4.5. Le stock des investissements d'une entité comporte souvent des placements et presque toujours des équipements.

1. L’un des sens pris par le substantif « actif » peut être alternativement rendu par « investissements ».

Quand cette alternative est utilisée, mieux vaut que ce soit conjointement à une autre. Cette autre a déjà été signalée. Un « bilan » est un « compte de stocks ».

Un stock d’investissements est à proprement parler un patrimoine sauf dans un cas. Or ce cas joue un rôle central en économie. C’est celui de l’entreprise. Là, la propriété des actifs n’est qu’intermédiaire. L’entreprise a, en effet, elle-même au moins un propriétaire. Aucune autre entité mésonomique n’est dans ce cas. Les associations privées non commerciales ont des membres et non pas des copropriétaires de ses actifs. Les États et leurs filiales non commerciales ont, de ce point de vue, le même statut.

2. Les « immobilisations financières » du Plan comptable général sont des placements.

Certains de ces placements ne rapportent rien. C’est, par exemple, le cas du dépôt de garantie exigé du locataire par le loueur. C’est aussi le cas d’un prêt à titre gratuit.

Les immobilisations non financières sont des équipements. L’acquisition, par une entreprise, d’un brevet ou d’une marque est une immobilisation « incorporelle ». Elle fait partie des équipements conjointement aux immobilisations « corporelles ».

3. Ce qui caractérise un équipement est d’être utilisable de façon récurrente pendant un an au moins.

Les illustrations faciles à retenir sont nombreuses. Une casserole est un équipement. Ce qu’on y met à cuire et qui a été acheté n’en est pas un. Nappes et serviettes en tissu sont des équipements. Leurs ersatz en papier n’en sont pas. Une imprimante et un beau stylo à plume sont n’en sont pas. Une chaudière est un équipement. Un achat de combustible n’en est pas un.

Sur des achats de petit montant, il peut y avoir des doutes. Sur les achats de plus gros montant, il n’y en a jamais dès lors qu’ils satisfont la définition d’un actif.

4. La distinction entre « équipement » et « fonctionnement » est un concept premier de la comptabilité économique.

Les dépenses d’une entité sont susceptibles d’être d’équipement ou de fonctionnement. Quand elles sont d’équipement, des investissements d’équipement sont constitués. Quand elles sont de fonctionnement, des investissements de fonctionnement sont susceptibles de s’en trouver constitués. Cela n’arrive que lorsque ce qui a été acheté est stockable.

La distinction entre « équipement » et « fonctionnement » est tenue pour implicite par la réglementation comptable. Deux dispositifs le permettent. L’un est d’appeler « charges » les dépenses de fonctionnement. L’autre est d’appeler « immobilisation » les dépenses d’équipement.

5. Des stocks de fonctionnement sont négligeables.

Théoriquement, tout stock qui a une valeur d’échange marchand est un actif. Pratiquement, des exceptions sont admises. Tenir pour nuls, au jour de l’arrêté des comptes, des petits stocks de fonctionnement fausse le calcul du résultat. Les comptables disposent de moyens pour réduire ce biais. Leur usage n’est cependant pas indispensable dès lors que d’un exercice à l’autre le principe de la permanence des méthodes est appliqué.