114 - Bulletin du 21 octobre 2009, épisode 10

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 Le feuilleton de science économique

L’épisode 10 est, quant au style, à la façon dont, dans les années 1810 à 1820, Jean-Baptiste Say a écrit son Catéchisme d’économie politique.

Épisode 10. La marchandise primaire

Comment qualifier la marchandise que constitue le travail rémunéré ?

Le terme de marchandise primaire convient bien, de même que celui de "marchandise de base". Le prototype de la marchandise, c’est le service vendu par le laboureur au fermier et non pas la récolte que le fermier vend.
Certes il faut la vente de la récolte pour que l’achat au laboureur soit renouvelé. Mais dans l’ordre des choses, il faut d’abord l'achat du service du laboureur par le fermier pour que la vente de la récolte puisse avoir lieu.
Enfin, Il faut que le fermier détienne une avance pour acheter le service du laboureur.

Les placements effectués par les épargnants afin d’en tirer un revenu sont-ils aussi des marchandises primaires ?

La marchandise primaire, c'est à dire le travail rémunéré, est l'une des deux catégories de marchandises élémentaires.
 
Taxonomie des marchandises

L'autre catégorie de marchandise élémentaire est celle des placements faits par les particuliers et de nature à leur procurer du revenu. Les placements ne sont donc pas des marchandises primaires parce qu'ils ne sont pas des produits du travail.
Echange marchand : profit

Tout employeur est-il acheteur de l’une et de l’autre sorte de marchandise élémentaire ?

– Les familles, les administrations publiques et les autres associations à but non commercial qui, les unes et les autres, emploient du personnel ne sont pas nécessairement acheteurs de placements en contrepartie d’intérêts et ne sont jamais acheteurs de placements en contrepartie de profits.
– Existe-t-il une marchandise universelle en ce sens qu’elle est forcément achetée par toute partie prenante aux échanges marchands ?
– Non mais voyons bien que le produit de toute vente sert pour une partie, directement ou indirectement, à l’achat de travail rémunéré.
– Le manque de travail rémunéré, historiquement et géographiquement plus fréquent que son contraire, est-il inhérent à la libre pratique des échanges marchands ?
– Rien n’autorise à en préjuger. Le contraire se démontre à partir, entre autres possibilités, de ce point de départ : voyons dans le travail rémunéré la marchandise par et pour laquelle les hommes se livrent à des échanges marchands.
– Une assez grande variété de travail rémunéré, et dans chaque variété une assez grande quantité ainsi qu’une amélioration générale des conditions de travail, sont-ils donc le besoin auquel le bien commun ordonne de subordonner tout autre besoin satisfait au moyen des activités économiques ?
– Ils le sont s’il devient commun de le vouloir. Il devient commun de le vouloir s’il devient commun de l’enseigner. Il devient commun de l’enseigner s’il y a prise de conscience que voir dans le travail un facteur de production parmi les autres conduit à faire des masses salariales la grande variable d’ajustement de l’économie moderne.

L’épisode suivant

La science économique étant celle de ce qui est spécifique aux échanges marchands et aux transferts de termes de ces échanges, il faut logiquement à son établissement une réponse rigoureuse à la question : qu’est-ce qu’une marchandise ?
DM & AL