fabra note :

    ... Mais je crois que Marx a commis ici une grave erreur de raisonnement. Ce qui est sur le marché, ce n’est ni le travail ni la force du travail, mais le produit du travail. ....

    La tâche de remise en ordre de l'économie politique est un exercice qui demande une grande liberté de pensée pour pouvoir prendre du recul par rapport aux paradigmes existants. La situation économique actuelle, face aux échecs patents de ces paradigmes, est l'occasion d'exercer cette liberté.

    Les travaux initiaux de Michel Rocard vont dans ce sens. Il faut maintenant les poursuivre.

  • 7.3. L’existence d’une relation entre stock national de capital et état de l’emploi est certaine.   Il y a 6 an 8 semaines

    La relation entre nouvelles mises en capital et création d'emplois serait douteuse parce que non statistiquement prouvée. Il n'y a pas qu'une appréciation fausse de l'indépendance, impossible, entre la théorie économique qui fait le plus autorité et la statistique économique qui conduit à tenir cette assertion pour elle-même fort douteuse. Il y a également l'histoire des faits économiques.

     

    Dans cette histoire se trouve, en effet, celle de la réforme fiscale de Reagan en 1986, entre bien d'autres faits passés qui confirment l'existence, de bon sens, entre les nouvelles mises en capital et la créationd d'emplois.

    En déduire que de la niche fiscale est le meilleur moyen de stimuler la création d'emplois par de nouvelles mises en capital relève, comme le dirait Jacques Bichot, de l'action paramétrique. Comme le chapitre sur l'emploi  des présentes Propositions premières de science économique le montre, des mesures organiques prises par les pouvoirs publics sont plus appropriée à la stimulation permanente, et ouvertement structurelle aux yeux de tous, des mises en capital. 

  • Vues sur le libéralisme de Léon Say à nos jours, Dominique Michaut   Il y a 6 an 21 semaines

    Face à l'affirmation que le capitalisme est par essence inégalitaire, tirer parti de la remarquable (d'abord au sens littéral : dont il convient de prendre acte) typologie des régimes économiques qui fait partie du corpus de l'économie politique objective (EPO) dans sa version, publiée par l'Atelier Paul Fabra, sans encore d'offre concurrente sur ce segment de la théorie économique de base refondée. Il devient alors clair comme le jour ce que voici.

    Les deux centralismes, le créditiste et le capitaliste, de même que l'un des deux libéralismes, le créditiste, sont par construction plus inégalitaires que le libéralisme capitaliste, régime qui dans cette typologie est aussi bien appelée : le capitalisme libéral.

    S'ajoute à cela que la vie est par essence inégalitaire. Ce constat ne remet nullement en cause l'article du contrat social stipulant que les hommes sont égaux en droit. Mais aux citoyens, dont avec plus d'acuité à ceux d'entre eux qui ont fait profession d'enseigner l'économie, se pose la question du régime économique qui concilie le mieux le constat de l'heureuse inégalité entre les hommes et l'article de la non moins heureuse égalité en droit des hommes. L'EPO répond, par sa typologie des régimes économiques venant comme en conclusion de sa théorie du capital : le libéralisme capitaliste en tant que distinct non seulement du libéralisme créditiste mais aussi du centralisme capitaliste et du centralisme créditiste.

    Paragraphe suivant de l'article

  • Science économique   Il y a 6 an 22 semaines

    En Science économique / L’économie, les énoncés des propositions 1.4 et 1.5 comportent maintenant l’expression « économie définie ». Je m’aperçois, en effet, qu’une indication retrouvable sur le site s’impose : pour être à l’aise en EPO (économie politique objective), il faut être résolument entré de plain-pied en économie définie.

    Il ne suffit pas de montrer que cette entrée est possible et féconde pour être cru et suivi par de plus en plus nombreux convertis. Actuellement et possiblement pour bien longtemps encore, ces conversions ne peuvent être que très exceptionnelles. Voici pourquoi.

    En première analyse, il y a le monopole de l’économie indéfinie. Son champ, aux limites en trompe l’œil, est ce qu’une tradition, sanctionnée par des diplômes et célébrée par des distinctions prestigieuses, appelle « économique » et qui ou bien est hors du périmètre de l’économie définie, ou bien dans le périmètre mais sous une forme qui à l’analyse se révèle indéfinie. Hors de ce périmètre, il y a notamment rien moins que la plus grosse part de la production et la totalité de la consommation (proposition 1.5). Dans le périmètre, il y a notamment des acceptions prises pour des définitions qui, en logique des ensembles non flous, n’en sont pas (proposition 1.1) ; ce qui a de lourdes conséquences méthodologiques (épistémologiques) et pragmatiques (au sens de qui est adapté à l’action sur le réel, qui concerne la vie courante) : la quasi-totalité du vocabulaire économique est encore dans cet état !

    Un fait en découle. Actuellement et possiblement pour bien longtemps encore, les seuls individus qui peuvent entrer dans le champ de l’économie définie et le cultiver, sans pousser à en refaire une parcelle de l’économie indéfinie, ont une qualité que le mathématicien, logicien et philosophe anglais Alfred North Whitehead (1861-1947) a située en ces termes (cités par Fabra mais seulement verbatim en épigraphe de l’édition américaine de son essai de réhabilitation de l’économie politique objective) : « It requires a very unusual mind to undertake the analysis of the obvious » ; en français et de façon partiellement imagée : c’est hors d’un sentier battu que les évidences se révèlent et se renouvellent.

    Cette qualité étant ‘very unusual’, très exceptionnelle – en l’occurrence d’autant plus qu’il la faut disposée à se dévouer ès affaires économiques faramineusement encombrées de positions idéologiques – ; cette qualité étant très exceptionnelle, les premiers pionniers accompliront un exploit en parvenant à transmettre le flambeau à un effectif de nés après eux au moins égal au leur ; ces autres accompliront un exploit en transmettant à plus nombreux puinés qu’eux ; etc.

    Ces accomplissements ont pour but la migration d’un camp de base à un autre, au final par la force d’arguments d’autorité poussant au remplacement d’un conformisme par un autre. Il le faut, ce but, parce que le maintien en économie indéfinie du camp de base prive inévitablement de la précision nécessaire à la compréhension de ce qui est propre à l’économie définie, ainsi qu’à la prescription des progrès concrets que cette compréhension rend réalisables – le champ de l’EPO.

    Rien ne permet d’exclure l’improbable. Du jour au lendemain, un événement peut changer tellement la donne que la percée académique et médiatique de l’EPO en résulte, se produisant telle une révolution de longue date en gestation. Par exemple, un publiciste talentueux et attendu dans ce registre fait ses choux gras de ce que le site de l’Atelier Paul Fabra met à la disposition de qui veut en prendre connaissance ; son livre acquiert en une génération ou deux une renommée semblable à La Richesse des Nations d’Adam Smith ou à la Théorie générale de Keynes. Ou encore une instance de grande notoriété, tel qu’un parti ou un syndicat, décide après consultations internes de faire entrer dans son « logiciel » l’EPO et de le faire savoir par médias interposés. Etc.

    Mais soyons réalistes. Faute d’avoir non seulement prise sur de tels évènements mais aussi de vouloir l’avoir, la seule chose qui puisse être faite pour la percée de l’EPO est d’augmenter la probabilité d’un avènement actuellement improbable.

    À cette fin, il importe beaucoup de gaspiller jour après jour le moins possible d’énergie et de temps en tentatives vouées à l’échec parce qu’elles procèdent de vues trop optimistes sur la recevabilité actuelle de l’EPO. Mieux vaut actuellement et aussi longtemps qu’il le faudra, prioritairement travailler le fond et son expression, en se contentant, par internet et d’autres moyens de diffusion, de tenir la porte grande ouverte à tout francophone apte à cheminer hors du réseau des sentiers différemment balisés, selon leurs obédiences idéologiques, de l’économie indéfinie – apte à cheminer en économie définie à cause des évidences probantes qu’elle révèle et renouvelle..

    Aux appréciations et suggestions des autres destinataires du bulletin qui ne parviennent pas encore à entrer de plain-pied en économie définie et qui, cela dépend entièrement de chacun d’eux, peut-être n’y parviendront jamais, la civilité et l’efficacité, c’est-à-dire la concentration sur l’essentiel, commandent de répondre promptement et cordialement mais laconiquement. Jusqu’à présent, trop optimiste et prosélyte, je ne m’y suis pas assez astreint.

  • 4.1. La théorie générale de la comptabilité économique est mésonomique.   Il y a 6 an 23 semaines

    Selon le Dictionnaire encyclopédique Quillet, édition de 1962 :

    « Le premier traité de comptabilité est de Luca Pacioli (1494) ([voir ci-après]) pour qui bilan signifie balance. On y trouve la partie double. [Cette encyclopédie donne entre parenthèses le titre Tractacus de computis scriptoris : s’agit-il d’une partie de Summa de arithmetica, geometria, de proportioni et de proportionalita ?] En 1594, le Belge Daschier Goessens pose le principe de l’inventaire. En 1605 un Hollandais, Stevenin, montre la nécessité du bilan annuel et établit les règles de l’inventaire. En 1673, Colbert ordonne aux négociants de tenir leurs livres en partie double et de procéder à un inventaire annuel. En 1675, [Jacques] Savary publie Le parfait négociant, livre [maintes fois réédité] qui n’a jamais été surpassé. Au XVIIIe siècle, la comptabilité ne fait aucun progrès. Les grandes compagnies s’appuyaient sur le pouvoir central et le souverain les autorisait à violer les règles de la comptabilité. Ce régime souleva de telles critiques qu’à la Révolution, l’opinion publique réclama l’élaboration de dispositions pratiques et précises. Le code du commerce français de 1807 fixa le régime applicable aux sociétés. Le ministre du Trésor [public, de 1806 à 1814 Nicolas François] Mollien, imposa aux finances publiques la partie double ; elle fit apparaître de nombreux déficits et falsifications. »

    Dans ce qui se trouve sur internet en histoire de la comptabilité, il y a http://www.fiduciaire-lpg.lu/histoire_comptabilite.html et, en présentation audiovisuelle, http://www.wat.tv/video/histoire-comptabilite-1vgbe_2gaid_.html. Sur le site de l'Atelier, une contribution sur ce même sujet est attendue de Roland Verhille.

  • 4.2. Au commencement logique de la comptabilité économique se trouve la distinction entre stocks et flux.   Il y a 6 an 23 semaines

    La formule de base de toute comptabilité, qu'elle soit à proprement parler économique ou physique (" matière ", dit-on également), paraît bien être : précédent stock + flux d'entrée(s) dans ce stock - flux de sortie(s) de ce stock = nouveau stock.

  • L'Anticapitalisme : la rupture épistémologique   Il y a 6 an 24 semaines

    DM à PF – Dans ta fringante quarantaine, tu t’es laissé aller, à la fin de l’extrait ci-dessus – un extrait qu’on ne saurait trop recommander de lire et relire jusqu’à presque le savoir par cœur – à un « pour parler comme les structuralistes » à propos de « rupture épistémologique ». Gaston Bachelard, dont on ne peut dire ni qu’il a été structuraliste comme un Pierre Bourdieu l’a été ni un épistémologue mineur, a beaucoup contribué à forger ce concept, notamment par son œuvre majeure Le nouvel esprit scientifique (1934).

    Une page titrée Rupture épistémologique existe dans Wikipédia. On y lit à ce jour ceci : « La rupture épistémologique désigne, dans l’approche de la connaissance, le passage qui permet de connaître réellement en rejetant certaines connaissances antérieures qu’il serait nécessaire de détruire pour que se révèle la connaissance nouvelle. Dans cette perspective, l’obstacle épistémologique que peut constituer le savoir du passé, bien que naturel, ainsi que le sens commun, devraient être franchis[sic pour l’orthographe] afin qu'une « vraie science » apparaisse. »

    Dans la première phrase citée, l’usage du verbe « détruire » est contestable (et dans les deux prases le style douteux). Montrer que c’est faux, y compris de façon irréfutable comme, sur plusieurs points cruciaux de ce qu’a été l’histoire des idées économiques, tu le fais dans L’Anticapitalisme, ne suffit pas « pour que se révèle la connaissance nouvelle ». Il faut, à partir du constat de ces erreurs et des indices que ce constat livre sur ce que peuvent être les fondations d’une vraie science, en l’occurrence économique, construire. Je ne t’apprends rien puisque tu l’indiques très explicitement, citation d’un Américain à l’appui, presque dès le début de ton opus magnus.

    Il serait heureux que cet opus finisse par avoir pour sous titre ou grand titre Essai de réhabilitation de l’économie politique objective. C’est en effet par pour l’objectivité que dans ce livre tu démontres la possibilité et la nécessité d’une rupture épistémologique avec les anticapitalismes que sont non seulement le marxisme et le socialisme qui ne rompt pas franchement avec la théorie de la valeur de Marx, mais aussi et à présent surtout le marginalisme, la macroéconomie keynésienne et le pseudo  libéralisme qui ne rompt pas franchement avec la théorie de la valeur néoclassique, comme le destin a fait que cette non rupture soit le fait de Raymond Aron, Jacques Rueff, Raymond Barre, Maurice Allais.

    Bien, fort bien, mais la rupture épistémologique ne s’en trouve pas établie. Seul un traité positif d’économie politique objective, peut consumer les charpentes épistémologiquement pourries que tu as mises à terre.

    Mais alors quoi si pas assez de personnalités, dont en premier lieu toi, proclament, après la prise de connaissance de ce traité en cours de montage sur le site à partir d’un brouillon tapuscrit dont tu sais qu’il va jusqu’au bout d’une théorie des prix dont tu connais, et pour cause, l’essentiel qui tire sa quintessence de ta critique,  et respecte ce qu’il y a d’irréfutable chez Ricardo au sujet de la valeur notamment ; alors quoi si pas assez de personnalités proclament, disé-je, la preuve positive primo publiée sur le site de l’Atelier de The Triumph of Ricardian Political Economy Over Marx and the Neoclassical – sous-titre de l’édition américaine de L’Anticapitalisme (sous le grand titre Capital for Profit que tu remplacerais peut être aujourd’hui par Capital for Full Employment, quitte à devoir y rajouter au moins une partie de ce que tu as écrit d’excellent en 1994 pour le CNE de notre ami belge Fernand Keuleneer) ?

    Alors, très cher Maître ô combien et inestimable ami ô combien, cette complète rupture épistémologique, opérée de 1974 à 2008, restera une belle endormie, attendant le prince charmant qui la mènera au grand bal de la pensée et de la politique économiques renouvelées « de fond en comble » (quatrièmes de couverture des deux éditions françaises de L’Anticapitalisme).

    N’attendons pas que du linge devienne sec sous la tourmente afin que le capitalisme puisse s’en revêtir sans y prendre nouveau du mal qui le mine. Sous la tourmente depuis au moins les années 1920, il pleut de l’ineptie économique à torrent. Aussi propre que soit du linge, ce n’est pas sous la pluie qu’il devient sec. Allons trouver, à force de taper à des portes qui se referment à peine entrouvertes, les fournisseurs d’arguments d’autorité – mais oui ! ce n’est pas parce que la subjectivité mère de fausse science abuse d’arguments d’autorité que l’objectivité mère de vraie science ne doit pas en user pour se faire admettre par un courant d’opinion de plus en plus large.

    Regardons de près, je t’en prie, les prescriptions que Lucien Contrepoint va nous faire parvenir dans quelques jours. Bien que ce soit sous un pseudonyme dont il me dit qu’il est indispensable à sa liberté de sociétaire actif de l’Atelier (ça plaide en faveur de son intelligence des choses telles qu’elles sont), Contrepoint est jusqu’à présent le seul haut gradé (académiquement brillant doctorat en sciences économiques + Éna sorti dans les premiers rangs de sa promotion) qui non seulement a compris mais qui croit (l’histoire de la petite fille, Paul), qui en son for intérieur, c’est-à-dire à la barre du tribunal de sa conscience, a le courage de croire à la rupture épistémologique à laquelle nous travaillons ; nous travaillons maintenant lui compris ; dernièrement par la dictée téléphonique de plusieurs dizaines de corrections du chapitre 8, La répartition dont à juste titre Ricardo a vu que c’était « the principal problem in Political Economy » (3ième paragraphe de sa Preface de On Principles of Political Economy and Taxation ;

    En économie politique objective, comparativement à la résolution de ce problème principal, la théorie de la valeur tient en un petit nombre de propositions dont l’argumentation lapidaire ne présente plus aucune difficulté alors que la théorie des valeurs d’échange marchand, ou prix, nécessite une théorie de chapitres : la marchandise, l’entreprise, la comptabilité, le capital, le profit, l’emploi, la répartition, le salaire, l’intérêt, la monnaie, les prix de vente des entreprises). Et, formidable difficulté relationnelle, dans cette théorie de chapitres presque rien n’est incorporable aux « sciences économiques ».

    Mourir sans devenir un peu célèbre, je m’en fiche. Mourir sans avoir pris assez de dispositions afin que ce gros travail de reconstruction passe à la postérité me préoccupe beaucoup. Puissent mes plus proches le comprendre… et, de nouveau l’histoire de la petite fille, y croire !

  • L'Anticapitalisme : la pétition de principe du marxisme qui, accréditée, a engendré le néolibéralisme   Il y a 6 an 25 semaines

    Rôles

    Certes, comme l’a écrit Engels en préfaçant Marx, « l’entretien de la force de travail coûte un certain prix en nourriture, vêtement, logement et autres biens nécessaires à la vie du travailleur. » C’est là d’un rôle dont il est question : celui de toute personne qui doit acheter (échange) ou se faire donner (transfert) pour subsister. Ce rôle est différent de celui de la personne qui, à même fin (et faim) doit ou veut tirer un revenu de son travail. Amalgamer ces deux rôles est, de ce fait, arguer de l’un pour analyser l’autre. C’est alors de l’imaginaire qui est construit par du « donc » dissimulateur d’une pétition de principe ou d’un autre raisonnement fautif.

    Avancée

    Il n’y a pas que Marx qui se soit trop peu appliqué à l’indispensable distinction des rôles afin de prendre pleinement appui sur de vraies définitions qui sont à l’œuvre sur le terrain. Bien voir ce qui est spécifique aux entreprises et jusqu’où il y a des entreprises rapproche considérablement du réel – chapeau bas pour avoir tiré ça bien au clair. Si Ricardo en avait eu plus fortement la prescience, il n’aurait pas repris de Malthus (et Smith ?) la division en « trois classes ». Il l’aurait remplacé par deux rôles, celui du travailleur et celui du placeur qui n’est pas une entreprise, l’un et l’autre possiblement joués par le même individu. Ces mises au point, ajoutées à l’élucidation de Fabra sur le statut du travail, font de l’avancée qui honore considérablement l’Atelier.

    Résumé

    Ce n’est pas la « force de travail » qui est achetée au salarié comme du combustible à l’entreprise qui en vend. C’est le produit de sa dépense d’énergie ; c’est son ouvrage dont le prix se forme par un mécanisme de double répartition, celle du revenu global puis celle du revenu total du travail en salaires individuels. N’ayant pas été formaté par l’Université et encore moins par l’Éna pour regarder dans cette direction, j’ai été d’abord très bousculé en mon for intérieur et à deux doigts de repousser autant de rupture épistémologique assumée pour faire avancer de la recherche de vérité tenue sous le boisseau. C’est quitte à passer pour des infréquentables, tant que des Autorités n’en donneront pas la permission, car c’est oser non seulement soutenir que c’est de fond en comble qu’il faut refaire l’économie politique mais aussi pour de vrai et en solide refaire – ça c’est encourir le verdict d’un épais silence sur des travaux d’énorme intérêt général menés avec des moyens financiers complètement dérisoires par rapport au moindre laboratoire de recherche économique fondamentale aux frais du contribuable ou de je ne sais quel « mécénat » qui entend que des fondamentaux à son avis éprouvés restent tenus pour intangibles, dont la loi de l’offre et de la demande en bonne à tout faire en économie et ailleurs.

    De l’inconfort au réconfort

    En ce qui me concerne, après le temps de l’inconfort est venu celui du réconfort. La mécanique de la double répartition est admirable par son ingénierie sociale naturelle. Sa découverte est tellement sidérante au regard des égarements des sciences économiques officielles que je vais m’efforcer d’y revenir dans un article à mettre en ligne. Ce sera avec l’espoir que cet article sera utile en premier lieu à ceux qui ont la bonne fortune de fréquenter plutôt assidument l’Atelier, en deuxième lieu à l’essor de la notoriété de ce laboratoire très probablement aujourd’hui sans pareil – cocorico !

  • L'Anticapitalisme : la prétendue « loi » de l'offre et de la demande   Il y a 6 an 25 semaines

    L'usage beaucoup trop extensif fait aujourd'hui de la loi de l'offre de la demande conduit à faire passer du marchandage qui ne porte pas sur de l'échange marchand pour sain dans son principe. En voici un exemple.

    L'Europe dit aux pays de la rive sud de la méditerranée : nous vous accordons des subventions pour améliorer vos infrastructures, vous endiguez l'émigration à partir de vos territoires. C'est un marchandage, analysable en termes d'offre et de demande (quoi ne l'est pas ?), qui a pour caractéristique de ne pas porter sur de l'échange marchand : que des hommes viennent ou ne viennent pas, ils ne sont ni de la marchandise ni de la monnaie.

    Il y a une autre solution. Nous européens allouons le moins possible de nos revenus à des transferts afin d'en allouer le plus possible à la capitalisation de nos entreprises et des votres. Nous vous invitons à en faire autant. Tant qu'il n'en aura pas résulté des soldes migratoires équlilibrés entre nous, car cette capitalisation vous permettra d'élever le niveau de vie de vos populations plus vite que nous serons à même de le faire parce que la productivité des placements dans les entreprises de vos pays s'élevera plus vite que chez nous, nous participerons ensemble à l'endiguement de trop d'immigrations d'autant mieux que nous nous sommes mis d'accord sur le même modèle économique pour vous et pour nous.

    Dans ce qu'a de pernicieuse la loi prétendue universelle de l'offre et de la demande, il y a que son culte conduit à la sanctuatisation du marchandage qui détourne l'attention de l'essentiel : ce qui assainit une économie nationale, quel qu'y soit le revenu moyen par habitant. Le marchandage, cet instrument par excellence du rapport de forces et de l'opacité, ne fait pas partie de cet essentiel. Tant que la grande affaire économique est d'être assez puissant et madré pour manipuler des cours sous couvert de la loi de l'offre et de la demande, la pratique des échanges marchands a de moindres effes sociaux positifs, voire est renversée en dispensatrice d'effets sociaux négatifs.

  • 127 - Mardi 27 avril 2010, épisode 24   Il y a 6 an 27 semaines

    En premier lieu, nous nous rendons à l'évidence que le contenu d'un caddie de supermarché a une valeur d'usage, ou utilité. Presque tout, pouvant ou non donner lieu à un échange marchand, a une telle valeur. Presque tout car il y a, en effet, une exception : les euros laissés à la caisse pour acheter le contenu du caddie. Leur valeur d'usage est réduite à leur valeur d'échange marchand : voir Science économique / La marchandise et là particulièrement la proposition 2.6.

    En deuxième lieu, nous croyons pouvoir tenir le raisonnement suivant – je vous cite gdm, en ajoutant un numéro à vos trois arguments – : « 1 À la caisse du supermarché, le client préfère évidement le contenu de son caddie plutôt que le billet de 50 euros au fond de sa poche. 2 Le client donne à la caissière le billet de 50 euros et y trouve un avantage. 3. La valeur d'usage des marchandises achetées est donc, pour lui, supérieure aux 50 euros. »

    Le 1 n'est que façon arbtraire de parler. Que le client préfère ce qu'il veut, ça le regarde. Le fait objectif est qu'il ne peut devenir honnêtement propriétaire du contenu du caddie qu'en déboursant 50 €.

    Le 2 n'est aussi que façon arbitraire de parler. Outre que le client ne donne pas mais échange, ce qui ne revient pas au même, la notation «  y trouve un avantage » est pour rattraper une explication dominée par la subjectivité des échangistes à titre marchand. Les 50 € sont des prix d'achat du magasin augmentés d'une marge pour, entre autres choses, payer la caissière et dégager un bénéfice qui permettra de rémunérer le capital (Science économique / Le capital) participant au financement de l'entreprise qui exploite ce magasin.

    Le 3 est, à raison de son « donc », un paralogisme (une faux raisonnement fait de bonne foi) ou un sophisme (un faux raisonnement généralement de mauvaise foi). La valeur d'usage du contenu du caddie, que ce soit aux yeux du client ou de n'importe qui d'autre, n'est pas quantifiable dans une unité commune à tous les articles qui composent le contenu du caddie, ainsi que d'une façon plus générale à tout ce qui a une valeur d'usage et qui ne se réduit pas à une valeur d'échange marchand comme c'est exclusivement le cas pour la monnaie. Cette valeur d'usage, outre qu’elle est éminemment subjective comme gdm en prend acte ainsi que que variable non seulement d'un client à l'autre mais aussi pour la même personne d'un jour à l'autre – cette valeur d’usage, disé-je, est incommensurable avec la valeur d'échange que les 50 € constituent. Affirmer que la valeur d'usage du contenu du caddie est supérieure (ou égale) à la valeur d'échange de ce contenu est tenir fallacieusement ces deux valeurs pour commensurables et passer outre au fait que la valeur d'usage d'une monnaie ayant cours est réduite à sa valeur d'échange. CQFD.

    Si vous voulez bien nous suivre jusqu'à ce que l'argumentation de Science économique / Les prix soit montée sur le site, vous aurez en main la preuve que le contenu du caddie a une valeur d'échange objective.

    Bien sûr qu'il faut à un chaland des motifs pour se porter acheteur. Bien sûr que les relations marchandes sont des relations humaines avec ce que tout cela implique. Mais la science économique est, comme exposé en Science économique / L'économie, l'étude de ce qui est spécifique à la pratique des échanges marchands et des transferts de propriétés qui ont une valeur d'échange marchand. Les motifs du chaland pour se porter acheteur ne sont pas spécifiques à cette pratique car s'y trouve un mélange dont personne ne peut faire certainement le tour car cela échappe à toute science objective (Karl G Jung a bien démontré ce point). Les relations humaines dans lesquelles les relations économiques s'insèrent sont elles aussi non spécifiques à la pratique des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges.

    L’économie politique objective n’a dans son champ ni l’étude des comportements individuels ni celle de la condition humaine. Pour cela, il y a d’autres disciplines qui : 1) comme toute chose je le répète, ont leur valeur d’usage, c’est-à-dire leur utilité, 2) sont dans l’incapacité de produire de la réfutation recevable de ce que l’économie politique objective révèle du réel et du réalisable, 3) peuvent être dans l’incapacité de tenir compte de cette révélation car cela les écroulerait. Dans ces autres disciplines, il y a les économies politiques subjectives, particulèrment exposées aux états 2) et 3).

    Si je ne parviens pas à suffisamment bien assimiler ces points, qui sont méthodologiques (= épistémologiques), jusqu’à les garder constamment présents à mon esprit, je ne comprends pas comment l'économie politique objective, alias pour nous « la science économique » tout court et au singulier, peut être articulée.

    Y réfléchir avec assez de connaissance de l'histoire de la pensée économique conduit d’abord à nous plaindre ; puis à chercher ce qu’on peut faire de positif en faveur de ce que nous avons entrepris. L'économie politique classique d’avant Marx n'a pas suffisamment usé de la discipline de la définition (Science économique / L'économie / 1.1) pour assez complètement franchir le seuil qui fait entrer en science économique, alias l'économie politique objective. Après la critique de Marx et sa tentative inaboutie de reconstruction, l'économie politique néoclassique, puis à sa suite la macroéconomie keynésienne, ont fait pire, bien pire : elles sont construites sur les primats de la subjectivité et de la mathématisation en bâclant l’analyse primitive du réel objectif, ce qui l'a fait basculer dans le mathématisme, le scientisme, l'économisme où les affaires de mœurs (mariages, divorces, délits, entre autres) relèvent des catégories des prétendues sciences économiques – c'est un fait vérifiable non seulement à la lecture des revues spécialisées et aux thèmes des travaux que le Nobel d'économie a distingué depuis qu'il existe mais aussi à l'emploi d'expressions qui font florès telles que par exemple « marché électoral », « entreprise France », « économie de la connaissance », « économie de la santé ».

    Dans ces conditions, c'est actuellement et peut être pour longtemps encore ramer complètement à contre-courant que de s'échiner à faire franchir à la pensée économique la plus enseignée les barrages qui la tiennent éloignée du transbordement de ses fondamentaux dans une embarcation dont la coque soit une science exacte. Rien que de prononcer ces deux derniers mots à propos d'économie a de quoi vous faire ranger parmi les zozos dont il ne faut pas parler de ce qu'ils s'efforcent de faire, y compris dans les milieux qui se veulent les plus authentiquement libéraux, socialistes, centristes, philanthropes, etc.

  • 127 - Mardi 27 avril 2010, épisode 24   Il y a 6 an 27 semaines

    La valeur d'échange d'une chose est le prix qu'a payé un utilisateur pour l'acquérir. La "valeur d'usage" de cette même chose n'existe que pour son utilisateur. Cette valeur d'usage est subjective. Cette valeur d'usage provient d'un jugement de préférence de cet "utilisateur". Ce jugement de préférence provient d'une comparaison entre la chose et une autre chose. Un jugement n'est pas un nombre. Mais grâce aux comparaisons avec la monnaie, cette valeur d'échange peut être égale à un nombre. Je ne crois pas être en désaccord avec vous sur la différence entre la valeur d'usage et la valeur d'échange.

     
    A la caisse du supermarché, le client préfère évidement le contenu de son caddie plutôt que le billet de 50 euros au fond de sa poche. Le client donne à la caissière le billet de 50 euros et y trouve un avantage. La valeur d'usage des marchandises achetées est donc, pour lui, supérieure aux 50 euros. En payant le client, démontre avec certitude qu'il préfère la marchandise plutôt que le prix payé. Je suis donc surpris par votre phrase "Je ne crois vraiment pas qu’on puisse dire qu’un client qui achète le fait par ce qu’il estime la valeur de ce qu’il se procure supérieure au prix.". Vous dites ensuite, "Tout au moins pour l’acheteur final, cette valeur est d’usage. ". Oui, pour le client final, la valeur de la marchandise achetée est sa valeur d'usage.
     
    Vous me répondez aussi sur la question du mandat d'un élu. Le Code Civil définit, sur plusieurs pages, la nature d'un mandat ordinaire. Un mandat est une forme particulière de contrat. Un mandant donne à son mandataire une mission à exécuter.  Je donne un mandat à un mandataire afin qu'il aille récupérer ma lettre recommandée au bureau de Poste. De même, un actionnaire donne, au Directeur Général d'une société commerciale, la mission de gérer au mieux l'argent qu'il lui confie. Le Directeur Général de la société est le mandataire social de la société. Chaque actionnaire lui donne un mandat de gestion. Chaque acte de gestion exécuté par le Directeur Général est fait au nom de chaque actionnaire. Les actionnaires sont unanimes sur ce point.
     
    Un bulletin de vote n'est certainement pas un mandat au sens du Code Civil. Il s'ensuit qu'un élu n'est pas mandataire d'aucun électeur, au sens du Code Civil. Le Code Électoral confirme cette analyse juridique. En effet, le Code Électoral ne stipule jamais que le mandat électif proviendrait d'un quelconque électeur. Bien au contraire, le Code Électoral stipule comment le mandat électif est organisé par l'État, est définit par l'État, est rémunéré par l'État. On peut légitimement en déduire que le mandat électif est donné par l'État à l'élu. L'élu reçoit son pouvoir de l'État, et non pas directement du peuple. 
     
    Ensuite, à mes critiques sur l'existence d'un consentement, vous me répondez que les citoyens consentent au principe de l'impôt. Plusieurs méthodes seraient imaginables pour découvrir s'il existerait, ou n'existerait pas, un tel "consentement des citoyens" à payer l'impôt. 1. faire un sondage Sofres en poser cette question du consentement à l'impôt. 2. permettre aux citoyens de ne pas payer l'impôt. 3. faire une referendum sur cette question. Mais, dans aucun de ces cas, vous n'obtiendrez un consentement unanime au principe de l'impôt. L'unanimité est, à mon avis, une exigence essentielle à la liberté.
     
  • 127 - Mardi 27 avril 2010, épisode 24   Il y a 6 an 28 semaines

    Toute chose a une utilité, ou valeur d’usage. En distinguant cette valeur de celle d’échange, marchand comme Michaut ne manque presque jamais de le préciser, Adam Smith a beaucoup fait progresser la question de la valeur. Puis est venue l’école néoclassique dont Carl Menger fut l’un des fondateurs. La distinction en a été comme floutée.

    L’Atelier ne reprend pas cette atténuation, bien proche de la répudiation. La valeur d’usage, universelle, est une chose de largement à complètement subjective. Les valeurs d’échange des marchandises en sont une autre, fort souvent indépendante comme Ricardo l’a établi sans, après les coups de canon tirés par Marx, être suivi – ce qui a été fait par escamotage de sa distinction entre marchandises (composées comme Michaut propose à juste titre de les qualifier) à proprement parler rares et reproductibles à volonté par l’industrie humaine.

    Comme vous le savez, le cas général est devenu la marchandise rare alors que Ricardo y voyait à juste titre l’exception qui confirme la règle. Le très grand désordre dans lequel l’économie de marché a été mise vient beaucoup de là. On ne peut pas vraiment comprendre ce qui, à contre courant, se travaille à l’Atelier sans en tenir compte.

    Je ne crois vraiment pas qu’on puisse dire qu’un client qui achète le fait par ce qu’il estime la valeur de ce qu’il se procure supérieure au prix. Tout au moins pour l’acheteur final, cette valeur est d’usage. Smith et Ricardo ont eu raison de faire remarquer, par un fameux exemple sur le diamant et l’eau, que la valeur d’usage qui décide l’acheteur en fonction de ses besoins ou fantaisies n’est pas commensurable avec la valeur d’échange en contrepartie d’une autre marchandise (troc) ou d’une quantité de monnaie. L’Atelier s’y tient et pour ma part je considère que c’est impératif en économie politique objective.

    Vous dites « Lorsque l’État fournit gratuitement les services de ses fonctions régaliennes, la question se pose de savoir quelle est la valeur de ce service rendu. » La question se pose de savoir quelles sont ses utilités et éventuelles désutilités. Hors aberrations dans la quelle la comptabilité nationale plonge, la question ne se pose pas de savoir quelle est la valeur d’échange marchand de ces prestations pour la simple raison qu’elles n’en ont pas, de cette valeur .

    L’établissement d’un PIB est plus que contestable : elle est un tour de passe passe. J’ai moi-même résisté à l’idée que l’évolution du RG, revenu global, somme du revenu total du travail et du revenu total des placements (dernière formulation heureuse de Michaut), suffit complètement à instruire deux questions. La population de ce pays est-elle en train de devenir plus prospère et moins prospère ? Les poids respectifs des dépense publiques, de la dette publique et des impôts sont-ils à la hausse, stables ou à la baisse ?

    On peut même soutenir avec de bons arguments que la base 100 du PIB, plus grande par construction que celle du RG, est mensongère. Après avoir résisté à ce douloureux constat pour les élus en général, je m’y rends… avec prudence dans mes déclarations publiques parce que les corps intermédiaires, médias compris, ne sont pas encore prêts à supporter cette chanson.

    Car je suis élu et, en tant que tel, je ne peux pas laisser passer sans protestation votre affirmation que l’élu siégeant au Parlement ou exerçant la fonction de Maire n’est pas un mandataire de ses électeurs. Qu’il ne se conduise pas toujours ainsi est une affaire entendue, ô combien ! Qu’il doive se conduire comme ça est cependant une affaire tout aussi entendue par les électeurs et il est bon qu’il en aille ainsi : quand j’envoie quelqu’un faire une commission ou n’importe quoi d’autre, ce n’est pas pour qu’il n’en fasse qu’à sa guise ou à celle d’un fournisseur, l’administration publique en l’occurrence.

    Les preuves que les citoyens consentent à l’impôt sont comme le nez dans la figure. Votre négation, elle-même étayée par aucune preuve, me donne à penser que vous n’avez pas fait, en tant que candidat, une campagne électorale puis que vous avez tenu permanence, en tant qu’élu. Car si vous l’aviez fait, vous auriez accumulé les attestations du fait que les contribuables ne remettent pas en cause le principe de l’impôt mais, ce qui ne revient pas du tout au même, des applications faites de ce principe.

    Peut être estimez-vous que les fonctions régaliennes dont Michaut a fait état sont inutiles, voire néfastes. Mais alors allez jusqu’au bout : toute association non commerciale, famille comprise, n’a pour raison d’être que d’opprimer et de faire en sorte que ses patrons, pour ainsi dire, vivent au crochet de leurs membres. Je puis vous garantir que ce n’est pas du tout dans cette direction qu’on s’efforce à l’Atelier Paul Fabra d’œuvrer.

    Si vous n’avez pas lu les premiers chapitres de L’Anticapitalisme de Fabra, faites-le. On en trouve encore des exemplaires par Internet sur bien des sites, dont ceux spécialisés en livres d’occasion. Croyez-moi, c’est plus solide, beaucoup plus solide, que du Rothbard.

     

  • 127 - Mardi 27 avril 2010, épisode 24   Il y a 6 an 28 semaines

    Une chose, un bien, un service peut avoir de la valeur. La question de la valeur en économie fut un long débat au 19e siècle. L'économiste Carl Menger proposa de définir la valeur comme le résultat d'un jugement individuel de préférence. C'est ainsi que la valeur d'une chose est subjective. Chaque individu donne une valeur différente à chaque chose.

    L'économiste Rothbard énonça le concept de la "préférence démontrée". Un acheteur achète un bien à un certain prix. Pour lui, ce bien vaut plus que le prix qu'il verse au vendeur. Sinon, il n'aurait pas acheté. C'est la seule preuve objective de l'existence de la valeur d'une chose. L’acheteur achète a tel prix et le vendeur vend à ce prix. Cette préférence démontré existe lorsque l’acheteur a un choix.

    Lorsque l’État fournit gratuitement les services de ses fonctions régaliennes, la question se pose de savoir quelle est la valeur de ce service rendu. Vous écrivez "Les fonctions régaliennes sont assumées au moyen de productions qui n'ont pas de valeur d'échange marchand. Ce constat n'implique rien, c'est le moins qu'on puisse en dire, qui contrevient à un ordre librement consenti par le corps social dès qu'il a suffisamment progressé en civilisation pour ce faire.".

    Vous posez la question du consentement des citoyens. Il n'existe aucune preuve que chaque citoyen aura consenti aux impôts aux services rendus par l’État. Il n'existe non plus aucune preuve que chaque citoyen aurait consentit a l'existence et a l'autorité de l’État. Un bulletin de vote n'est pas un mandat. Un élu n'est donc mandaté par aucun électeur. Le Code électoral ne prétend pas que le mandat électif serait donné par les électeurs. Bien au contraire, le Code électoral stipule que le mandat électif est donné par le "peuple". Or la Constitution affirme sans preuve que l’État représenterait le "peuple". L'élu est donc un mandataire de l’État et non pas des électeurs.

    Revenons maintenant à la question de la valorisation de la production des services rendus par l’État. Lorsque vous dites que "ce constat n'implique rien", j’entends que nous n'avons pas d'information à ce sujet. L'établissement d'une comptabilité, sans connaitre avec objectivité la valeur de la production, est contestable.

  • 2.6. Les monnaies ayant cours ne sont pas des marchandises.   Il y a 6 an 28 semaines

    Le coeur du problème monétaire est exprimé dans votre phrase « Sans se plier à la discipline de la définition au sens de ce concept en théorie des ensembles non flous, je ne vois plus du tout, pour ma part, comment une véritable science économique est articulable. » Je suis entièrement d'accord avec cette exigence de ce que vous désignez par la « discipline de la définition ». Sans une définition claire des concepts, il ne peut pas exister de raisonnement parfaitement logique. Le droit privé est un ensemble de concepts reliés entre eux avec une grande logique interne. Ainsi, le droit de l'un provient nécessairement de l'obligation d'un autre. 

     
    Je regarde mon billet de dix euros. J'y vois « 10 euros BCE ». La Banque Centrale Européenne a produit mon billet de banque. J'ai un droit de propriété sur ce billet de banque. La BCE a donc une obligation envers moi. Tel Sherlock Holmes, je m'enquiers de la nature de cette obligation de la BCE envers moi. La BCE me promet que mon billet me donnera un certain pouvoir d'achat. 
     
    Lorsque je paye un commerçant avec mes euros, il accepte mon billet de 10 euros. Et j'emporte la marchandise achetée. Par quel mécanisme la BCE est-elle parvenu à honorer son obligation envers moi ? D'une part le commerçant est obligé d'accepter mes euros. D'autre part, grâce au monopole monétaire, le commerçant sait que mon billet de 10 euros aura de la valeur pour lui. Le commerçant est certain de pouvoir acheter d'autres marchandises grâce au cours forcé de l'Euro.
     
    L’euro se définit ainsi par une obligation de la BCE envers chaque possesseur d'Euro. Cette obligation est la même pour un billet ou pour une somme sur un compte bancaire. Il n'existe donc pas, pour l'utilisateur, une différence de nature de l'obligation entre un billet de banque et de l'argent sur un compte bancaire.
     
    Cette obligation de la BCE provient de la loi qui régit la monnaie. Mais cette obligation de la BCE n'est pas contractuelle, mais politique. Une obligation politique est moins forte qu'une obligation contractuelle. Le mot « obligation » est utilisé en finance comme un véritable contrat. C'est pourquoi je préfère le terme « pseudo-obligation » pour définir l'euro. L'euro est, selon moi, une « pseudo-obligation" de la BCE.
  • 127 - Mardi 27 avril 2010, épisode 24   Il y a 6 an 28 semaines

    La comptabilité nationale n'est pas une comptabilité économique dès lors qu'on voit l'économie à partir d'une définition qui en soit une. Mais c'est un débat dont il faut se demander s'il est possible qu'il puisse déboucher sans se mettre d'accord sur la notion de production et, partant, sur son inclusion dans ou son exclusion du champ de l'économie définie.

    La comptabilité publique comptabilise des achats. Tenons d'un côté l'objet comptabilité publique, d'un autre côté la cuisine idéologiquement assaisonnée dite de la comptabilité nationale. La comptabilité publique est aussi économique que celle d'entreprise ou de ménage.

    La valeur d'échange marchand du principal ou de la totalité de la production d'une association non commerciale est, par définition, nulle alors que son utilité, ou valeur d'usage, peut être considérable. Mais nous vivons, par intoxication d'origine néoclassique, sous l'idée que tout ce qui a une utilité, et partant toute production car n'importe laquelle a utilité, a ou est susceptible d'avoir une valeur d'échange marchand.

    Les fonctions régaliennes sont assumées au moyen de productions qui n'ont pas de valeur d'échange marchand. Ce constat n'implique rien, c'est le moins qu'on puisse en dire, qui contrevient à un ordre librement consenti par le corps social dès qu'il a suffisamment progressé en civilisation pour ce faire. En revanche, il fait apparaître ce que l'idée même de chiffrer cette production en unité monétaire, unité dont la raison d'être est l'échange marchand, a de mal pensée et de contrevenant, elle, à un ordre librement consenti.

    En écrivant que c'est sur le chiffrage en unités monétaires de la production nationale que la comptabilité de même qualification est axée, je n'ai pas voulu signifier que j'approuvais cette orientation. Tout au contraire, je la désapprouve complètement à cause des constats rapportés dans les deux précédents paragraphes.

  • 127 - Mardi 27 avril 2010, épisode 24   Il y a 6 an 28 semaines
    La comptabilité nationale comptabilise certains de ses achats. En particulier, les achats aux entreprises par l’État résultent évidemment d'échanges marchands. J’admets aussi que les versements de salaires résultent, eux aussi, d'échanges marchands. 
     
    Mais nul ne peut savoir la valeur de la production de l’État. En effet, faute de marché, il est impossible de donner un prix à la valeur des services fournis par l’État. Ce prix est-il nul? Ou ce prix est-il le coût de production? L'économiste Rothbard soutenait que la valeur des prestations de l’État était nulle. Cette thèse de Rothbard ne peut pas être réfutée.
     
    Vous écrivez "Car c'est sur le chiffrage en unités monétaires de la production nationale que la comptabilité de même qualification est axée.". Il n'est pas possible d'établir une comptabilité dans une ignorance complète de la valeur de la production de l'Etat. La comptabilité nationale n'est donc pas une comptabilité, au sens de la comptabilité des entreprises. Elle est seulement un enregistrement de versements et de paiements.
  • 2.6. Les monnaies ayant cours ne sont pas des marchandises.   Il y a 6 an 28 semaines

    Vous dites impossible une telle définition. J'en doute pour les raisons logiques suivantes, trop vite écrites pour les exprimer moins mal.

    Une définition qui ne soit pas en fait seulement l'énoncé d'une acception, voir proposition 1 du chapitre 1 de la section Science économique -- une définition en ce sens retient au moins une propriété qui soit spécifique à l'objet défini : il n'y a que cet objet qui a cette propriété ou ces propriétés. Par exemple, les définitions du capital (1 du chap. 5), du profit (1 du chap 6), du revenu global (1 du chap. 8), du salaire (1 du chap. 9, argumentation à venir sur le site).

    La monnaie telle que nous en usons aujourd'hui n'aurait-elle donc pas au moins une propriété qui n'appartienne qu'à elle et qui puisse être dite juridique ou légale ? C'est douteux, très douteux. Je ne peux soutenir que c'est impossible qu'en en produisant ce que je considère être la preuve de cette impossibilité.

    Remarquons qu'au quotidien, maints exercices de théorie économique compris, savoir ce qui est et n'est pas une quantité de monnaie ayant cours ne soulève pas de problème. Qui veut ou doit faire l'inventaire d'un patrimoine n'éprouve aucune difficulté à en dire : cette partie, c'est de la monnaie utilisable pour payer, cette autre partie c'est de l'échangeable contre de la monnaie utilisable pour payer. Même remarque pour les actifs du bilan d'une entreprise, d'une association privée, d'une collectivité publique.

    Sans se plier à la discipline de la définition au sens de ce concept en théorie des ensembles non flous, je ne vois plus du tout, pour ma part, comment une véritable science économique est articulable. Mais alors, si c'est vrai, le grand vice des sciences économiques dont nous avons hérité serait de ne pas avoir été assez astreintes au respect de cette discipline ? Faut-il être gand clerc pour ne pas voir quasiment au premier coup d'oeil, mais il est vrai quand on assez soupesé ce qu'est cette discipline et ce qu'elle implique méthodologiquement (épistémologiquement, malgré ce qu'en ait dit trop hâtivement Karl Popper qui a pourtant, à l'expérience, vu fort juste sur bien d'autres points dont La société ouverte) -- pour ne pas voir qu'à la place des sciences économiques au pluriel il y aurait une science économique au singulier ?

    Il y a eu, il y a et il y aura toujours une place pour une science économique, au singulier, dans le champ des savoirs humains.

  • 127 - Mardi 27 avril 2010, épisode 24   Il y a 6 an 28 semaines

    Telle qu'a été mon expérience de plusieurs dizaines d'années en entreprises, j'ai pour ma part et comme bien d'autres vu dans la comptabilité dite commerciale, éléments de contrôle de gestion compris, d'abord l'instrument indispensable pour savoir où on en est. Historiquement, cette comptabilité a été longuement de tiers seulement : fournisseurs, clients. Progressivement, et surtout après la relativement récente invention du bilan, de mémoire autour de 1780 ou 1800 (la date exacte et le nom du découvreur se trouve dans l'encyclopédie Quillet... dont un exemplaire qui m'a beaucoup servi se trouve chez un des mes enfants à l'autre bout de la France).

    Vous croyez pouvoir avancer que la comptabilité publique ignore les valeurs d'échange marchand. Dans cette comptabilité comme dans sa soeur commerciale, des salaires bien d'autres achats sont pris en compte. Ces salaires, comme partout ailleurs, sont la contrepartie d'un échange marchand. Leurs valeurs comptabilisées sont d'échange marchand. Leurs paiements procurent à leurs destinataires du pouvoir d'achat. Les autres achats sont à des prix qui constituent autant de valeurs d'échange, marchand puisque c'est en contrepartie d'une marchandise même quand il s'agit complètement d'un service tel que du nettoyage de bureaux ou les intérêts de la dette publique.

    Comme les individus, les collectivités publiques n'existent pas que par et pour la pratique des échanges marchands. Il n'en reste pas moins qu'elles sont, comme les ménages, des échangistes à titre marchand. Une comptabilité publique est économique pour les mêmes raisons primordiales qu'une comptabilité de ménage l'est.

    L'économie, telle que nouus la définissons, chapitres 1 et 2 de la section Science économique, est la pratique des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges -- des transferts de valeurs d'échange marchand, de pouvoir d'achat. C'est par définition que ces transferts ne peuvent être comptabilisés que sous la forme de la valeur d'échange qui a été transmise, par exemple du contribuable au Trésor public ou de ce dernier à qui vous voudrez d'autre.

    Ce qui est choquant dans notre approche est que, dans la fameuse trilogie production - distribution - consommation, nous excluons la production et la consommation. Pourquoi, vous le trouverez en proposition 5 du chapitre 1. Fort probablement, votre malaise par rapport à ce qui vous a été appris ne va vraiment pas s'en trouver soulagé. Car c'est sur le chiffrage en unités monétaires de la production nationale que la comptabilité de même qualification est axée. Envisagez qu'on se passe de cette prétention et qu'on mette à la place du PIB le RG, revenu global dont une part est constituée par le revenu total du travail (dont celui des fonctionnaires) et l'autre part par les revenus des placements (dont les profits, tels que nous les définissons en proposition 1 du chapitre 6, font partie). Cherchez alors les vérités certaines qui s'en trouveront mises à l'écart pus considérez ce qui s'en trouvera nettement rapproché de la réalité que détermine non pas ce qu'on a par trop dit être l'économie mais ce qu'elle est en tant que pratique des échanges marchands et des transferts de valeurs d'échange marchand, pratique qui tient son homogénéité systémique au fait que parmi les échanges en général, dont ceux d'idées, il y a un sous-ensemble définissable d'échanges en contrepartie.

    Cela ne fait pas du tout de l'économie une sphère dont les dons, les vols, les impôts, les successions, les allocations, bien d'autres subventions -- les transferts -- sont absents. Ils y sont présents chaque fois qu'ils portent sur le pouvoir d'achat procuré par les objets qui ont une valeur d'échange marchand, tels que les quantités de monnaie ou la maison héritée ou la collection ayant une valeur vénale léguée, etc. Des entités autres que des entreprises qui ne livrent qu'aux échanges marchands, de concert avec d'autres entités qui elles ne se livrent qu'à des transferts d'objets qui ont une valeur d'échange marchand, cela n'existe pas.

    Par rapport aux considérations mal fondées, quant à l'analyse primitive des faits, sur la production et la consommation qui seraient toujours un acte économique (réfléchissez bien, c'est un point de vue qui conduit tout droit à l'économisme), la distinction entre échanges économiques et transferts économiques est conceptuellement et politiquement beaucoup plus utile. Jusqu'à quel point est-il socialement progressiste de réduire le champ des premiers, les échanges, pour étendre le champ des seconds, les transferts ?

    Si vous vouliez que nous parlions un peu de ces choses par téléphone, faites moi connaître par secretariat@atlierpaulfabra.org un numéro et un moment ad hoc.

  • 2.6. Les monnaies ayant cours ne sont pas des marchandises.   Il y a 6 an 28 semaines

    Votre article et le commentaire de DM montre l'impossibilité de définir la nature de la monnaie par des termes juridiques clairs. En effet, la nature de la monnaie contemporaine est implicitement définie par le Code Monétaire, mais pas explicitement. C'est le fonctionnement administratif de la monnaie qui est décrit, et non pas sa nature juridique. La monnaie est aujourd’hui un "Objet Juridique Non Identifié", un OJNI. Certains se résignent à dire "ne demandez pas quelle est la nature de la monnaie, mais comment elle fonctionne". Mais le bon économiste ne se résigne pas à étudier un objet sans en définir la nature.

     
    Dans les siècles anciens, la pièce d'or fut une monnaie-marchandise. Entre 1715 et 1845, pendant 130 ans, les banques écossaises étaient des sociétés commerciales concurrentes sans contrôle de l’État, ni d'une Banque Centrale. Chaque billet de ces banques écossaises était une promesse commerciale de verser de l'or. La monnaie était alors une monnaie-promesse, ou une monnaie-créance. La nature juridique de la monnaie était alors un contrat commercial de la banque émettrice qui explicitait son obligation unilatérale. Un tel billet de ces banques écossaises serait aujourd’hui une créance, une obligation, ou encore un titre financier.
     
    Cette absence de définition juridique de la monnaie actuelle incite l'économiste à analyser les droits et les obligations dans la création et dans l'utilisation de la monnaie. L’émetteur de la monnaie est l’État par le truchement de la Banque Centrale. L’État ne donne aucune définition juridique de la monnaie. Et l’État, puisqu'il est l’émetteur, est le seul qui aurait pu donner légitimement une définition juridique de la monnaie. 
     
    Définir juridiquement la monnaie, c'est dire les obligations de l'émetteur de monnaie et les droits de l'utilisateur d'un support monétaire, d'un titre monétaire, ou d'un billet de banque. La multiplicité des termes employés, et souvent leur ambiguïté, pour désigner la monnaie résultent de l'absence d'une définition juridique de la monnaie actuelle.
     
    La valeur de la monnaie provient de son pouvoir d'acheter des marchandises. L’État fait en sorte que la monnaie émise donne à l'utilisateur un certain pouvoir d'achat. L’État donne à la monnaie un pouvoir d'achat à la monnaie grâce au monopole monétaire. Le cours forcé contraint tout agent économique du pays à accepter cette monnaie. La valeur de chaque billet de banque, et de chaque support matériel ou informatique de cette monnaie étatique, résulte uniquement d'une pseudo-obligation de l’État.   
     
    Chaque billet de monnaie actuelle apparait ainsi comme une "pseudo-obligation" de l’État. Cette obligation de l’État existe en l'absence de contrat commercial. C'est une sorte d'obligation politique. L'existence d'une obligation de l’État est de droit et de fait. Cette définition de la monnaie contemporaine comme "pseudo-obligation" de l’État est une reconstitution juridique de la nature de la monnaie actuelle.
     
  • 127 - Mardi 27 avril 2010, épisode 24   Il y a 6 an 28 semaines

    Vous dites "le propre d'une comptabilité économique est d'enregistrer et de totaliser les valeurs d'échanges marchands". Dans une société commerciale, l'utilité première d'une comptabilité est de déterminer le montant du profit à distribuer aux actionnaires. Ensuite des normes comptables définissent quelques chiffres importants qui traduisent l'activité de l'entreprise.

    La comptabilité publique ignore la valeur des échanges marchands. En effet, chaque dépense de l'Etat est comptabilisée comme une production de même valeur que la dépense à l'origine de cette production. De plus, l’État ne prétend pas que les services qu'il rend seraient évalués comme s'ils étaient des "échanges marchands". Selon votre définition, la comptabilité publique ne serait donc pas une "comptabilité économique".

  • De l'immobilier vendu comme un produit financier, Paul Fabra   Il y a 6 an 28 semaines

    Cet article de Paul Fabra lève le voile sur l’un des dérèglements majeurs de l’économie contemporaine. La mise en avant de la plus-value comme source majeure de la création de richesse a conduit à une inflation des actifs qui rend les biens de première nécessité – aujourd’hui le logement, demain la nourriture ? – inaccessibles à la plupart des acteurs économiques sauf …. au moyen d’un endettement accru.

    Le plus ironique est que bien des promoteurs de la régulation, défenseurs du pouvoir d’achat, ont par leurs propres actions accentué les dérèglements qu’ils dénoncent. Les taux d’intérêt anormalement bas et autres prêts à taux zéro n’ont eu pour effet que de contribuer à la hausse des prix des biens immobilier, accréditant ainsi leur fonction de produits financiers.

    Dans son dernier livre, le capitalisme sans capital au chapitre « matière première et inflation mondiale », Paul Fabra note que « la science financières moderne reconnaît comme investissement éventuel un baril de pétrole ou du lait en poudre, à l'instar de ce qui se passe sur un marché noir ».
    Ainsi outre l’immobilier les matières premières rentrent dans la danse. Les soubresauts politiques qui agitent certains pays en voie de développement ne sont pas étrangers aux dérèglements actuels des prix. Quand les biens de subsistance les plus élémentaires sont atteints, les verrous politiques les plus faibles (ou corrompus) sautent. Dans une chronique parue en 2009 et disponible sur ce site, Paul Fabra indiquait qu’« aucun gouvernement n’a le courage de prendre la décision qui s’impose : réserver les marchés à terme sur les matières premières aux seuls professionnels, comme cela s’est fait pendant des siècles. ». On ne sait réguler que les systèmes dont on a compris le fonctionnement.

    En 2008 juste avant la crise, les prix du pétrole avaient atteint des sommets. D’aucuns disaient doctement qu’il s’agissait de la loi du marché, de l’offre et de la demande. Tout ceci n’était qu’illusions teintées de malthusianisme et maquillées d’écologie. La suite l’a prouvée : les prix se sont effondrés lorsque la machine artificielle à créer de la liquidité par l’endettement s’est brutalement grippée.

    Il existe pourtant des solutions simples dans leur principe, de nature économique et redonnant à nos propres activités leur juste place. Pour cela, il faut faire le deuil de l’idée que la plus-value est la source majeure de la création de richesse. Ce deuil est aussi celui d’un autre mirage qui verrait la solution dans une économie administrée, colbertiste.
    C’est l’objectif que se fixe l’atelier en rétablissant une définition du profit fondée sur la véritable source de la création de richesse : notre travail auquel il est donné le moyen de s’exercer ; le capitalisme avec du capital.
    La proposition 6.2 est une premiere entrée en matière.
     

  • 1.12. La baisse tendancielle des taux de croissance est normale.   Il y a 6 an 35 semaines

    L'idée de la proposition ci-dessus et des quatre premiers points de son argumentation ont été suggérés par une remarque de Philippe Dujoncquoy. Le dernier point fait suite à un propos d'Antoine Lonjon.

  • 6.3. Le profit, toujours servi par une entreprise, dépend et se distingue des bénéfices de cette entreprise.   Il y a 6 an 35 semaines

    La réponse de Dominique permet de repréciser un caractère essentiel de l'économie objective: le profit s'inscrit dans le schéma de l'échange: il ne tombe ni du ciel, ni par construction, d'une exploitation des salariés.

    Je me permet de remettre ici l'image illustrant ce fait; image incluse dans la définition de "profit" dans le dictionnaire du site. Il faut aussi voir celle de revenu qui lui est associée. Toutes les définitions se tiennent.

    Echange marchand : profit

  • 6.3. Le profit, toujours servi par une entreprise, dépend et se distingue des bénéfices de cette entreprise.   Il y a 6 an 35 semaines

    J’espère, Jean-Bernard que ni notre amitié, ni notre collaboration car tu es membre du secrétariat de l’Atelier, ne pâtiront du titre et de la teneur de ma réponse.

    1°) Tu avances que selon l’Atelier, on appelle « profit » etc. Ce n’est pas vrai. Les Propositions premières proposent de n’appeler « profit » que, comme préalablement elles proposent de n’appeler « capital » que. Il y a là plus qu’une nuance.

    2°) Le sens univoque donné au substantif « profit » vaut reconnaissance de son statut de terme d’un échange marchand. Ce sens est pleinement compatible avec ce que Paul Fabra dit du profit dans la citation que tu reproduis, le rejet du principe de maximisation dudit profit compris.

    3°) Les économistes néoclassiques et avec une large partie de l’opinion publique voient dans l’entreprise une quasi personne qui a pour but le maximum de profit. Cette vue a le statut d’un postulat et non pas d’une démonstration établissant qu’il en va forcément ainsi. Dans la citation de Ricardo que tu reproduis, cet auteur prend en considération les épargnants qui placent pour noter que de leurs arbitrages résultent une tendance à l’égalisation des taux de profit sur capital. Il n’en résulte pas que Ricardo a fait sien avant l’heure le postulat néoclassique ni qu’il a eu l’intention d’en produire une démonstration : c’est une tendance à l’égalisation qu’il fait apparaître et non pas un impératif pour les entreprises de maximisation.

    4°) Une implication évidente de la tendance à l’égalisation des taux de profit sur capital, quand elle est assez active (il y faut une organisation du marché du capital et plus largement de la concurrence voulue afin qu’il en aille ainsi), est qu’une entreprise ne peut pas rester durablement avec des résultats qui lui procurent une rentabilité très nettement supérieure ou inférieure aux autres. Dans ces conditions, ce n’est pas au plus possible de profit que les entreprises sont astreintes mais à un quantum. Cette différence est de nature et non pas de degré.

    5°) Ce qu’a de mieux ou moins bien venu une définition d’un objet économique par rapport à d’autres énoncés ne se trouve qu’à condition de prendre appui sur une définition de la définition (je renvoie sur ce point à la proposition 1.1 qui ne doit pas au hasard d’avoir été placée là). Partant de là, il faut la discussion de ce qui doit être retenu des autres énoncés parce que les faits et la logique y obligent. Ce n’est pas, m’apparaît-il dans ton commentaire, une telle discussion qui est amorcée.

    6°) Qu’est-ce qui est réfutable dans l’énoncé « N’appelons « profit » que le revenu de la propriété ou de la copropriété d’entreprise » ? Tant que je ne le vois pas, l’attitude raisonnable est se dire : voyons si cette convention univoque aide à rendre plus clair ce qui se passe de plus faste et néfaste au bien commun sur la scène économique ?

    7°) Ton second point fait état des « parts du profit ». La proposition que tu commentes n’utilise heureusement pas cette expression : ce serait contradictoire avec la proposition 4.2 et incohérent avec la 4.2.1. Dans la 4.2.2, c’est de distribution des bénéfices dont il est notamment question pour bien faire ressortir que les profits, au sens univoque précédemment donné à ce substantif, en procèdent et s’en distinguent.

    8°) La deuxième citation de Ricardo ne dit pas ce que tu fais lui dire. Qui annonce que la valeur totale des marchandises vendues par les entreprises n’est au final répartie qu’entre deux composants : les profits du capital, alias les revenus du capital, et les salaires, alias les revenus du travail, n’annonce pas que ces revenus respectifs sont les deux parts du revenu du capital !

    9°) L’enquête de L’Expansion ne voit que deux parts de quoi ? Si c’est de « valeur ajoutée », ce n’est pas de « profit », sauf à donner tellement de sens aux mêmes mots clés du vocabulaire économique qu’ils servent aussi bien à tenir vrai le faux que faux le vrai.

    10°) Les échanges marchands sont au cœur de la vie économique. Ces échanges sont des commutations de propriétés cessibles. C’est cela qui fait que de la justice commutative et de l’injustice idem s’exercent dans la vie économique et ne constituent pas une question qui relève plus de choix politiques qu’économiques – une opposition qui, comme le suggère fort heureusement l’expression « économie politique », est en soi contestable.

    11°) Une masse salariale est répartie entre 2 % de salariés qui touchent 20 fois la rémunération moyenne des autres. Une autre masse salariale est répartie entre 2 % de salariés qui touchent 400 fois la rémunération moyenne des autres. Tu fouilles dans la partie Politique économique du site et tu trouves une formule de calcul qui t’aidera à prendre la mesure de ce qui en résulte dans un cas et dans l’autre. Cela fait, tu constateras, cas d’école en main, que la vie économique pose aussi au moins un problème de justice distributive et d’injustice de même.

    12°) C’est toi qui prête à Ricardo la prescription d’un profit maximal pour les capitalistes afin de les inciter à investir. Tu parais ne pas voir ce que ce « maximal » entraîne, moyennant l’identité implicite et factuellement fausse « épargnants propriétaires et copropriétaires d’entreprises = entreprises ». La conséquence est l’approbation du postulat néoclassique sur le « maximum de profit but de l’entreprise » et la pétition de principe qui va avec. Du profit, il en faut très évidemment pour qu’il y ait du capital, comme de l’intérêt il en faut tout aussi évidemment pour qu’il y ait du crédit. Dans le cas du profit, c’est-à-dire de la rémunération du service du placement en capital, combien en faut-il à l’échelle d’une économie nationale, pour ce qui la concerne elle aujourd’hui ? Répondre le maximum revient, voire condamne, à soutenir que 1°) même en tant que principe n’ouvrant pas la voie d’une quantification un tant soit peu précise, il n’existe rien qui rende suffisant le total des profits, 2°) le cours naturel du capitalisme est la maximisation du revenu total du capital, 3°) ce cours naturel est par conséquent également celui de la minimisation du revenu total du travail. Ce qui est à suivre dans les Propositions premières et que sur le fond Paul Fabra approuve sans réserve est que ce 1° est faux et que ces 2° et 3° sont à l’envers de ce que le capitalisme est en mesure d’être.

    Ce renversement de perspective est-il réfutable ? En instruisant cette question, nous retroussons les manches pour mettre les mains dans le cambouis de ce qui fait l’essentiel social de l’économie politique, autrement dit de la science économique. Mais en bordures de ce chemin, il y a beaucoup de fausses pistes et d’eaux troubles dans lesquelles noyer le poisson.

    Toutes les considérations au moyen de la terminologie par trop polysémitique et pusillanime que l’histoire des idées économiques nous a léguée, et dans laquelle le présent de cette histoire se vautre avec un manque croissant d’esprit critique, nous retardent. C’est pourquoi j’ajoute à la première phrase de ma réponse cette supplique : approfondissons en nous assurant d’avoir bien compris le fond ; en réfléchissant à ce fond plus par nous même que par ce que d’autres ont donné à entendre ; en préférant l'accumulation d'arguments logiques que le recours à des arguments d'autorité ; en usant d’une terminologie tout à la fois consacrée par l’usage mais d’une manière sensiblement plus rigoureuse qu’il est d’usage de le faire ; ou que des auteurs dont nous admirons ont l’œuvre ont réussi à le faire.

    Je sais, c’est ambitieux mais nous n’avons pas le choix pour tenter de léguer en économie politique et en politique économique plus de mieux que ce que nous avons-nous-même reçu en héritage. Qui veut bien prendre le temps d’y réfléchir par soi-même avec assez de recul ne peut qu’en convenir : l’économie ne deviendra plus saine que si cette ambition est cultivée.

    DM

  • 6.3. Le profit, toujours servi par une entreprise, dépend et se distingue des bénéfices de cette entreprise.   Il y a 6 an 35 semaines

    La proposition 4.2.2 mérite un triple approfondissement :

    - la définition du profit. Selon l'atelier Paul Fabra, on appelle « profit » le revenu de la propriété ou de la copropriété d’une entreprise. Toutefois, Paul Fabra in "Le capitalisme sans capital", p. 53 "Le profit n'est pas un gain de jeu où l'on parie sur la volatilité des cours. Il est un élément de l'échange (épargne investie contre flux attendu de bénéfices). L'échange exclut le principe de maximation du profit". Sur ce dernier point, David Ricardo n'est pas d'accord :" Chacun étant libre d'employer son capital là ou il le désire, il cherche naturellement à l'employer de la façon la plus avantageuse; il sera bien entendu insatisfait d'un profit de 10 pour cent si, en déplaçant son capital, il peut obtenir un profit de 15 pour cent. Ce désir incessant qu'a tout capitaliste d'abandonner une affaire moins profitable pour une autre plus avantageuse, tend fortement à égaliser tous les taux de profit dans des proportions telles que selon l'estimation des parties, il y ait compesation pour tout avantage dont disposeraient ou sembleraient disposer certains par rapport à d'autres". Au passage, David Ricardo ne se risque pas à une définition du profit; l'auteur "des principes de l'économie et de l'impôt" développe une approche fonctionnelle.

    Selon Jean - Paul Betbèze in "Les 100 mots de l'économie", pp. 16 et 17, "Le profit c'est ce qui reste et qui permet de continuer. C'est ce qui reste après que l'on a encaissé les ventes et décaissé les charges. Une part importante de ce profit brut demeure dans l'entreprise pour compenser l'usure des équipements, c'est la dotation aux amortissements. Une deuxième part se trouve sous forme de liquidités à la clôture des comptes de l'entreprise pour payer les dividendes. Ils sont là pour fidéliser les actionnaires et envoyer des messages positifs aux marchés. Une troisième est mise en réserve, et s'ajoute à la dotation aux amortissements;

    - les parts du profit. L'argumentation de la proposition 4.2.2 en recense quatre. En réalité trois sont opérationnelles : l'une réservée à l'entreprise, l'autre aux salaires, la dernière aux actionnaires. 

    Jean - Paul Belbèze en voit aussi trois (cf. ci - dessus) en excluant les salaires.

    David Ricardo en décèle deux : "Ni le fermier qui cultive la qualité de terre déterminant le prix ni le manufacturier qui fabrique les biens, ne sacrifient une part de leur produit pour acquitter la rente. La valeur totale de leurs marchandises n'est répartie qu'entre deux composantes : les profits du capital et les salaires".

    La dernière enquête de l'Expansion (numéro de décembre 2010) en voit aussi deux : les salaires et les profits du capital.

    - l'introduction de la justice commutative ou distributive dans la répartition du profit. C'est une question qui relève plus de choix polititiques qu'économiques. En définitive, la part réservée aux salaires doit - elle plus importante que celle relative aux dividendes? David Ricardo prône un profit maximal pour le capitaliste, non pour assurer son oisiveté, mais pour l'inciter à investir, moyen le plus sûr de créer la prospérité.

  • 2.6. Les monnaies ayant cours ne sont pas des marchandises.   Il y a 6 an 36 semaines

    Mais sur lequel la théorie économique ne doit pas spéculer trop tôt.

    C’est, en première analyse, à deux titres que la monnaie est un instrument économique. Elle sert d’intermédiaire à l’échange des marchandises contre les marchandises. Elle sert, tout aussi intensivement, aux transferts de termes d’échange marchand.

    Est-ce pour autant qu’il faut, dans un jeu de propositions premières de science économique, s’empresser d’ajouter à l’observation de ce que la monnaie n’est pas une définition recevable en théorie des ensembles ?  Pour une telle définition, il faut cerner ce que la monnaie est seule à être. C’est logiquement nécessaire, faute de quoi il y a l’énoncé d’une acception aux contours imprécis mais pas à proprement parler d’une définition.

    La monnaie est seule à être un instrument auquel est conventionnellement alloué la propriété d’avoir une valeur d’échange marchand sans, dans cette fonction conventionnelle, avoir une valeur d’usage. Pour les particuliers notamment, cela ne souffre pas de difficulté.

    Quand, en effet, des particuliers veulent faire l’inventaire de la quantité de monnaie proprement dite qu’il y a dans leur patrimoine au jour J et à l’heure H, ils font la somme de ce qu’ils ont non seulement dans leurs portemonnaies mais aussi, bien entendu, sur leurs comptes en banque, livrets d’épargne à vue compris. Tout ce qu’il leur faut vendre –  comme des actions négociables, ou récupérer, comme des actions restituablesou le principal d’un prêt qu’ils ont fait et qui comprend un terme –, tout ce qu’il leur faut vendre pour y substituer dans leur patrimoine une quantité de monnaie n’est pas, on ne peut plus logiquement et réellement, de la monnaie.

    Des actions sont des parts de capital. La quantité de monnaie que fait entrer dans la trésorerie d’une entreprise la souscription à son capital n’y reste que, en règle générale, très brièvement. Le capital est certes une réalité financière. Ce n’est pas pour autant qu’il est de la monnaie. Le crédit est certes une réalité financière. Ce n’est pas pour autant qu’une fois consenti il reste, quand il l’a été (le prêt d’un équipement est un crédit), une quantité de monnaie.

    Et si on met le doigt de l’engrenage de la quasi-monnaie (ne pas confondre avec le quasi-capital), on en vient à devoir reconnaître que tout ce qui a une valeur vénale est de la quasi-monnaie, ce qui n’avance à rien pour comprendre comment se forment et s’évitent les enchaînements d’insolvabilité qui font émerger des crises de liquidité puis de sous-emploi et de dépréciation monétaire.

    Ces choses simples étant observées, voyons qu’elles suffisent, de ce côté, à élaborer une théorie des valeurs d’échange marchand, ou théorie des prix sous l’hypothèse de la perfection monétaire. Dans ce que cette théorie doit élucider, il y a la formation normale des taux de profit et d’intérêt. Ce n’est qu’arrivé là que le cahier des charges est assez élaboré pour commencer à statuer sur ce que peut être désormais, pour autant que les gouvernants le veulent et les gouvernés l'acceptent, l'organisation monétaire la moins imparfaite. Avant, c’est trop tôt parce qu’on ne sait pas assez clairement et complètement au service de quoi cette organisation est à mettre.

    DM

  • 2.6. Les monnaies ayant cours ne sont pas des marchandises.   Il y a 6 an 37 semaines

    La monnaie est la notion la plus délicate de la pensée économique. C'est pour n'avoir pas bien compris ce qu'elle était que nous avons sombré dans la crise financière.

    Il est d'ailleurs typique que l'atelier réponde ici à la question : qu'est-ce que la monnaie n'est pas, mais pas à la question : qu'est-ce que la monnaie est ?

    Depuis le XIXème deux attitudes partagent les économistes : la première est d'assimiler la monnaie à une marchandise (SMith, Marx, Hayek, JS MILL )  et vous avez raison , c'est une erreur profonde.

    Car manifestement la monnaie moderne remplit un rôle qu'une marchandise ne remplit pas : elle est à la fois moyen d'échange ,ET  valeur de réserve générique ET instrument de capitalisation.

    C'est la raison pour laquelle la science économique moderne a tenté de se replier sur deux positions également erronées

    1ère position : la monnaie est un crédit ; thèse qui dérive du constat par ailleurs incontestable que la majorité des instruments de paiment sont des créances sur des banques privées.

    Cette position est erronée, car elle ne mesure pas que les banques sont elle-mêmes insérées dans des systèmes financiers institutionnalisés. Et que si leurs instruments de paiement-crédit criculent, cela tient à la garantie qu'elles tiennent d'un ou plusieurs Etats. Il s'agit d'une position dangareuse, car elle laisse entendre qu'un système monétaire puisse être entièrement privé ... et nous entraîner dans des crises financières dantesques

    2ème position : c'est pourquoi la science économique moderne se replie sur une position par défaut qui évacue la question de la nature de la monnaie : "the right question is not what money is, but what money does" J Hicks. Position pratique quand on veut écrire des papiers scientifiques, mais qui elle aussi est dangereuse : car la nature de la monnaie ne se révèle et ne devient un problème que quand il y a crise - comme actuellement . La science économique ne devient alors d'aucun secours

    Qu'est-ce que la monnaie ? . Si l'on désigne par monnaie de façon large  l'ensemble des moyens de paiement , alors la monnaie est un système complexe formé de crédit privé et de gage public. Si l'on prend une définition restreinte, la monnaie est un gage PUBLIC c'est à dire un objet institué à vocation de garantir les échanges et une fonction de réserve de valeur ( gage public veut dire que c'est l'ETAT et au-delà, la LOI , qui garantit les fonctions de la monnaie. ) . En termes rigoureux, ils 'agit d'une insititution  Les autres moyens de paiement ( dont les comptes bancaires supports de ces transactions ) sont des contrats privés gagés en définitive sur le Gage public.
    Selon la coupure généralement admise entre économie et politique, la monnaie au sens restreint est donc un bien POLITIQUE ( ou partiellement politique) ce qui explique la réticence des économistes à le reconnaître. Cette réalité politique de la monnaie n'est bien sûr perceptible qu'en état de crise : à ce moment ce ne sont plus les mécanismes d'échange et les logiques de contrat qui orientent les comportements d'acteurs mais les mécanismes politiques liés àla souveraineté des Etats ( c'est ce dont s'aperçoivent les pays européens où le fait d'avoir en commun une monnaie oblige à remettre en cause les mécanismes fondamentaux de la souveraineté nationale)

    La monnaie a -t-elle toujours été une institution ? Non . Deriière la théorie de la monnaie marchandise et:ou de la monnaie richesse il y a un fond de vérité. A savoir que pendant très longtemps, la fonction de réserve de valeur a été le fait de métaux précieux - reconnus comme tels par "l'humanité commerçante" . Le monnayage étant un simple service de certification. Il faut attendre les systèmes financiers modernes pour que la monnaie devienne un attribut national . Historiquement les systèmes financiers ont été construits pour donner corps à ce qu'on va appeler une fonction nationale d'épargne ( le "S" de la théorie économique) et la drainer vers les entreprises investisseuses.

    La question restant posée de savoir si cette logique d'adéquation entre épargne et investissement est toujours à l"oeuvre dans une économie du XXième siècle

  • 141 - Mardi 14 septembre 2010, épisode 38   Il y a 6 an 47 semaines

    Suite à la remarque de Philippe Dujoncquoy, la rédaction du sous-titre 1 et des deux paragraphes qui le suivent a été modifiée en argumentation de la proposition 4.1.7.

  • 141 - Mardi 14 septembre 2010, épisode 38   Il y a 6 an 47 semaines

    Le sous-titre 1 me paraît mal rédigé.

  • Le socle conceptuel de l'économie de plein échange   Il y a 6 an 48 semaines

    {Six mois après, la ligne se précise. Je recommande la lecture de la note Hors sentier battu.}

    Le titre et le mot d'ordre de L'économie de plein-échange sont potentiellement excellents. Mais, sauf l'oeuvre providentielle d'un génie de la pensée économique, il faut s'attendre à ce qu'il faille encore beaucoup de temps avant que l'enseigne que ce titre et mot d'ordre constituent commence à devenir fameuse.

    En premier lieu, il y a les années de travail de réécriture d'abord des Propositions premières de science économique puis, en synthèse tournée vers l'action, des Propositions majeures de politique économique. En second lieu, il y aura des dizaines d'années que les membres actifs de l'Atelier consacreront au recrutement d'étudiants, de doctorants et de militants de l'économie de plein-échange.

    Actuellement et au moins tant que la réécriture entreprise début 2010 ne sera pas terminée, l'audience à élargir autant que faire se peut est celle de gens disposés à soutenir l'assemblage d'une offre de réforme conceptuelle somme toute si radicalement refondatrice qu'il pourra falloir énormément de persévérance pour lui ouvrir ses premiers grands débouchés académiques, médiatiques et politiques.

    Pour cet élargissement, les objectifs du bulletin sont-ils assez bien cernés ? Pour ma part, j'en discerne trois :

    1) Tenir les destinataires du bulletin informés de l'avancement de l'assemblage de l'offre.

    2) Rappeler deux à trois fois par an à ces mêmes destinataires, par des messages très courts, ce que l'élaboration à laquelle l'Atelier procède a d'original et de nécessaire.

    3) Inviter, également plusieurs fois par an et par des messages très courts, à procurer des abonnements au bulletin à de nouveaux destinataires. Le dispositif qui me vient à l'esprit comporte une question et une réponse. Estimez-vous que la reconstruction théorique et politique que l'Atelier Paul Fabra a mise en chantier mérite d'être soutenue ? Si oui, manifestez votre soutien par un abonnement au bulletin de personnes de votre entourage.

  • Appréciations et suggestions, Lucien Contrepoint   Il y a 7 an 35 semaines

    1. Economie juste

    L'objectif est ambitieux: la question de la justice est un thème ambitieux.
    Il faudra aussi composer avec deux autres termes couramment employés dans l'APF: économie objective et économie raisonnable.
    Par ailleurs, il y a un thème qui, me semble-t-il, devait être au coeur de l'APF. C'est la relation EPCE. En elle se résume l'idée de justice proposée par LC. Elle pourrait servir de base à un nouveau logo et ainsi qu'à un nouveau slogan.
    Il nous faut donc un travail commun pour bien choisir.

    2. Sommaire du site

    Les propositions faites ne modifient par globalement l'architecture actuelle. Celle-ci semble donc convenir dans ses grandes lignes; du moins pour l'instant.
    Le regroupement de "Origines et Organisation" dans "présentation" me semble très bien.
    Les titres des menus "Science économique" et "Politique économique" ont été choisis en fonction de deux critères:
    a. Leur adéquation avec le contenu du site.
    b. leur adéquation avec la terminologie couramment employée sur le web.
    Il n'est pas évident que "théorie" et "pratique" soient plus lisibles.
    A débattre, mais cela relève plus d'une analyse marketing que de toute autre considération.

    3. Secrétariat général

    Oui, bien sûr. C'est avant tout une question de moyen et de gouvernance.

    4. Les priorités

    Je reste convaincu qu'il faut arriver à mettre l'ensemble des propositions premières sur le site.
    C'est aussi l'occasion d'améliorer les passages qui demandent plus de limpidité ainsi que le demande LC. Cela nécessite un comité de relecture. Cela nous ramène au point 3 sur le SG.
    Rien n'empêche, en parallèle de monter une vraie section de politique économique. Ainsi que nous en avons déjà discuté avec DM.
    Il me semble qu'elle devrait s'articuler autour de la thérapie de choc. Celle-ci contient les bases d'une économie plus juste ET plus démocratique, offrant de vraies bases théoriques et pratiques à ce qui est appelé aujourd'hui "développement durable":

    • Réorientation de l'affectation des richesses vers les entreprises créatrice d'emploi.
    • Participation ouverte à chacun, dans la liberté, de participer à cette affectation des richesses : l'ouverture du capital est le corollaire de la suppression de l'impôt sur les sociétés et de la distribution obligatoire des dividendes.
    • Revalorisation du travail : le travail n'a pas besoin d'être subventionné pour que sa rémunération soit juste.
    • ...

    Antoine

  • Appréciations et suggestions, Lucien Contrepoint   Il y a 7 an 36 semaines

    [Copier/coller par Dominique Michaut d'un courriel que Jean-Bernard Mattret lui a adressé.]

    Après avoir lu les commentaires et suggestions de Lucien Contrepoint, je
    formule les éléments d'appréciation suivants.

    Sur la question de savoir si la théorie doit précéder la pratique, ou
    l'inverse, l'ordre paraît indifférent. En effet, que l'on aille des idées
    vers les faits ou des faits vers les idées, les deux approches sont dignes
    d'intérêt. Peut-on opposer Platon à Aristote ? L'essentiel est d'assurer
    la présence des deux voies, ce que permet l'architecture actuelle du site.

    En revanche, il serait souhaitable de remanier la rubrique Politique économique, en faisant apparaître trois sous-rubriques qui font défaut :

    - politique budgétaire avec son volet fiscal du côté des recettes, et son
    volet effet multiplicateur du côté des dépenses (voir le lien de The
    Economist,
    http://www.economist.com/businessfinance/economicsfocus/displaystory.cfm?story_id=14505361),
    - politique monétaire,
    - autres politiques économiques comme celles visant à réglementer les
    prix, la concurrence ou les marchés financiers...

    Le glossaire pourrait être enrichi grâce à l'introduction de termes comme
    le marché, l'impôt, les stabilisateurs économiques, la productivité...
    Afin de faciliter la recherche, la consultation de la rubrique
    http://www.economist.com/research/economics/ de The Economist pourrait
    être mise à profit.
     

  • Appréciations et suggestions, Lucien Contrepoint   Il y a 7 an 36 semaines

     

    La tâche « Exploitation des Appréciations et suggestions de Lucien Contrepoint en novembre 2009 » est principale pour faire prospérer l’Atelier et améliorer son site. Les tâches « Administration technique du site et de son référencement » et « Organisation de la parution décadaire du bulletin » sont elles aussi principales à même fin, Lucien Contrepoint (LC) en convient sans réserve.
    La tâche « Administration technique du site et de son référencement » est maintenant entièrement à la charge d’Antoine Lonjon. Il s’en acquitte en sus de ses apports en critiques utiles, au sens que LC donne à cette expression, ainsi qu’en sus de ses invitations ad nominem à visiter le site et à devenir destinataire du bulletin. Il le fait dans un emploi du temps de cadre supérieur assumant d’autres engagements bénévoles en plus de ses charges familiales : chapeau Antoine.
    La tâche « Organisation de la parution décadaire du bulletin » est à ma charge et, comme les destinataires dudit bulletin peuvent s’en rendre compte, je ne suis pas encore parvenu à bien m’en acquitter. Grâce à ce que LC m’a conduit à considérer, je crois avoir vu comment y arriver. Et si cette fois n’est pas encore la bonne, on va persister jusqu’à obtenir le résultat voulu.
    Ce n’est qu’après l’obtention de ce résultat que viendra le moment de passer à la tâche « Exploitation des Appréciations et suggestions de Lucien Contrepoint en novembre 2009 ». La prise en compte des commentaires attachés à cette contribution fait partie de cette tâche.
    J’en profite pour indiquer que dans le tiroir des tâches principales en projet, il y a la création d’un conseil d’administration présidé par Paul Fabra puis, dès que le nombre de destinataires du bulletin et la notoriété de l’Atelier seront devenus suffisants pour ce faire, la constitution de comités sectoriels et régionaux. Il y a aussi la préparation et la réalisation de campagnes d’enregistrements dans la liste des destinataires du bulletin, de campagnes de conférences, de campagnes d’interventions sur des sites tiers dont en premier lieu ceux de la presse de langue française. Il y a encore, en tâche de fond, de se préparer au chaque jour de plus en plus proche décollage de l’utilisation courante de liseuses électroniques avec le grand essor du marché des livres édités pour être lus sur ce support dont le prix sera devenu inférieur à 100 €, voire peu de temps après à 50 €.
    Les Appréciations et suggestions de Lucien Contrepoint sont un apport à une reconstruction qui n’en est qu’à son tout début social. Avançons méthodiquement pour tirer bon parti de cet apport.
    Malgré tous les prodiges techniques qu’on voudra, seul  un très talentueux publiciste ou politicien entouré d’une équipe d’individus fort doués et résolus, pourrait faire faire un pas de géant sur le chantier où l’Atelier Paul Fabra est installé. Ce type d’évènement étant imprévisible, c’est sur ce chantier de lents progrès qu’il faut préférer à sa désertion.