4.4. Les stocks de financement d'une entité sont de deux sortes : fonds non emprunté et fonds empruntés.

1. Le sens pris par le substantif « passif » peut être alternativement rendu par « financements ».

Le concept de « bilan » peut être, lui, alternativement rendu par « compte de stocks ». C’est utile. Ce concept est moins facile à bien comprendre  que celui de « compte de résultat ». Les analyses et les gestions qui font mal le lien entre stocks et flux restent nombreuses.

2. L’existence de fonds non empruntés se constate aisément dans le cas des associations privées non commerciales.

Soit l’une de ces associations. Peu importe qu’il s’agisse ou non d’une famille.

Excluons de ses recettes tout éventuel emprunt. C’est de bonne règle : il s’agit d’une avance à rembourser. Comptons dans ses dépenses d’éventuels frais financiers. Excluons des dépenses tout éventuel remboursement d’un principal : c’est la restitution d’une avance.

Cette association a, depuis sa création, un total de recettes supérieur au total de ses dépenses. Son stock de fonds non emprunté est, à coup sûr, positif.

Ce stock est aussi celui de l’épargne de cette association. De l’endettement a pu être l’un des moyens utilisés pour constituer ce stock. Par exemple, du crédit a été obtenu pour financer l’achat d’un bien immobilier. Si le loyer économisé était supérieur au coût du crédit, la contribution positive à la constitution d’un stock d’épargne est patente.

3. « Fonds non emprunté » d’un stock de financement et « situation nette » désignent la même différence.

Pour l’entité considérée, cette différence est entre les montants de deux stocks. L’un est celui des investissements, ou actifs. L’autre est celui des dettes.

De cet autre montant, on peut aussi bien dire qu’il est celui du passif stricto sensu.

4. Toute entité mésonomique est exposée au risque de situation nette négative.

Si les causes de cette dégradation perdurent, la spirale du surendettement croissant est amorcée. Une mise sous tutelle ne peut qu’en résulter. L’indépendance la plus grande procurée par l’absence de dette est alors remplacée par son contraire.

Le point auquel un État arrive à ce contraire existe. Il est atteint quand le service de la dette publique atteint le montant des recettes fiscales.

Dire d’une situation nette négative qu’elle est un surendettement exponentiel convient pour n’importe quelle entité.

5. La situation nette positive d’une entreprise est un fonds permanent, celle d’une autre entité économique un fonds propre.

La situation nette positive d’une entreprise n’est pas la propriété cette entreprise. C’est pourquoi l’appeler « fonds propres » prête à confusion. Il en va différemment pour chaque propriétaire ou copropriétaire d’une entreprise. Lui a un fonds propre pour autant que sa situation nette personnelle soit positive.

Utiliser le mot « capital » pour désigner toute situation nette prête également à confusion. La situation nette d’une entreprise est un terme d’échange marchand. Le fonds propre d’une autre entité qu’une entreprise ne l’est pas.

6. Ne pas payer comptant est une manière d’emprunter.

Un panneau affiché par des commerçants le rappelle. « La maison ne fait pas crédit ». Cela n’empêche pas beaucoup de ces commerçants de se méprendre sur leur rapport financier avec leurs fournisseurs.

Le dispositif de l’escompte pour paiement comptant n’est équitable que dans des conditions étroites. Soient A et B les clients du fournisseur F. L’escompte pour paiement comptant est, supposons-le, de 2 %. A obtient de F de payer à 30 jours fin de mois. B obtient de F de payer à 90 jours fin de mois. Dans les deux cas, le coût du crédit est le même : la renonciation à la baisse de 2 % des montants à payer à F par A et par B. Or, rapporté aux sommes empruntées à F respectivement par A et B, ce coût est à l’année trois fois moindre pour B que pour A. Le payeur au plus tard est favorisé.