De l'immobilier vendu comme un produit financier, Paul Fabra

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En France, on est monté de plusieurs crans dans l’évolution vers un marché où les logements neufs sont dans la proportion des deux tiers environ vendus comme des produits financiers.

 Accès au corps de cet article de Paul Fabra paru dans les Echos du 7 janvier 2011.

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Immobilier, matières premières

Cet article de Paul Fabra lève le voile sur l’un des dérèglements majeurs de l’économie contemporaine. La mise en avant de la plus-value comme source majeure de la création de richesse a conduit à une inflation des actifs qui rend les biens de première nécessité – aujourd’hui le logement, demain la nourriture ? – inaccessibles à la plupart des acteurs économiques sauf …. au moyen d’un endettement accru.

Le plus ironique est que bien des promoteurs de la régulation, défenseurs du pouvoir d’achat, ont par leurs propres actions accentué les dérèglements qu’ils dénoncent. Les taux d’intérêt anormalement bas et autres prêts à taux zéro n’ont eu pour effet que de contribuer à la hausse des prix des biens immobilier, accréditant ainsi leur fonction de produits financiers.

Dans son dernier livre, le capitalisme sans capital au chapitre « matière première et inflation mondiale », Paul Fabra note que « la science financières moderne reconnaît comme investissement éventuel un baril de pétrole ou du lait en poudre, à l'instar de ce qui se passe sur un marché noir ».
Ainsi outre l’immobilier les matières premières rentrent dans la danse. Les soubresauts politiques qui agitent certains pays en voie de développement ne sont pas étrangers aux dérèglements actuels des prix. Quand les biens de subsistance les plus élémentaires sont atteints, les verrous politiques les plus faibles (ou corrompus) sautent. Dans une chronique parue en 2009 et disponible sur ce site, Paul Fabra indiquait qu’« aucun gouvernement n’a le courage de prendre la décision qui s’impose : réserver les marchés à terme sur les matières premières aux seuls professionnels, comme cela s’est fait pendant des siècles. ». On ne sait réguler que les systèmes dont on a compris le fonctionnement.

En 2008 juste avant la crise, les prix du pétrole avaient atteint des sommets. D’aucuns disaient doctement qu’il s’agissait de la loi du marché, de l’offre et de la demande. Tout ceci n’était qu’illusions teintées de malthusianisme et maquillées d’écologie. La suite l’a prouvée : les prix se sont effondrés lorsque la machine artificielle à créer de la liquidité par l’endettement s’est brutalement grippée.

Il existe pourtant des solutions simples dans leur principe, de nature économique et redonnant à nos propres activités leur juste place. Pour cela, il faut faire le deuil de l’idée que la plus-value est la source majeure de la création de richesse. Ce deuil est aussi celui d’un autre mirage qui verrait la solution dans une économie administrée, colbertiste.
C’est l’objectif que se fixe l’atelier en rétablissant une définition du profit fondée sur la véritable source de la création de richesse : notre travail auquel il est donné le moyen de s’exercer ; le capitalisme avec du capital.
La proposition 6.2 est une premiere entrée en matière.