Insuffisance 2 - Libéralisme et centralisme

« Capitalisme » et « anticapitalisme » sont souvent utilisés pour signifier respectivement « libéralisme » et « antilibéralisme ». Le libéralisme économique a, en effet, lui aussi pour règles générales la propriété privée des entreprises et la régulation par la concurrence des prix ainsi que, plus largement, des offres.

La concurrence est cependant exposée à s’autodétruire là où elle existe et à ne pas être instaurée ou restaurée là où elle n’existe pas ou plus. De lui-même, le libéralisme tend à dégénérer en son contraire qui est, cela ne se dit pas assez, le centralisme. Par exemple, le libéralisme a reculé et le centralisme progressé quand l’appareil de grande distribution (hypermarchés, supermarchés, supérettes) n’est plus approvisionné que 4 à 5 centrales d’achat, et à plus forte raison moins. La course aux fusions est centraliste.

Dans ces conditions, faire des notions de « capitalisme » et de « libéralisme » des synonymes est trop sommaire. Le capitalisme est compatible plusieurs générations durant avec le centralisme, tout comme le libéralisme l’est avec le créditisme.

La contribution sociale et environnementale du capitalisme sera portée à son plus haut positif quand seulement la théorie économique la plus enseignée et ses applications détourneront du centralisme. Cette fois encore, l’acception ou le refus d’une distinction primordiale jouera un rôle déterminant.

Voir aussi l'exception antilibérale française de Raymond Boudon dans l'annexe 3 du traité de science économique.